Le gouvernement irakien et le géant américain des services pétroliers Halliburton ont officialisé, dimanche 5 juillet 2026, un accord visant à exploiter deux nouveaux champs dans le sud du pays. Cet accord s'inscrit dans la stratégie de Bagdad pour accroître sa production d'hydrocarbures, alors que 90 % des recettes budgétaires de l'Irak dépendent des exportations de pétrole, d'après BFM Business.
Ce qu'il faut retenir
- Un accord signé entre la Basra Oil Company et Halliburton pour les champs Bin Omar et Sinbad, situés dans la province de Bassorah.
- Objectif affiché : augmenter la production de 150 000 barils par jour (bpj) pour Bin Omar et de 80 000 à 100 000 bpj pour Sinbad d'ici cinq ans.
- L'Irak mise sur l'exportation pour financer son économie, les hydrocarbures représentant 90 % de ses recettes budgétaires.
- Cet accord intervient dans un contexte de relèvement des quotas de production au sein de l'OPEP+, avec une hausse des volumes autorisés pour Bagdad et Riyad.
- Le Premier ministre irakien Ali al-Zaïdi cherche à attirer les investisseurs après des années de conflits ayant endommagé les infrastructures du pays.
Un partenariat stratégique pour relancer l'industrie pétrolière
La compagnie publique Basra Oil Company a signé un accord d'exploitation conjoint avec Halliburton pour les champs pétroliers de Bin Omar et Sinbad, dans la province de Bassorah. Cette initiative a été annoncée par le ministère du Pétrole irakien, qui précise que l'objectif est d'accroître significativement la production nationale de pétrole et de gaz. Selon les termes de l'accord, l'extraction devrait atteindre 150 000 barils supplémentaires par jour (bpj) pour Bin Omar et entre 80 000 et 100 000 bpj pour Sinbad d'ici cinq ans, comme l'a détaillé le ministre irakien du Pétrole, Bassem Khodeir.
Ce partenariat s'inscrit dans une dynamique plus large de modernisation du secteur énergétique irakien. Bagdad mise sur l'augmentation de ses capacités de production pour renforcer ses revenus, alors que le pays peine à reconstruire ses infrastructures après des décennies de conflits, y compris l'invasion américano-britannique de 2003 qui a renversé le régime de Saddam Hussein.
L'Irak mise sur le pétrole pour soutenir son économie
Avec 90 % de ses recettes budgétaires dépendant des exportations pétrolières, l'Irak ne peut se permettre de négliger ce secteur. Avant le début de la guerre au Moyen-Orient à la fin février 2026, le pays produisait environ quatre millions de barils par jour et exportait en moyenne 3,5 millions de barils quotidiennement. La majorité de ces exportations transite par le détroit d'Ormuz, une route maritime essentielle qui voit transiter un cinquième du pétrole mondial, selon les données disponibles.
Dans ce contexte, l'accord avec Halliburton représente une opportunité pour Bagdad de stimuler son secteur énergétique et d'attirer des investissements étrangers. Ali al-Zaïdi, le Premier ministre irakien, a d'ailleurs été convié mi-juillet à la Maison Blanche pour des discussions visant à renforcer les liens économiques avec les États-Unis. Cette rencontre s'inscrit dans une stratégie plus large de reconstruction et de stabilisation du pays, après des années de troubles et de dévastation.
Un contexte régional marqué par une hausse des quotas de production
Cet accord intervient alors que l'Irak, aux côtés de l'Arabie saoudite, de la Russie et de quatre autres membres de l'OPEP+, a décidé de relever ses quotas de production dimanche 5 juillet 2026. Cette décision, soutenue par le nouveau gouvernement irakien, intervient dans un contexte de signaux encourageants concernant la navigation dans le détroit d'Ormuz, après des mois de tensions liées à la guerre au Moyen-Orient.
La hausse des quotas reflète une volonté des pays producteurs de pétrole de répondre à la demande mondiale, tout en profitant d'une relative stabilisation des routes maritimes stratégiques. Pour l'Irak, cette décision représente une opportunité de maximiser ses exportations et de compenser les pertes subies en raison des conflits récents. Cependant, la réussite de cette stratégie dépendra en grande partie de la capacité du pays à sécuriser ses infrastructures et à attirer des partenariats internationaux.
« Cet accord s'inscrit dans les ambitions de Bagdad d'augmenter la production de pétrole et de gaz » — a déclaré le ministre irakien du Pétrole, Bassem Khodeir.
Un secteur énergétique en reconstruction
L'accord avec Halliburton s'ajoute à une série d'initiatives visant à moderniser le secteur pétrolier irakien. La reconstruction des infrastructures endommagées par des décennies de conflits reste un défi majeur, mais les autorités misent sur des partenariats avec des acteurs internationaux pour y parvenir. Ali al-Zaïdi a indiqué vouloir créer un environnement favorable aux investissements étrangers, notamment en sécurisant les routes d'exportation et en modernisant les installations de production.
Cependant, le succès de cette stratégie dépendra de plusieurs facteurs, dont la stabilité régionale et la capacité à maintenir des niveaux de production élevés. Avec des objectifs ambitieux et des défis persistants, l'Irak devra concilier croissance économique et gestion prudente de ses ressources.
L'Irak tire 90 % de ses recettes budgétaires des exportations de pétrole. Après des années de conflits et de dévastation des infrastructures, le pays cherche à reconstruire son économie et à attirer des investissements étrangers. Augmenter la production lui permettrait de générer davantage de revenus et de financer des projets de reconstruction.
La guerre a perturbé les exportations et endommagé les infrastructures pétrolières. Cependant, une relative stabilisation des routes maritimes, comme le détroit d'Ormuz, ainsi que la décision de l'OPEP+ de relever les quotas de production, offrent une opportunité pour Bagdad de relancer son secteur énergétique et d'augmenter ses exportations.