Une épidémie d'hantavirus à bord du MV Hondius, un navire de croisière, a causé le décès de trois personnes selon Euronews FR. Cette maladie, transmise principalement par les rongeurs, suscite des inquiétudes quant à sa propagation et à sa dangerosité. Voici ce qu'il faut savoir sur ce virus, ses modes de transmission, ses symptômes et les mesures de prévention.

Ce qu'il faut retenir

  • Trois décès et plusieurs cas malades ont été recensés à bord du MV Hondius en raison d'une épidémie présumée d'hantavirus.
  • L'hantavirus se transmet principalement par inhalation de particules virales provenant d'excréments séchés de rongeurs.
  • Cette maladie peut provoquer deux syndromes graves : le syndrome pulmonaire à hantavirus (taux de mortalité d'environ 35 %) et la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (taux de 1 % à 15 %).
  • Aucun traitement spécifique n'existe, mais une prise en charge médicale précoce améliore les chances de survie.
  • En 2025, l'actrice Betsy Arakawa, épouse de Gene Hackman, est décédée d'un syndrome pulmonaire à hantavirus à Santa Fe, aux États-Unis.

Une maladie rare mais potentiellement mortelle

L'hantavirus est un groupe de virus transmis par les rongeurs, connu depuis des siècles en Asie et en Europe. Selon les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies, il peut provoquer deux maladies graves. La première, le syndrome pulmonaire à hantavirus, affecte les poumons et entraîne une insuffisance respiratoire potentiellement mortelle. La seconde, la fièvre hémorragique avec syndrome rénal, touche les reins et peut causer des complications sévères. « Au début de la maladie, il n'est pas toujours possible de faire la différence entre l'hantavirus et la grippe », explique la Dre Sonja Bartolome, de l'UT Southwestern Medical Center à Dallas.

Une transmission principalement liée aux rongeurs

Le mode de propagation le plus courant de l'hantavirus est le contact avec des rongeurs infectés ou avec leurs déjections. Les particules virales en suspension dans l'air, notamment lorsque les excréments séchés sont dérangés, représentent un risque majeur. Cette exposition survient généralement dans des espaces clos ou mal ventilés, comme les maisons, les cabanes ou les abris infestés. Bien que rare, l'Organisation mondiale de la santé précise que la transmission interhumaine est possible, bien que très inhabituelle. « Il est très rare qu'il se transmette d'homme à homme », souligne Paul Griffin, chercheur australien spécialiste des virus.

Chaque année, on estime entre 150 000 et 200 000 infections à hantavirus dans le monde, selon les données disponibles. Cependant, ces chiffres restent probablement sous-estimés en raison des difficultés diagnostiques et du manque de surveillance systématique dans certaines régions.

Des symptômes difficiles à identifier

Les premiers signes de l'hantavirus ressemblent souvent à ceux d'une grippe banale : fièvre, frissons, douleurs musculaires et maux de tête. Ces symptômes non spécifiques rendent le diagnostic précoce complexe. Dans le cas du syndrome pulmonaire à hantavirus, les complications respiratoires apparaissent généralement entre une et huit semaines après l'exposition. Les poumons se remplissent alors de liquide, nécessitant souvent une assistance respiratoire. Quant à la fièvre hémorragique avec syndrome rénal, elle peut provoquer une hypotension, des hémorragies internes et une insuffisance rénale aiguë.

La rapidité de la prise en charge médicale est cruciale. Les patients bénéficient généralement de soins de soutien, incluant oxygénothérapie, ventilation mécanique ou dialyse en cas de complications rénales. « Une prise en charge médicale précoce améliore considérablement les chances de survie », rappelle l'experte américaine. Malgré des décennies de recherche, de nombreux aspects de cette maladie restent encore méconnus des scientifiques.

Un bilan lourd à bord du MV Hondius

À bord du MV Hondius, trois passagers sont décédés et plusieurs autres ont été infectés dans le cadre d'une épidémie présumée d'hantavirus. Les autorités sanitaires n'ont pas encore confirmé l'origine exacte de la contamination, mais les enquêtes se concentrent sur une possible exposition aux rongeurs à bord du navire. Ce cas rappelle les risques liés aux voyages en milieu confiné, où les infestations de rongeurs peuvent passer inaperçues. « Les personnes sont généralement exposées dans des espaces clos ou mal ventilés », indique l'OMS.

Ce n'est pas la première fois qu'un cas d'hantavirus fait la une des médias. En février 2025, Betsy Arakawa, épouse de l'acteur Gene Hackman, est décédée à son domicile de Santa Fe, au Nouveau-Mexique, des suites d'un syndrome pulmonaire à hantavirus. Les investigations ont révélé des traces d'activité de rongeurs sur la propriété, suggérant une exposition probable à l'origine de sa contamination.

Comment éviter l'hantavirus ?

La prévention reste le meilleur moyen de lutter contre cette maladie. Les experts en santé publique recommandent d'éviter tout contact avec les rongeurs et leurs excréments. Pour nettoyer les déjections, il est conseillé d'utiliser des gants de protection et de l'eau de Javel, tout en évitant de balayer ou d'aspirer directement les excréments, afin de ne pas disperser le virus dans l'air. Dans les zones à risque, comme les cabanes ou les bateaux de croisière, une inspection préalable des locaux est recommandée pour détecter toute présence de rongeurs.

« Le nettoyage des zones infestées doit être réalisé avec précaution pour éviter la mise en suspension des particules virales. »

Et maintenant ?

Les autorités sanitaires devraient prochainement publier un rapport détaillé sur les causes de l'épidémie à bord du MV Hondius, ce qui permettra d'évaluer les mesures de prévention à renforcer pour les navires de croisière. D'ici là, les compagnies maritimes pourraient être incitées à renforcer leurs protocoles de contrôle sanitaire, notamment dans les zones à risque. Pour les passagers ayant voyagé sur ce navire, un suivi médical est recommandé en cas d'apparition de symptômes dans les semaines suivant le voyage.

L'hantavirus en quelques chiffres

Pour mieux comprendre l'impact de cette maladie, voici les données clés à retenir :

  • Le syndrome pulmonaire à hantavirus a un taux de mortalité d'environ 35 %, tandis que la fièvre hémorragique avec syndrome rénal varie entre 1 % et 15 % selon les souches.
  • Entre 150 000 et 200 000 infections à hantavirus sont recensées chaque année dans le monde, selon les estimations du chercheur Paul Griffin.
  • Les premiers symptômes apparaissent généralement entre une et huit semaines après l'exposition au virus.

La transmission interhumaine de l'hantavirus est extrêmement rare, mais elle est possible. La majorité des cas surviennent après un contact avec des rongeurs infectés ou leurs déjections, précise l'Organisation mondiale de la santé.

En conclusion, l'épidémie à bord du MV Hondius rappelle la nécessité de vigilance face aux maladies transmises par les rongeurs. Bien que l'hantavirus reste une pathologie rare, ses conséquences peuvent être graves, voire mortelles. Une meilleure sensibilisation des voyageurs et des équipages, ainsi que le respect des mesures de prévention, sont essentiels pour limiter les risques.