Selon Franceinfo - Politique, le gouvernement prépare de nouvelles mesures pour soutenir le pouvoir d’achat des Français, alors que les prix des carburants restent élevés. Parmi les pistes envisagées, un assouplissement des conditions d’attribution de la prime Macron, également appelée prime de partage de la valeur, afin d’inciter les employeurs à soutenir leurs salariés.
Ce qu'il faut retenir
- Le gouvernement réfléchit à un élargissement de la prime Macron, initialement créée en 2019, pour aider les salariés à faire face à la hausse des carburants.
- Parmi les mesures étudiées : un retour à une exonération totale d’impôt sur le revenu pour les salariés, au-delà des entreprises de moins de 50 salariés.
- En 2025, près de 3 milliards d’euros ont été versés aux salariés via cette prime, contre plus de 5 milliards entre 2021 et 2023, en raison d’un durcissement des conditions d’attribution.
- Le gouvernement privilégie une aide ciblée et temporaire, plutôt qu’une hausse générale des salaires ou un plafonnement des prix à la pompe.
Une prime créée pour répondre à une crise sociale, puis recentrée
Instaurée en 2019 sous la pression du mouvement des gilets jaunes, la prime Macron avait pour but initial de redistribuer une partie des bénéfices des entreprises à leurs salariés, sous forme d’une prime exonérée d’impôts et de cotisations sociales. Son succès a été notable lors de la crise du Covid-19 et des années d’inflation élevée, avec des versements atteignant jusqu’à 5 milliards d’euros par an entre 2021 et 2023.
Cependant, en 2025, son utilisation a reculé. Plusieurs facteurs expliquent ce repli : d’abord, une réduction des exonérations fiscales, notamment pour les entreprises de plus de 50 salariés. Ensuite, une complexification des règles, avec des plafonds variables selon la présence ou non d’accords d’intéressement ou de participation dans l’entreprise. Résultat, selon les données de l’Insee, seulement 3 milliards d’euros ont été distribués l’an dernier, soit une baisse significative.
Des mesures ciblées pour un coût maîtrisé, mais moins incitatives
Face à la persistance des prix élevés des carburants, le gouvernement, dirigé par Sébastien Lecornu, devrait annoncer dans la semaine du 11 au 17 mai 2026 un assouplissement de cette prime. Plusieurs pistes sont à l’étude. La première consisterait à rétablir une exonération totale d’impôt sur le revenu pour les salariés, y compris dans les grandes entreprises, où la prime est aujourd’hui imposée. Une autre option serait de simplifier les règles, notamment en harmonisant les plafonds, qui varient selon les accords internes des entreprises.
Pour le gouvernement, l’enjeu est de taille : ces exonérations représentent un manque à gagner pour les finances publiques, mais restent bien moins coûteuses qu’une mesure générale comme un plafonnement des prix à la pompe. Comme l’a rappelé un conseiller ministériel, « l’objectif est de maintenir une aide temporaire et ciblée, réservée aux actifs, plutôt que de s’engager dans une hausse permanente des salaires ».
Une prime plébiscitée par les petites entreprises, moins par les grandes
Contrairement aux idées reçues, la prime Macron est surtout utilisée par les petites et moyennes entreprises. Selon une étude du Groupe Alpha, les salariés des structures de moins de 10 salariés ont perçu en moyenne 1 100 euros en 2025, contre seulement 650 euros dans les entreprises de plus de 2 000 salariés. Ce dispositif, facultatif et simple à mettre en place, permet aux employeurs de soutenir le pouvoir d’achat de leurs équipes sans alourdir leurs charges sociales de manière permanente.
Pour autant, son usage a diminué dans les grandes entreprises, où les contraintes administratives et fiscales sont plus lourdes. En rétablissant des conditions plus avantageuses, le gouvernement espère relancer son attractivité, notamment dans un contexte où les ménages peinent à absorber la hausse des coûts énergétiques.
Un dispositif qui divise sur son efficacité réelle
Si la prime Macron est plébiscitée par certains secteurs, elle fait aussi l’objet de critiques. Ses détracteurs soulignent qu’elle ne bénéficie qu’à une partie des salariés, ceux dont l’employeur choisit d’y recourir. D’autres estiment qu’elle crée une inégalité entre les entreprises, certaines pouvant se permettre de verser des primes généreuses, tandis que d’autres, en difficulté financière, n’ont pas cette latitude.
De plus, certains économistes s’interrogent sur son impact réel sur le pouvoir d’achat. « Une prime ponctuelle de quelques centaines d’euros ne compense pas une hausse durable des prix à la pompe », a nuancé Thomas Piketty, professeur à l’École d’économie de Paris. Pour lui, cette mesure reste un pansement sur une jambe de bois, tant que les prix de l’énergie ne baisseront pas structurellement.
En attendant, les associations de consommateurs appellent à la vigilance. « Les mesures ciblées sont utiles, mais elles ne doivent pas servir de prétexte pour éviter des réformes structurelles sur la fiscalité énergétique », a déclaré Clara Dupont, porte-parole de l’UFC-Que Choisir.
Plusieurs facteurs expliquent ce recul : d’abord, un durcissement des conditions d’exonération fiscale, notamment pour les entreprises de plus de 50 salariés. Ensuite, une complexification des règles, avec des plafonds variables selon la présence d’accords d’intéressement ou de participation. Enfin, certaines entreprises ont préféré privilégier d’autres formes de rémunération, comme les augmentations de salaire classiques.
La prime Macron est une somme versée en plus du salaire, exonérée d’impôts et de cotisations sociales, dans la limite de certains plafonds. Elle ne s’intègre pas au salaire de base et n’a donc pas d’impact sur les futures augmentations ou les droits sociaux (retraite, assurance chômage, etc.). Une augmentation de salaire, en revanche, est permanente et soumise à l’ensemble des prélèvements sociaux et fiscaux.