Une étude publiée fin mai 2026 par la revue scientifique britannique Nature révèle que l’augmentation de la taille des grêlons, liée au changement climatique, pourrait entraîner une hausse de 40 % des dégâts matériels causés par les orages de grêle d’ici la fin du XXIe siècle. Selon Courrier International, les chercheurs Shiyi Zhang, de l’université de Pékin, et ses collaborateurs, soulignent que les épisodes de grêle intense, déjà en hausse, devraient s’aggraver en raison de l’élévation des températures et de l’humidité.
Ce qu'il faut retenir
- Les grêlons de plus de 30 mm de diamètre seront de plus en plus fréquents, augmentant leur potentiel destructeur.
- Les dégâts liés aux orages de grêle pourraient progresser de 40 % d’ici 2100, avec des disparités régionales marquées.
- Plusieurs villes, dont Denver, Paris et Pékin, ont déjà connu des épisodes historiques de grêle en 2025, engendrant des pertes financières colossales.
- Les zones tempérées et froides seront plus touchées que les régions tropicales, selon les simulations des chercheurs.
La couverture du numéro du 28 mai 2026 de Nature met en avant une photo spectaculaire de grêlons géants, illustrant un phénomène dont l’intensité s’accroît avec le dérèglement climatique. Bien que les épisodes de chaleur extrême aient retenu l’attention médiatique ces dernières semaines, les scientifiques rappellent que les événements météorologiques violents, comme les tempêtes de grêle, en sont une autre manifestation directe.
Dans leur étude, Shiyi Zhang et son équipe s’appuient sur des modèles climatiques pour estimer l’évolution du potentiel destructeur des orages de grêle. Les vents violents, combinés à des températures et une humidité plus élevées, favorisent la formation de grêlons de grande taille, dépassant souvent les 30 millimètres de diamètre. Ce seuil critique, autrefois rare, devient de plus en plus fréquent, avec des conséquences matérielles et économiques lourdes.
Les auteurs de l’étude rappellent que plusieurs villes ont déjà payé le prix fort. En 2025, des épisodes de grêle ont provoqué des dégâts se chiffrant en milliards de dollars à Denver (États-Unis), à Paris (France) le 3 mai, et à Pékin (Chine) le 13 mai. Ces événements figurent parmi les plus graves jamais enregistrés dans les archives météorologiques. À Paris, par exemple, les dégâts avaient été estimés à plusieurs centaines de millions d’euros, tandis que Pékin avait subi des pertes dépassant le milliard de yuans.
Les projections des chercheurs indiquent que cette tendance devrait s’accentuer. D’ici 2100, le coût global des dégâts liés à la grêle pourrait augmenter de 40 % à l’échelle mondiale. Cependant, cette évolution ne sera pas uniforme : les régions tropicales, comme l’Asie du Sud-Est ou l’Amérique centrale, pourraient être relativement épargnées. En revanche, les zones situées à des latitudes moyennes et élevées, comme l’Europe, l’Amérique du Nord et certaines parties de l’Asie, devraient subir une aggravation significative du phénomène.
Pour parvenir à ces conclusions, les scientifiques ont croisé des données météorologiques historiques avec des simulations climatiques avancées. Ces outils permettent de modéliser l’impact des changements atmosphériques sur la formation des grêlons. Les résultats confirment une corrélation claire entre le réchauffement global et l’intensification des épisodes de grêle, même si les mécanismes précis varient selon les régions.
Cette étude s’inscrit dans un contexte où les manifestations du changement climatique se multiplient. En Europe, les vagues de chaleur précoces de mai 2026 ont rappelé l’urgence d’adapter les infrastructures et les modes de vie. Les orages de grêle, souvent éclipsés par les canicules ou les inondations, représentent pourtant un danger sous-estimé, dont les coûts pourraient peser lourdement sur les économies locales et nationales.
La revue Nature, fondée en 1869, reste l’une des références mondiales en matière de recherche scientifique. Son numéro du 28 mai 2026, qui consacre une large place à cette étude, illustre son rôle dans la diffusion des connaissances face aux enjeux climatiques actuels. La publication propose également un dossier grand public sur les solutions d’adaptation au réchauffement global, abordant des initiatives locales en Afrique, en Asie et en Europe.
Alors que les scientifiques insistent sur la nécessité d’agir rapidement, les décideurs politiques et économiques sont appelés à intégrer ces risques dans leurs stratégies. L’augmentation des dégâts liés à la grêle pourrait en effet modifier les primes d’assurance et les normes de construction, notamment dans les zones les plus exposées. Pour les citoyens, cela signifie une vigilance accrue lors de la saison des orages, mais aussi une réflexion sur la résilience des villes face à ces nouveaux défis.
Les grêlons grossissent lorsque les courants ascendants dans les nuages sont plus puissants, ce qui permet aux gouttes d’eau de geler plus longtemps avant de tomber. Avec le réchauffement climatique, l’augmentation de l’humidité et des températures favorise des courants ascendants plus intenses, donnant naissance à des grêlons de plus grande taille.