Alors qu’une Française reste hospitalisée en réanimation à Paris après avoir contracté le hantavirus des Andes lors d’une croisière, la question du port du masque dans les lieux publics resurgit. Selon Franceinfo - Santé, 26 personnes ont été placées à l’isolement en France et à l’étranger à la suite de cette contamination, sans que cela justifie pour l’instant un retour généralisé aux gestes barrières.

Ce qu'il faut retenir

  • Une Française de retour d’une croisière en Amérique du Sud est hospitalisée en réanimation à l’hôpital Bichat à Paris, contaminée par le hantavirus des Andes.
  • Vingt-six personnes, dont quatre passagers français du bateau, sont en isolement après avoir été identifiées comme cas contacts.
  • Le virus se transmet par contact prolongé avec un patient infecté ou par échange de sécrétions (salive, sueur, sperme), mais aucune transmission communautaire n’est signalée en France.
  • Les autorités sanitaires excluent pour l’heure la nécessité d’un port massif du masque, sauf pour les personnes en contact étroit avec les cas confirmés.
  • Le ministère de la Santé reconstitue ses stocks stratégiques de masques, sans que cela implique une recommandation officielle.

Un cas isolé en France, mais une surveillance accrue

La patiente française, contaminée à bord du MV Hondius en avril, reste sous surveillance médicale à l’hôpital Bichat à Paris. Selon les dernières informations communiquées par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, « aucun argument ne plaide en faveur d’une circulation virale de l’hantavirus en population générale ». Les autorités sanitaires insistent sur le caractère exceptionnel de cette contamination, survenue dans un contexte de voyage en Amérique du Sud, où le virus est endémique.

Côté identification des cas contacts, l’enquête se poursuit. Quatre passagers français du bateau et 22 contacts identifiés ont été hospitalisés et placés en isolement. Aucun autre cas n’a été signalé sur le territoire national. « Nous ne sommes pas dans une phase épidémique ou pandémique », a souligné le professeur Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Tenon. « Le seul cas actuel est pris en charge à l’hôpital, et la question porte uniquement sur les sujets contacts. »

Transmission du virus : ce que disent les experts

Le hantavirus des Andes, comme ses cousins, se transmet principalement par contact avec les rongeurs infectés dans leur milieu naturel. Mais la souche des Andes présente une particularité : elle peut se propager d’humain à humain. Deux modes de transmission interhumaine sont aujourd’hui documentés : un contact prolongé avec une personne malade et l’échange de sécrétions corporelles, comme la salive, la sueur ou le sperme. Face à ces risques, le virologue Olivier Schwartz recommande le port du masque, de préférence de type FFP2, ainsi que le lavage fréquent des mains pour limiter tout risque de contamination.

Cependant, les spécialistes rappellent que ces mesures ne sont pertinentes que pour les personnes directement exposées. « Le masque doit être réservé à ceux qui sont en contact avec les cas confirmés ou les cas contacts », précise Bruno Mégarbane, chef du service de réanimation à l’hôpital Lariboisière à Paris. La Direction générale de la santé a d’ailleurs diffusé une note interne en début de semaine aux médecins français, indiquant qu’en l’absence de « circulation communautaire connue » du virus, « aucune mesure de dépistage ou de prise en charge spécifique n’est recommandée en population générale ».

« Il n’y a pas de phénomène épidémique ou pandémique, donc rien qui justifie un port généralisé du masque. »

Pr Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Tenon, à Franceinfo

Masques : entre précaution et risque de pénurie

Alors que le gouvernement reconstitue ses stocks stratégiques de masques six ans après la crise du Covid-19, les autorités appellent à la modération. « Je comprends que cela puisse inquiéter, mais si la population se met à acheter massivement des masques, elle risque de puiser dans des réserves qui pourraient s’avérer indispensables dans d’autres contextes », avertit le professeur Pialoux. Ce dernier se souvient des difficultés rencontrées au début de la pandémie, où les masques avaient rapidement disparu des services hospitaliers. « Ces réactions relèvent parfois de l’irrationnel », commente-t-il.

Les pharmacies et supermarchés ne signalent pas encore de ruée sur les masques FFP2, mais les craintes d’un effet de panique persistent. Les stocks nationaux sont en cours de réapprovisionnement, mais leur usage reste encadré par les autorités sanitaires. Pour l’heure, aucune recommandation officielle n’a été émise pour un retour du masque dans les transports ou les lieux publics, sauf pour les personnes identifiées comme cas contacts.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront de l’évolution de la situation épidémiologique. Les autorités sanitaires suivent de près la situation des personnes en isolement et maintiennent une surveillance renforcée. Une conférence de presse de la ministre de la Santé est prévue dans les prochains jours pour faire un point actualisé. En attendant, les spécialistes appellent à la prudence sans céder à la psychose : le risque de transmission communautaire reste très faible, et les mesures de précaution doivent rester ciblées.

Cette affaire rappelle que certains virus, bien que rares, peuvent resurgir avec des modes de transmission inhabituels. Elle soulève également des questions sur la préparation des systèmes de santé face à des agents pathogènes émergents, plus de trois ans après la fin de la pandémie de Covid-19. Reste à savoir si cette vigilance accrue se maintiendra une fois l’émotion retombée.

Les symptômes incluent fièvre, douleurs musculaires, maux de tête et, dans les cas graves, des complications pulmonaires ou rénales. La maladie peut évoluer vers un syndrome pulmonaire hantavirus, potentiellement mortel sans prise en charge rapide.

À ce jour, il n’existe pas de traitement spécifique contre le hantavirus. La prise en charge repose sur des soins de support en milieu hospitalier, avec une surveillance étroite des fonctions pulmonaires et rénales.