Entre les dunes du nord du Danemark, la petite ville côtière de Hundested se transforme chaque été en un immense atelier à ciel ouvert. Selon Euronews FR, son festival annuel de sculptures de sable, qui bat son plein depuis quelques jours, attire cette année encore des artistes venus d’Europe et d’ailleurs pour recréer, sur plus de 5 000 m² de plage, des scènes inspirées du Moyen Âge. Rois, chevaliers et dragons jaillissent littéralement du sable, offrant aux visiteurs une plongée dans l’univers médiéval, entre mythes, légendes et récits locaux.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 60 000 visiteurs sont attendus jusqu’au 18 octobre 2026 pour découvrir les œuvres en sable, selon les organisateurs.
  • Le thème de cette édition s’inspire des marchés médiévaux, comparés par Christian Warrer, organisateur du festival, à « un Temu du Moyen Âge ».
  • Les sculptures sont réalisées avec un sable spécial, mélangé à de l’argile, qui durcit comme de la roche une fois sec et résiste à la pluie.
  • Parmi les œuvres phares, « Le jeu des rois » du Néerlandais Joris Kivits, représentant des souverains médiévaux autour d’une partie d’échecs.
  • Les artistes disposent de seulement quelques jours pour finaliser leurs créations, mais le festival s’étend jusqu’à la mi-octobre.

Ce festival, qui en est à sa 12e édition, mise sur un mélange de tradition artisanale et d’innovation technique. « Nous avons choisi cette année de puiser notre inspiration dans le Moyen Âge, explique Christian Warrer, organisateur du Hundested Sand Sculpture Festival. Nous avons aussi trouvé des histoires locales du Danemark. Nous avons par exemple un récit sur un immense marché qui existait à l’époque. » Une comparaison avec les plateformes modernes comme Temu n’est pas anodine : « C’est un peu le Temu du Moyen Âge. Et les sculpteurs, les artistes, adorent ce thème, parce qu’il offre énormément d’images et d’histoires. »

Des sculptures éphémères conçues pour défier le temps

Sur la plage de Hundested, les artistes disposent d’un délai serré pour donner vie à leurs œuvres. Pourtant, ces créations doivent tenir jusqu’à la mi-octobre, malgré les intempéries. Pour y parvenir, les sculpteurs utilisent un sable spécial, prélevé dans des sablières, et enrichi en argile. « Ce n’est pas du sable de plage, mais un sable normal provenant d’une sablière. Et il contient un peu d’argile, ce qui fait qu’il sèche et devient dur, dur comme de la roche, et qu’il résiste à la pluie », détaille Christian Warrer.

Cette technique permet aux sculptures de résister aux caprices du climat danois. Une nécessité pour un festival qui mise sur la durabilité de ses œuvres, tout en jouant sur l’éphémère de l’art. « Les visiteurs viennent voir des châteaux de sable, mais ce n’est pas vraiment ça », précise Warrer. « Ici, on crée des structures qui tiennent debout, qui résistent à la gravité et aux éléments. »

Des récits médiévaux revisités par des artistes internationaux

Parmi les œuvres exposées cette année, « Le jeu des rois », du sculpteur néerlandais Joris Kivits, a particulièrement retenu l’attention. Ce dernier, qui travaille le sable depuis plus de vingt ans, s’est inspiré des échanges culturels entre souverains médiévaux à travers le jeu d’échecs. « Je me suis documenté sur le jeu d’échecs et j’ai trouvé ça assez touchant, parce qu’apparemment on a découvert que des gens de cultures différentes, surtout des rois, se rendaient les uns chez les autres pour jouer aux échecs », confie-t-il.

Les artistes présents à Hundested ne se contentent pas de reproduire des scènes de bataille ou des personnages célèbres. Ils explorent aussi des récits moins connus, comme ceux des marchés médiévaux ou des légendes locales. « Le thème du Moyen Âge offre une richesse incroyable en termes de visuels et de narrations, souligne Warrer. Les sculpteurs adorent ça, car ils ont la liberté de jouer avec l’imaginaire collectif. »

Un festival qui allie art, tourisme et patrimoine

Depuis son lancement, le Hundested Sand Sculpture Festival est devenu un rendez-vous incontournable pour les amateurs d’art et de culture au Danemark. En 2026, les organisateurs misent sur une fréquentation record, avec plus de 60 000 visiteurs attendus jusqu’à la clôture le 18 octobre. Une affluence qui s’explique par l’originalité du concept, mais aussi par l’attrait des Danois pour les événements familiaux et pédagogiques.

« Ce festival, c’est bien plus qu’une exposition en plein air, estime Warrer. C’est une façon de faire découvrir l’histoire du Danemark et de l’Europe à travers un médium accessible. Les enfants adorent, les parents aussi, et les artistes y trouvent une source d’inspiration inépuisable. »

Et maintenant ?

Si l’édition 2026 du Hundested Sand Sculpture Festival se poursuit jusqu’à la mi-octobre, les organisateurs commencent déjà à réfléchir à son avenir. « Nous envisageons d’élargir les thèmes abordés, notamment en intégrant davantage d’histoires nordiques, indique Warrer. Par ailleurs, nous travaillons sur des partenariats avec des musées locaux pour créer des parcours culturels autour du festival. » Une chose est sûre : l’événement, qui a su se forger une réputation internationale, devrait continuer à attirer des artistes et des visiteurs en quête d’une expérience artistique hors du commun.

Jusqu’au 18 octobre 2026, la plage de Hundested reste ainsi le théâtre d’un dialogue entre le passé et le présent, où le sable se fait support d’art, de récits et de rêves collectifs. Un spectacle éphémère, mais dont la mémoire devrait, elle, perdurer bien au-delà de l’été.

Les artistes utilisent un sable spécial, prélevé dans des sablières et enrichi en argile. Une fois sec, ce mélange durcit presque comme de la roche, ce qui permet aux œuvres de résister aux intempéries pendant plusieurs mois. Selon Christian Warrer, organisateur du festival, « ce n’est pas du sable de plage classique, mais un matériau bien plus résistant ».