La période de déclaration des revenus 2026 s’ouvre ce 9 avril, et avec elle, l’obligation pour de nombreux épargnants de vérifier leurs placements financiers. Selon Capital, la règle générale reste la même : si vos gains restent dans une enveloppe fiscale, ils ne sont pas imposables tant qu’ils ne sont pas retirés. En revanche, dès qu’un retrait ou un dividende est perçu hors de ces dispositifs, une déclaration s’impose. Une attention particulière doit être portée cette année, la hausse des prélèvements sociaux passant de 17,2 % à 18,6 % depuis le 1er janvier 2026, ce qui alourdit la facture sur les retraits imposables.

Ce qu'il faut retenir

  • Les intérêts des contrats d’assurance-vie ne sont pas imposables tant qu’ils restent dans l’enveloppe, sauf en cas de rachat.
  • Pour un PEA, un retrait avant cinq ans entraîne la clôture du plan et l’imposition immédiate des gains au PFU de 30 %, prélèvements sociaux inclus à 18,6 %.
  • Les comptes-titres ouverts en France transmettent automatiquement les données à l’administration, mais les courtiers étrangers nécessitent une déclaration manuelle.
  • Un compte détenu à l’étranger doit être déclaré via le formulaire 3916-bis sous peine d’une amende de 1 500 € par compte non déclaré.
  • Les prélèvements sociaux sur les assurances-vie en fonds euros sont prélevés automatiquement chaque année par l’assureur.

Assurance-vie : déclarer ou non selon l’ancienneté et les retraits

Si aucun retrait n’a été effectué en 2025, aucun élément n’a besoin d’être déclaré pour une assurance-vie. Les intérêts crédités sur les fonds en euros, par exemple, ne subissent pas d’imposition tant qu’ils restent dans le contrat, précise Capital. En revanche, si un rachat a eu lieu, l’administration fiscale dispose déjà des données via l’Imprimé Fiscal Unique (IFU) envoyé par l’assureur. Pour les contrats de moins de huit ans, les gains sont soumis à la flat tax de 30 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, majorés à 18,6 % depuis 2026).

Pour les contrats de plus de huit ans ouverts après le 27 septembre 2017, un abattement de 4 600 € (9 200 € pour un couple) s’applique sur les gains. Au-delà, la part correspondant à des versements nets inférieurs à 150 000 € est taxée à 7,5 %, le surplus à 12,8 %. Ces cases sont pré-remplies si l’épargnant n’a qu’un seul contrat, mais nécessitent un calcul manuel en cas de détention multiple.

PEA : attention aux retraits précoces et à la clôture automatique

Le Plan d’Épargne en Actions (PEA) impose une vigilance accrue : un retrait avant cinq ans entraîne sa clôture immédiate et l’imposition de l’ensemble des gains au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 30 %, avec des prélèvements sociaux désormais à 18,6 %. Selon Capital, le montant à déclarer est indiqué sur l’IFU et doit être reporté en case 3VT de la déclaration. Certaines exceptions existent, comme un licenciement, une invalidité ou une mise à la retraite anticipée, qui ouvrent droit à une exonération d’impôt sur le revenu.

Une fois le PEA âgé de plus de cinq ans, les retraits partiels sont possibles sans clôture. Les gains restent exonérés d’impôt sur le revenu, mais les prélèvements sociaux à 18,6 % s’appliquent sur la part de gains retirée. Seuls les retraits avec moins-value nécessitent une mention spécifique en case 3VH.

Comptes-titres et placements étrangers : des obligations variables

Pour les comptes-titres ouverts auprès d’établissements français (Boursorama, Fortuneo, Saxo Banque…), les banques transmettent directement les données à l’administration via l’IFU. La flat tax de 31,4 % s’applique par défaut, mais une option pour le barème progressif (case 2OP) peut être plus avantageuse si la tranche marginale d’imposition est inférieure à 12,8 %.

La situation se complique avec les courtiers étrangers, comme Trade Republic, qui fournissent désormais un document fiscal récapitulatif. Cependant, ces données ne sont pas automatiquement transmises à l’administration, obligeant l’épargnant à reporter lui-même les montants dans les cases appropriées. Les plus-values nettes sont déclarées en case 3VG, tandis que les dividendes sont répartis entre la case 2BH (si déjà soumis aux prélèvements sociaux) et la case 2DC (éligibles à l’abattement de 40 %).

Un compte détenu à l’étranger doit impérativement être déclaré via le formulaire 3916-bis. Le non-respect de cette obligation expose à une amende de 1 500 € par compte non déclaré, même en l’absence de revenus réalisés.

Et maintenant ?

La déclaration des revenus 2026 doit être validée avant la date limite fixée au 4 juin 2026 pour les résidents en métropole. D’ici là, les épargnants ont tout intérêt à vérifier l’exhaustivité de leurs IFU et à s’assurer que les montants pré-remplis correspondent à leurs relevés. Une attention particulière doit être portée aux placements étrangers et aux contrats multiples, où les erreurs de déclaration restent fréquentes. Les prochaines évolutions fiscales, notamment sur la flat tax, pourraient également inciter à réévaluer la stratégie de placement d’ici la fin de l’année.

Reste à voir si l’administration fiscale renforcera ses contrôles sur les comptes non déclarés à l’étranger, alors que les sanctions financières sont déjà dissuasives. Les épargnants disposent donc d’un délai serré pour régulariser leur situation et éviter tout redressement.

Non, les intérêts du livret A ne sont pas imposables et ne nécessitent aucune déclaration, comme le rappelle régulièrement l’administration fiscale. Ce placement reste totalement exonéré d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.

Le montant à déclarer est indiqué sur l’Imprimé Fiscal Unique (IFU) fourni par votre courtier. Il doit être reporté en case 3VT de votre déclaration de revenus 2026. Si le retrait est lié à une exception (licenciement, invalidité…), l’exonération d’impôt sur le revenu s’applique, mais les prélèvements sociaux restent dus.