Selon RFI, la souche d’hantavirus identifiée sur un passager du MV Hondius, un navire de croisière actuellement en quarantaine au large du Cap-Vert, correspond à celle des Andes. Cette souche, transmissible entre humains, a été confirmée le 6 mai 2026 par le ministre sud-africain de la Santé, Joe Phaahla. La situation sanitaire reste sous surveillance étroite, alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que le risque pour la santé publique globale « demeure faible », selon les déclarations du directeur général de l’organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Ce qu'il faut retenir
- La souche d’hantavirus détectée sur le MV Hondius est celle des Andes, transmissible entre humains, a confirmé le ministre sud-africain de la Santé.
- Le navire est immobilisé au large du Cap-Vert en attendant une décision sur sa destination finale, alors que les autorités espagnoles envisagent un accostage à Tenerife.
- Le président des Canaries s’oppose à cette option, compliquant la résolution de la situation.
- L’OMS considère que le risque pour la santé publique globale reste « faible » malgré cette contamination.
- Le navire, initialement en route vers les Canaries, doit encore recevoir l’autorisation d’accoster après avoir été évacué vers l’Afrique du Sud.
Un navire en quarantaine au large du Cap-Vert
Le MV Hondius, un navire de croisière en provenance d’Amérique du Sud, est actuellement immobilisé dans les eaux territoriales du Cap-Vert depuis plusieurs jours. Selon les autorités locales, un passager présentant des symptômes compatibles avec une infection à hantavirus a été évacué vers l’Afrique du Sud pour y être pris en charge. Les tests réalisés ont confirmé la présence de la souche des Andes, un virus rare mais dont la particularité est de pouvoir se transmettre entre humains, contrairement à d’autres souches d’hantavirus généralement transmises par des rongeurs.
Le ministre sud-africain de la Santé, Joe Phaahla, a précisé que la situation était « sous contrôle » tout en appelant à la vigilance. « Nous suivons les protocoles sanitaires internationaux et collaborons avec l’OMS pour évaluer les risques », a-t-il déclaré. Les autres passagers et membres d’équipage font l’objet d’un suivi médical, bien qu’aucun autre cas n’ait été signalé à ce stade.
Tenerife ou un autre port : une destination encore incertaine
Alors que le navire devait initialement accoster aux Canaries, en Espagne, les autorités locales peinent à trancher. Le gouvernement régional des Canaries, représenté par son président Fernando Clavijo, a clairement indiqué son opposition à une arrivée du MV Hondius dans l’archipel. « Les risques sanitaires sont trop élevés pour justifier une telle décision », a-t-il affirmé, sans préciser d’alternative.
De leur côté, les autorités espagnoles, via le ministère des Transports, continuent d’envisager Tenerife comme port d’accostage, invoquant des raisons logistiques et la nécessité de rapatrier les passagers. Le navire, qui compte plusieurs centaines de personnes à bord, reste donc en attente d’une solution, tandis que les négociations se poursuivent entre les différentes parties prenantes.
L’OMS minimise le risque global, mais la vigilance reste de mise
Lors d’une conférence de presse tenue le 6 mai 2026, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a tempéré les craintes en déclarant : « Le risque pour la santé publique globale reste faible. Nous travaillons en étroite collaboration avec les autorités locales pour contenir toute éventuelle propagation. » Il a également rappelé que les hantavirus, bien que graves, étaient géographiquement limités et que leur transmission interhumaine restait exceptionnelle.
Pour autant, l’organisation recommande une surveillance accrue des contacts rapprochés du cas confirmé. Les hantavirus, en général, provoquent des syndromes pulmonaires ou rénaux sévères, avec un taux de mortalité pouvant atteindre 30 % dans les cas non traités. La souche des Andes, plus rare, a déjà été responsable d’épidémies localisées en Amérique du Sud, notamment en Argentine et au Chili.
En attendant, les passagers du navire restent dans l’incertitude, tandis que les autorités sanitaires insistent sur l’importance de ne pas céder à la panique. L’OMS rappelle que les hantavirus ne se transmettent pas par simple contact social et que les mesures de prévention, comme l’aération des espaces confinés et l’élimination des rongeurs, restent les meilleures armes contre ce type de virus.
L’hantavirus de la souche des Andes peut provoquer des symptômes grippaux sévères, incluant fièvre, douleurs musculaires et fatigue intense. Dans les cas graves, il peut évoluer vers un syndrome pulmonaire ou rénal aigu, entraînant des difficultés respiratoires et une insuffisance organique. Ces complications peuvent être mortelles en l’absence de traitement rapide, généralement basé sur l’administration de ribavirine ou de soins de support.