Le ministère argentin de la Santé a indiqué avoir enregistré une augmentation des cas de hantavirus, mais pas d'épidémie, alors que des infections à bord d'un navire de croisière ont provoqué une alerte sanitaire mondiale. Selon Franceinfo - Santé, les autorités sanitaires ont notamment lancé une expédition pour mettre la main sur des 'rats à longue queue' qui pourraient être porteurs du virus.

Ce qu'il faut retenir

  • Le hantavirus a été détecté à bord d'un navire de croisière, provoquant une alerte sanitaire mondiale.
  • Les autorités sanitaires argentine recherchent l'origine du virus et les personnes potentiellement infectées.
  • La province de la Terre de Feu n'a signalé aucun cas d'hantavirus depuis la mise en place de la notification obligatoire en 1996.
  • Le hantavirus est endémique dans plusieurs régions d'Argentine, avec une incidence plus forte dans les provinces de l'extrême nord-ouest.
  • La souche Andes est présente dans des provinces patagoniennes du Sud, Chubut, Rio Negro et Neuquén.

La préoccupation des autorités argentines est très forte : si le virus est bien connu des spécialistes, le défi est aujourd'hui de retrouver son origine pour éviter une propagation. « À ce jour, il n'est pas possible de confirmer l'origine de la contagion », a indiqué le ministère de la Santé dans un communiqué, à l'issue d'une réunion avec les référents sanitaires des 24 provinces du pays.

La veille, le ministère de la Santé local a ainsi annoncé chercher à retracer l'itinéraire des deux passagers néerlandais décédés : ce couple avait voyagé quatre mois entre Argentine, Chili, Uruguay et de nouveau en Argentine à partir du 27 mars, dans différentes provinces du pays, du Nord au Sud en passant par la Patagonie, avant d'embarquer à bord du MV Hondius, le 1er avril 2026.

Les scientifiques argentins partent également à Ushuaïa sur les traces de rongeurs, qui pourraient être porteurs du virus. Ces 'rats à longue queue' appelés Colilargo - ou Oligoryzomys longicaudatus - vivent dans des forêts ou dans des zones rurales. Or, ce dernier, principal transmetteur notamment de la souche Andes, détectée sur des passagers du Hondius, n'est pas présent en Terre de Feu.

Le hantavirus est endémique dans plusieurs régions d'Argentine, un peu moins d'une centaine de cas par an en moyenne ces dernières années, avec une incidence plus forte dans les provinces de l'extrême nord-ouest. La souche Andes est par contre présente dans des provinces patagoniennes du Sud, Chubut, Rio Negro et Neuquén.

Et maintenant ?

Les autorités sanitaires argentine devraient continuer à enquêter sur l'origine du virus et les personnes potentiellement infectées. La province de la Terre de Feu devrait également renforcer ses mesures de prévention pour éviter la propagation du virus.

Le moment de la première apparition des symptômes de l'hantavirus était 'crucial', soulignent les auteurs d'une étude publiée dans le New England Journal of Medicine. Dans plus de la moitié des cas, la transmission 'a pu être établie avec précision comme étant survenue le jour de l'apparition de la fièvre chez le cas originel', expliquent-ils.

Le risque d'une propagation de l'hantavirus pour la population mondiale est 'absolument faible', a assuré vendredi 8 mai l'Organisation mondiale de la santé. 'Il s'agit d'un virus dangereux, mais uniquement pour la personne réellement infectée. Le risque pour la population en général reste quant à lui extrêmement faible', a déclaré devant la presse à Genève un porte-parole de l'OMS, Christian Lindmeier.

Le ministère de la Santé a rapidement diffusé des mesures de prévention pour éviter les contaminations, rappelant comment bien nettoyer les maisons, boucher les trous, stocker le bois à plus de 40 mètres des habitations ou encore bien aérer une pièce.