Ce mercredi 17 juin 2026, l’émission Good Morning Business, diffusée sur BFM Business, a réuni une série d’experts et d’acteurs majeurs du monde économique et technologique pour aborder les enjeux de l’intelligence artificielle (IA), de l’automatisation industrielle et de la souveraineté française dans ce domaine. Selon BFM Business, les invités ont notamment évoqué le déploiement d’agents d’IA autonomes dans les usines, l’impact de l’IA sur l’emploi, ainsi que les défis posés par la concurrence des géants américains et chinois.
Ce qu'il faut retenir
- Siemens France a détaillé le déploiement d’agents d’IA autonomes dans ses sites industriels pour accélérer l’automatisation.
- Les discussions ont porté sur l’intégration croissante de l’IA dans les entreprises et ses conséquences sur l’emploi à long terme.
- La souveraineté française face aux acteurs américains et chinois a été un thème central, avec un accent sur la deeptech et les start-up du Next40.
- Romuald Sciora a analysé les enjeux politiques de l’accord entre les États-Unis et l’Iran sous l’administration Trump.
- La promotion French Tech 2026 marque un virage vers la deeptech, avec des acteurs comme Wandercraft et Hublo en première ligne.
- Les experts ont également abordé les avancées technologiques présentées au salon VivaTech, notamment dans le domaine de l’interaction cerveau-machine.
Siemens mise sur l’IA autonome pour transformer l’industrie française
Lors de son passage dans Good Morning Business, Doris Birkhofer, présidente de Siemens France, et Cedrik Neike, membre du directoire de Siemens AG et PDG de Siemens France, ont détaillé comment leur entreprise intègre des agents d’IA autonomes dans ses usines. Ces outils, selon eux, permettent d’accélérer l’automatisation industrielle en optimisant les processus de production. « L’objectif est de rendre nos sites plus flexibles et réactifs, tout en réduisant les coûts opérationnels », a expliqué Cedrik Neike. Selon BFM Business, Siemens mise ainsi sur une automatisation intelligente pour renforcer sa compétitivité face à la concurrence internationale.
Cette approche s’inscrit dans une stratégie plus large visant à moderniser l’industrie française. Siemens France, filiale du groupe allemand, joue un rôle clé dans cette transition, notamment en collaborant avec des start-up locales spécialisées en deeptech. « L’enjeu n’est pas seulement technologique, mais aussi économique et social », a souligné Doris Birkhofer. Le déploiement de ces agents d’IA devrait se poursuivre dans les mois à venir, avec des résultats attendus dès 2027.
IA et emploi : un débat ouvert sur les conséquences à long terme
Sylvain Duranton, directeur monde du BCG X, et Nicolas Doucerain, président-fondateur de Valumen, ont abordé la question de l’impact de l’IA sur l’emploi lors de leur intervention. Selon eux, l’intégration croissante de l’IA dans les entreprises soulève des interrogations sur la transformation des métiers et la création de nouveaux postes. « L’IA va bouleverser certains secteurs, mais elle ouvre aussi des opportunités », a déclaré Sylvain Duranton. Selon BFM Business, les deux experts ont insisté sur la nécessité d’anticiper ces changements via des politiques de formation adaptées.
Leur discussion a aussi porté sur les risques de polarisation du marché du travail, avec une demande accrue pour des compétences techniques spécifiques. « Les entreprises doivent investir dans la reskilling de leurs salariés pour éviter un choc social », a ajouté Nicolas Doucerain. Ce thème, récurrent dans les débats économiques actuels, devrait rester au cœur des réflexions dans les années à venir.
Deeptech et souveraineté française : les défis face aux géants américains et chinois
Julie Huguet, directrice de la Mission French Tech, Jean-Louis Constanza, cofondateur de Wandercraft, et Antoine Loron, directeur général et cofondateur de Hublo, ont partagé leur vision de la souveraineté technologique française. Tous trois ont souligné l’importance de la promotion French Tech 2026, qui marque un tournant vers la deeptech. « Nous devons réduire notre dépendance aux acteurs étrangers, notamment américains et chinois, en développant nos propres solutions », a expliqué Julie Huguet. Selon BFM Business, cette stratégie s’articule autour du Next40, un programme visant à soutenir les start-up les plus prometteuses.
Wandercraft et Hublo, deux entreprises françaises spécialisées respectivement en exosquelettes robotisés et en solutions logicielles, illustrent cette dynamique. « L’innovation locale est un levier essentiel pour renforcer notre autonomie technologique », a déclaré Jean-Louis Constanza. Les participants ont également évoqué l’avenir de l’IA dans la robotique, un secteur où la France entend jouer un rôle de premier plan.
Collaboration franco-américaine : Bull et Nvidia unissent leurs forces
Emmanuel Le Roux, directeur général de Bull, et Serge Palaric, VP Alliances chez Nvidia pour l’EMEA, ont détaillé leur partenariat autour des serveurs haute performance. Lors de leur passage au salon VivaTech, ils ont présenté les avancées réalisées dans le domaine du cloud et de l’IA. « Cette collaboration vise à accélérer les performances des infrastructures numériques françaises », a indiqué Emmanuel Le Roux. Selon BFM Business, Bull et Nvidia entendent ainsi renforcer la compétitivité des entreprises françaises dans le cloud computing.
Leur intervention a aussi mis en lumière les enjeux de la souveraineté des données, un sujet crucial dans un contexte de tensions géopolitiques accrues. « Les entreprises doivent maîtriser leur chaîne technologique pour garantir la sécurité de leurs informations », a rappelé Serge Palaric. Ce partenariat s’inscrit dans une logique de complémentarité entre acteurs européens et américains.
Géopolitique et économie : les défis du moment
Dans une chronique dédiée à l’actualité internationale, Romuald Sciora, chercheur associé à l’IRIS et directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis, a analysé les enjeux du protocole d’accord entre Washington et Téhéran. Selon lui, les priorités de Donald Trump dans ce dossier pourraient redessiner les équilibres au Moyen-Orient. « Cet accord, s’il est finalisé, aura des répercussions économiques majeures, notamment sur les marchés énergétiques », a-t-il expliqué. Son intervention a été suivie d’une analyse de la chroniqueuse Annalisa Cappellini, qui a évoqué le sommet de Kazan, où la Russie tente de consolider ses alliances en Asie face au G7.
Par ailleurs, Emmanuel Lechypre et Jean-Marc Daniel ont débattu de la trajectoire incertaine du Bitcoin, dont la valeur est tombée sous la barre des 66 000 dollars. Selon eux, ce repli pourrait refléter les incertitudes économiques actuelles, notamment liées aux accords internationaux en cours. « Les cryptomonnaies restent un indicateur des tensions sur les marchés », a souligné Jean-Marc Daniel.
Les débats initiés lors de cette édition de Good Morning Business illustrent ainsi les défis et les opportunités qui attendent l’économie française dans un contexte marqué par la révolution technologique et les tensions géopolitiques.
Selon les experts invités sur BFM Business, les secteurs de la manufacture, de la logistique et des services financiers sont parmi les plus concernés par l’automatisation via l’IA. Ces domaines bénéficient déjà de déploiements concrets d’agents autonomes, notamment dans les usines Siemens, où ces outils optimisent les chaînes de production et réduisent les erreurs humaines.
La France mise sur le développement de sa deeptech via le programme French Tech 2026 et le Next40, qui soutiennent des start-up comme Wandercraft et Hublo. L’objectif est de renforcer l’innovation locale dans des domaines clés comme la robotique et l’IA, tout en favorisant des partenariats stratégiques avec des acteurs européens.