À 31 ans, la judokate française Margaux Pinot, championne du monde en 2024 chez les -70 kg et médaillée d’or olympique par équipe mixte à Tokyo, a annoncé ce mardi mettre un terme à sa carrière sportive de haut niveau. Selon RMC Sport, sa décision s’appuie sur un cumul de blessures récurrentes, une baisse de motivation et la volonté de retrouver un équilibre de vie en dehors des tatamis.

Ancienne figure du judo français, Margaux Pinot laisse derrière elle une carrière jalonnée de succès. Entre ses titres européens (2019 et 2020), son sacre mondial en 2024 et la médaille d’or par équipes aux Jeux de Tokyo, la championne aura marqué l’histoire de son sport. Son palmarès inclut également une finale mondiale perdue en 2017, un combat resté gravé dans sa mémoire pour sa longueur et son intensité.

Ce qu'il faut retenir

  • 31 ans : l’âge auquel Margaux Pinot raccroche le kimono après une carrière marquée par deux titres mondiaux et une médaille olympique.
  • Championne du monde 2024 en -70 kg et championne olympique par équipe mixte à Tokyo en 2021.
  • Blessures récurrentes : deux opérations au coude et des douleurs persistantes ayant pesé dans sa décision.
  • Baisse de motivation : l’absence de plaisir sur les tatamis et la crainte de voir ses performances décliner ont accéléré sa retraite.
  • Palmarès complet : titres européens (2019, 2020), médaille d’or par équipe aux JO, finale mondiale perdue en 2017.
  • Projets futurs : la jeune retraitée, diplômée en STAPS, naturopathie et phytothérapie, envisage une reconversion dans le sport et le bien-être.

Une carrière forgée par les défis physiques et mentaux

La décision de Margaux Pinot intervient après des années de sacrifices et de résilience. Comme elle l’explique à RMC Sport, « c’est un peu tout qui a dit stop » : les blessures, notamment deux opérations au coude, ont érodé sa capacité à performer au plus haut niveau. « Quand tu te fais opérer deux fois du coude et que tu ressens encore des douleurs, tu te poses des questions », confie-t-elle. Pour une athlète aussi exigeante envers elle-même, l’idée de voir ses résultats décliner sans avoir tout donné l’a poussée à prendre sa retraite.

Son mental, souvent cité comme l’un de ses atouts majeurs, a également été mis à l’épreuve. Margaux Pinot évoque une persévérance « folle » et une résilience qui lui ont permis de revenir systématiquement à son niveau après chaque échec. « Je mets toutes les chances de mon côté pour réussir, ce qui fait que si j’échoue, au moins, je n’aurai pas le regret de ne pas m’être assez entraînée », précise-t-elle. Elle cite également l’influence de ses coéquipières, comme Clarisse Agbegnenou ou Marie-Ève Gahié, qui l’ont poussée à se dépasser.

Un titre mondial en 2024 et le lâcher-prise comme clé de la réussite

Parmi les moments forts de sa carrière, Margaux Pinot cite son titre mondial remporté en 2024. Une victoire inattendue, survenue à un moment où elle ne s’y attendait plus. « Ce n’était pas une saison où j’avais de super résultats. J’étais dans le lâcher-prise », explique-t-elle. Sans pression, elle affirme avoir performé à son meilleur niveau, notamment lors du Grand Slam de Paris 2022 ou lors de son premier titre européen. « Sans pression, je m’exprimais encore mieux. »

Ce titre mondial a pris une dimension particulière pour elle, survenu en fin de carrière. « C’est une sorte d’aboutissement », confie-t-elle, évoquant aussi l’inauguration récente de son dojo, un projet qui lui tenait à cœur depuis son enfance. « Ce que je retiens, c’est vraiment le titre, il est pour moi, il est dans mon cœur. Le cadre, c’est un plus. »

L’équipe de France et les compétitions majeures

Margaux Pinot a également brillé avec l’équipe de France, notamment lors des Jeux olympiques de Tokyo en 2021, où les Bleus ont remporté l’or en compétition mixte face au Japon. Un moment collectif fort, même si la judokate reconnaît que les relations au sein de l’équipe n’ont pas toujours été simples. « On ne va pas se mentir, dans une équipe, il y a forcément des petits différends », admet-elle. « Mais ça n’enlève pas les souvenirs que j’ai pu avoir en équipe. » Elle évoque notamment le dernier championnat du monde par équipes, un souvenir qui restera gravé.

En revanche, les Jeux de Los Angeles, initialement prévus en 2028, semblent désormais hors de portée pour la Française. « Ça paraissait trop loin », explique-t-elle, évoquant ses problèmes persistants au coude et l’absence d’un soutien sportif adapté à ses besoins. « Je ne me sens pas assez entourée dans ma carrière au niveau sportif pour aller jusqu’à Los Angeles. Et comme je le disais, l’envie s’est un peu érodée. »

Une reconversion dans le sport et le bien-être

Diplômée en STAPS, détentrice d’un DEJEPS et ancienne pilote au sol, Margaux Pinot a également suivi des formations en naturopathie et phytothérapie. Une polyvalence qui pourrait lui ouvrir de nouvelles perspectives. « Dans un premier temps, je voulais assurer mes arrières, d’où mon bagage de diplômes », explique-t-elle. Aujourd’hui, elle cherche à créer un lien entre ses différentes expériences, notamment dans les domaines du sport et du bien-être.

Interrogée sur une éventuelle carrière d’entraîneur, elle reste ouverte à l’idée, mais insiste sur la nécessité d’un projet cohérent. « Si j’ai des opportunités judo avec des projets qui me paraissent cohérents, pourquoi pas ? » précise-t-elle, tout en soulignant qu’elle n’a pas encore d’expérience en tant qu’entraîneur. Son objectif ? « Continuer à faire du sport et profiter de la vie », tout en transmettant son savoir.

Et maintenant ?

Margaux Pinot ne prévoit pas de quitter totalement le monde du judo. Elle pourrait s’investir dans des projets liés à son sport, notamment en tant que consultante ou formatrice, tout en explorant des pistes dans le bien-être et la naturopathie. Une transition progressive, qui lui permettra de concilier ses passions et ses compétences. Pour l’instant, aucune annonce officielle n’a été faite concernant ses futures activités, mais son expérience et ses diplômes pourraient lui ouvrir plusieurs portes.

En attendant, la championne devrait continuer à s’entraîner et à partager sa passion pour le judo, tout en profitant de cette nouvelle étape de sa vie. Son héritage sportif reste intact : deux titres mondiaux, une médaille d’or olympique et une carrière marquée par le dépassement de soi.

Margaux Pinot n’a pas encore annoncé de projet précis, mais elle évoque une reconversion dans le sport et le bien-être, en lien avec ses diplômes en STAPS, naturopathie et phytothérapie. Elle pourrait également s’investir dans des projets liés au judo, comme la formation ou le coaching, tout en continuant à pratiquer son sport.

Non. La championne a indiqué à RMC Sport qu’elle ne regrettait rien de sa carrière, soulignant qu’elle avait tout donné et que ses médailles comblaient les rêves de son enfance. Elle a notamment évoqué l’absence d’une médaille olympique individuelle, mais a précisé : « Je ferai sans ».