« Nous pouvons revenir aux niveaux de production antérieurs d’ici un à deux mois », a annoncé Salim Farhoud, porte-parole du ministère irakien du Pétrole, vendredi 20 juin 2026, cité par l’agence de presse officielle irakienne INA. Cette déclaration intervient alors que Bagdad table sur une reprise progressive de ses exportations de brut, perturbées depuis le début du conflit au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz, axe stratégique pour le transport maritime du pétrole.
Selon BFM Business, cette reprise dépendra largement de la fluidité du trafic dans le détroit d’Ormuz, dont la réouverture partielle a été actée cette semaine après la signature d’un protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran. Avant le déclenchement de la guerre fin février 2026, l’Irak, membre fondateur de l’OPEP, exportait en moyenne 3,5 millions de barils de pétrole par jour, principalement via le détroit d’Ormuz. La fermeture de cet axe maritime, couplée à l’interruption de la production dans la plupart de ses champs pétroliers – les réservoirs étant saturés –, a contraint le pays à réduire drastiquement ses exportations.
Ce qu'il faut retenir
- L’Irak prévoit un retour à sa production pétrolière d’avant-guerre d’ici un à deux mois, selon le porte-parole du ministère du Pétrole, Salim Farhoud.
- Avant le conflit, le pays exportait 3,5 millions de barils par jour, principalement via le détroit d’Ormuz.
- Les exportations via ce détroit sont tombées à 10 millions de barils en avril 2026, contre une moyenne de 93 millions avant la guerre.
- La réouverture partielle du détroit d’Ormuz, actée cette semaine, conditionne la reprise des exportations irakiennes.
- Les revenus pétroliers représentent environ 90 % des recettes de l’État irakien.
Un effondrement des exportations lié au conflit et au blocage du détroit d’Ormuz
Le conflit au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran ont provoqué un effondrement des exportations irakiennes de pétrole, plongeant le pays dans une crise énergétique et économique. Avant la guerre, les trois quarts des exportations irakiennes transitaient par cette voie maritime, où transitent environ 20 % du pétrole mondial. La fermeture de cet axe, couplée à la saturation des réservoirs de stockage, a forcé Bagdad à suspendre la production dans la plupart de ses champs pétroliers, limitant les exportations aux routes terrestres passant par la Turquie et la Syrie.
« La capacité de production de certains champs pétroliers qui avait été réduite a commencé à être augmentée », a précisé Salim Farhoud, soulignant que la reprise dépendra de la levée progressive des restrictions. Le ministre irakien du Pétrole, Bassem Khodeir, a quant à lui indiqué que les exportations reprendraient « progressivement en fonction de la fluidité du trafic dans le détroit d’Ormuz ». Cette dépendance aux routes terrestres, bien que fonctionnelle, ne permet pas de compenser les volumes exportés historiquement via le détroit d’Ormuz.
Les conséquences économiques d’un arrêt prolongé de la production
La chute drastique des exportations a des répercussions majeures sur l’économie irakienne, dont les revenus pétroliers représentent environ 90 % des recettes de l’État. En avril 2026, les exportations irakiennes via le détroit d’Ormuz sont tombées à 10 millions de barils, contre une moyenne de 93 millions avant la guerre, selon les autorités. Cette baisse s’ajoute à la chute des prix du pétrole sur les marchés mondiaux, amplifiée par les tensions géopolitiques et les prévisions revues à la baisse par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) la semaine dernière.
Le retour à une production normale est donc une priorité pour Bagdad, d’autant que le pays peine à diversifier son économie. « Les réservoirs étant saturés, l’Irak a été contraint d’interrompre la production dans la plupart de ses champs pétroliers », rappelle BFM Business. Cette situation illustre la vulnérabilité d’un pays dont les finances publiques reposent presque exclusivement sur les exportations d’or noir. Une reprise durable dépendra cependant de la stabilisation de la situation géopolitique et de la pleine réouverture du détroit d’Ormuz.
Un protocole d’accord entre Washington et Téhéran pour une réouverture partielle
La réouverture partielle du détroit d’Ormuz, effective depuis cette semaine, constitue une avancée majeure pour l’Irak, bien que les négociations en vue d’une paix durable entre les États-Unis et l’Iran restent en suspens. Signé ce week-end, le protocole d’accord a permis une levée partielle des restrictions maritimes, autorisant à nouveau le transit de certains navires pétroliers. Cette mesure devrait permettre à Bagdad de relancer progressivement ses exportations, même si le trafic reste sous haute surveillance.
« Le détroit d’Ormuz a commencé à rouvrir cette semaine après la signature du protocole d’accord entre l’Iran et les États-Unis », confirme BFM Business. Cependant, les pourparlers en vue d’un accord de paix définitif ont été reportés, laissant planer une incertitude sur l’avenir de la région. Dans ce contexte, l’Irak mise sur une reprise rapide de sa production pour limiter l’impact économique du conflit. « Nous pouvons revenir aux niveaux de production antérieurs d’ici un à deux mois », a réaffirmé Salim Farhoud, sans pour autant garantir une reprise immédiate des exportations à pleine capacité.
Pour l’instant, Bagdad mise sur une augmentation progressive des exportations via les routes terrestres, en attendant une pleine réouverture du détroit d’Ormuz. Les prochaines semaines seront donc déterminantes pour évaluer la solidité de cette reprise et ses conséquences sur les marchés mondiaux de l’énergie.
Le détroit d’Ormuz est le principal point de passage du pétrole irakien vers les marchés internationaux. Avant le conflit, environ 75 % des exportations irakiennes transitaient par cette voie maritime, qui voit passer près de 20 % du pétrole mondial. Sa fermeture a donc paralysé les exportations du pays, forçant Bagdad à se rabattre sur des routes terrestres moins efficaces.
Les revenus pétroliers représentent environ 90 % des recettes de l’État irakien. La chute des exportations – passées de 93 millions de barils par mois avant la guerre à 10 millions en avril 2026 – a donc un impact majeur sur les finances publiques. Cette situation aggrave une crise économique déjà existante, dans un pays où la diversification économique reste limitée.