La justice iranienne a définitivement rejeté l’appel du cinéaste dissident Jafar Panahi, condamné en décembre 2025 à un an de prison pour « propagande contre l’État », comme l’a annoncé dimanche 7 juin 2026 son avocat, selon France 24.

Cette confirmation intervient alors que les autorités judiciaires iraniennes maintiennent leur ligne répressive à l’encontre des figures culturelles critiquant le régime. Jafar Panahi, figure majeure du cinéma iranien, avait été jugé par contumace, une procédure qui souligne l’absence de possibilité pour l’accusé de se défendre en personne devant les tribunaux. Son avocat, Me Mohammad Moghimi, a indiqué que la décision était désormais « irrévocable » et que les autorités judiciaires avaient refusé toute forme de recours supplémentaire.

Ce qu'il faut retenir

  • Le cinéaste Jafar Panahi a été condamné en décembre 2025 à un an de prison pour « propagande contre l’État » par la justice iranienne.
  • La peine a été confirmée en appel le 7 juin 2026, rendant la condamnation « irrévocable », selon son avocat.
  • Panahi a été jugé par contumace, une procédure qui empêche sa présence physique lors du procès.
  • Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une répression accrue contre les dissidents et les intellectuels en Iran.

Une condamnation aux motivations politiques

La condamnation de Jafar Panahi s’ajoute à une longue liste de poursuites judiciaires engagées contre les artistes et les intellectuels iraniens. Le cinéaste, connu pour son engagement en faveur des droits humains et pour ses films critiquant le système politique iranien, avait déjà purgé plusieurs peines de prison par le passé. En 2022, il avait été arrêté lors des manifestations liées à la mort de Mahsa Amini, avant d’être libéré sous caution quelques mois plus tard.

Cette fois-ci, l’accusation de « propagande » repose sur des déclarations publiques et des prises de position jugées subversives par les autorités. Son avocat a dénoncé une « instrumentalisation de la justice » à des fins politiques, rappelant que les chefs d’accusation n’ont jamais été clairement définis. « La justice iranienne utilise des lois floues pour museler la liberté d’expression », a-t-il déclaré à France 24.

Un cinéaste sous surveillance constante

Jafar Panahi, lauréat du Lion d’Or à Venise en 2015 pour son film Taxi, est une figure emblématique de la résistance culturelle en Iran. Depuis des années, il est soumis à des restrictions de mouvement, à des interdictions professionnelles et à des pressions constantes de la part des autorités. En 2010, il avait déjà été condamné à six ans de prison, assortis d’une interdiction de réaliser des films pendant vingt ans – une peine partiellement suspendue après une grève de la faim.

Son dernier film, No Bears, sorti en 2022, avait été présenté dans plusieurs festivals internationaux malgré l’interdiction de projection en Iran. Ce long-métrage, qui aborde les thèmes de la censure et de l’exil, avait valu à Panahi de nouvelles critiques de la part des autorités iraniennes, qui l’accusaient de « salir l’image du pays ».

Et maintenant ?

La confirmation de cette peine de prison ouvre désormais la voie à une exécution de la condamnation, bien que les modalités pratiques restent floues. Panahi, qui réside actuellement en Iran, pourrait être arrêté à tout moment pour purger sa peine, bien que des sources proches du dossier évoquent des risques de pression accrue pour le forcer à quitter le pays. Les organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International, appellent la communauté internationale à exercer des pressions sur Téhéran pour obtenir l’abandon des charges et la libération immédiate du cinéaste.

Une audience devant le Comité des droits de l’homme de l’ONU, prévue en septembre 2026, pourrait relancer le débat sur la situation des prisonniers politiques en Iran. Reste à voir si cette condamnation servira de levier pour des négociations plus larges entre Téhéran et les instances internationales.

La situation de Jafar Panahi illustre une fois de plus les tensions persistantes entre la liberté artistique et le contrôle exercé par les autorités iraniennes sur la société civile. Alors que le régime maintient sa politique de répression, les soutiens internationaux au cinéaste pourraient jouer un rôle clé dans les prochains mois.

Le cinéaste a été condamné pour « propagande contre l’État », un chef d’accusation souvent utilisé en Iran pour réprimer les dissidents et les critiques du régime. Selon son avocat, les charges reposent sur des déclarations publiques et des prises de position jugées subversives, bien que les motifs exacts n’aient jamais été clairement précisés.