Selon Euronews FR, une épidémie d’hantavirus à bord du navire de croisière MV Hondius, battant pavillon néerlandais, a causé la mort de trois passagers et rendu malades huit autres personnes. Immobilisé au large du Cap-Vert depuis fin avril 2026, le bateau compte désormais près de 150 personnes à son bord, après qu’une partie des passagers a été évacuée lors d’une escale à Sainte-Hélène, dans l’Atlantique Sud.

Ce qu'il faut retenir

  • Trois passagers sont décédés et huit autres infectés par l’hantavirus à bord du MV Hondius, toujours immobilisé au large du Cap-Vert avec environ 150 personnes à bord.
  • Une Néerlandaise a quitté le navire à Sainte-Hélène avec la dépouille de son mari, décédé à bord, avant de mourir à l’hôpital en Afrique du Sud.
  • L’Union européenne et l’OMS estiment le risque pour les Européens « faible », malgré la mise en quarantaine de 14 passagers espagnols pour une durée pouvant atteindre 45 jours.
  • Les autorités enquêtent sur une possible transmission interhumaine, bien que celle-ci reste « extrêmement rare ».
  • L’hantavirus, transmis par les rongeurs, peut provoquer deux maladies graves : un syndrome pulmonaire ou une fièvre hémorragique avec syndrome rénal.

Une alerte sanitaire internationale après trois décès

Le navire MV Hondius a quitté l’Argentine le 1er avril 2026 pour une croisière dans l’Atlantique, avec des escales prévues en Antarctique et aux îles Malouines. Son itinéraire a été modifié en urgence après la détection de l’épidémie. Selon les autorités néerlandaises, trois passagers sont morts et huit autres sont tombés malades à bord, confirmant une flambée d’hantavirus. Le bateau reste à l’arrêt au large du Cap-Vert, où les autorités locales et sanitaires surveillent la situation de près.

Parmi les victimes figure un Néerlandais de 70 ans, décédé à bord après avoir contracté le virus. Son épouse, également infectée, a quitté le navire lors d’une escale à Sainte-Hélène avec la dépouille de son mari. Elle a ensuite pris un vol commercial pour l’Afrique du Sud, où elle s’est effondrée avant de mourir à l’hôpital de Johannesburg, comme l’a confirmé le ministère néerlandais des Affaires étrangères. Ces événements ont déclenché une alerte sanitaire internationale, alors que les autorités tentent de retracer les passagers débarqués.

Une évacuation partielle et des passagers introuvables

Quelque quarante passagers ont quitté le MV Hondius lors de son escale à Sainte-Hélène, selon les autorités néerlandaises. Parmi eux se trouvaient des membres d’équipage et des voyageurs, dont certains ont choisi de rentrer dans leurs pays respectifs. Cependant, les autorités néerlandaises n’ont pas précisé où se trouvent aujourd’hui ces passagers évacués, ce qui complique le traçage des contacts potentiels.

L’opérateur du navire, Oceanwide Expeditions, avait initialement confirmé uniquement le départ de la Néerlandaise avec la dépouille de son mari, sans mentionner l’évacuation d’autres passagers. Cette omission a suscité des interrogations sur la transparence des informations communiquées aux autorités sanitaires et aux passagers.

Quarantaine stricte pour les Espagnols : 45 jours d’isolement

Les 14 passagers espagnols présents à bord ont été transférés vers Ténérife, aux îles Canaries, avant d’être rapatriés à Madrid pour une quarantaine de 45 jours dans l’unité d’isolement de haut niveau (UAAN) de l’Hôpital central de la Défense Gómez Ulla. Cette structure, spécialisée dans la prise en charge des maladies hautement contagieuses, a été créée après l’épidémie d’Ebola de 2014 et a déjà servi lors des rapatriements liés au Covid-19 en provenance de Wuhan.

Les autorités sanitaires espagnoles ont justifié cette mesure par la nécessité d’éviter toute propagation du virus sur le territoire national. Les passagers espagnols, tous asymptomatiques à leur arrivée en Espagne, seront placés sous surveillance médicale constante pendant toute la durée de leur isolement.

L’OMS et l’UE minimisent le risque pour l’Europe

Face à la montée des craintes, la porte-parole de l’Union européenne, Eva Hrncirova, a réaffirmé jeudi 7 mai 2026 que « le risque pour le public en Europe, le risque pour les Européens, est faible », s’appuyant sur les informations disponibles à ce stade. Cette déclaration intervient après que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a également estimé que « le risque global pour la santé publique reste faible » à ce jour.

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a précisé sur son compte X que trois patients présentant des cas suspects d’hantavirus ont été évacués vers les Pays-Bas. Parallèlement, Maria Van Kerkhove, responsable technique de l’OMS, a indiqué que les autorités enquêtent sur une possible transmission interhumaine, bien que celle-ci soit considérée comme « extrêmement rare ». Selon elle, la première personne infectée à bord aurait probablement contracté le virus avant d’embarquer, une hypothèse renforcée par l’absence de rats à bord du navire.

Une souche potentiellement transmissible entre humains identifiée

Les autorités sanitaires d’Afrique du Sud et de Suisse ont confirmé l’identification d’une souche d’hantavirus capable de se transmettre entre humains dans de rares cas. Un cas lié au navire a également été signalé en Suisse, où un passager a été testé positif après son retour. Ces éléments ont conduit les experts à surveiller de près l’évolution de la situation, même si la transmission interhumaine reste un scénario exceptionnel.

Les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) rappellent que l’hantavirus, porté par les rongeurs, se transmet principalement à l’être humain par inhalation de particules infectieuses provenant de déjections desséchées. Cette maladie peut provoquer deux affections graves : le syndrome pulmonaire à hantavirus, qui touche les poumons et peut entraîner une insuffisance respiratoire, ou la fièvre hémorragique avec syndrome rénal, qui attaque les reins et entraîne des complications sévères.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront des résultats des enquêtes en cours. L’OMS et les autorités sanitaires locales devraient publier un bilan actualisé dans les prochains jours, tandis que les passagers évacués pourraient faire l’objet d’un suivi médical prolongé. Une conférence de presse est attendue la semaine prochaine pour préciser l’évolution de l’épidémie et les mesures de prévention renforcées. Par ailleurs, les compagnies de croisière pourraient revoir leurs protocoles sanitaires pour les prochains départs, notamment en Antarctique et dans les régions isolées.

Cette épidémie rappelle celle de 2020, où le Covid-19 avait frappé les navires de croisière avant de se propager à l’échelle mondiale. Reste à savoir si l’hantavirus, bien que moins contagieux, pourrait suivre une trajectoire similaire ou rester confiné à ce cas isolé.

Selon les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), l’hantavirus peut provoquer deux maladies graves : le syndrome pulmonaire à hantavirus, qui entraîne une insuffisance respiratoire sévère, et la fièvre hémorragique avec syndrome rénal, qui provoque des complications au niveau des reins.

Les 14 passagers espagnols seront placés en quarantaine pour une durée pouvant atteindre 45 jours dans l’unité d’isolement de l’Hôpital central de la Défense Gómez Ulla à Madrid, selon les autorités sanitaires espagnoles.