Le porte-parole du collectif Bassines non merci, Julien Le Guet, a été condamné à une peine de six mois de prison avec assignation à résidence sous bracelet électronique par la cour d’appel de Poitiers (Vienne). Cette décision, rendue mercredi 6 mai 2026, intervient dans le cadre d’un procès lié aux actions menées contre les mégabassines en Nouvelle-Aquitaine, rapporte Reporterre.

Ce qu’il faut retenir

  • Julien Le Guet, figure du collectif Bassines non merci, écope de six mois de prison aménagée sous forme d’assignation à résidence avec bracelet électronique.
  • La condamnation intervient pour des faits incluant « participation à un groupement », « menace de destruction », « vol d’une pelle » et « inscriptions sur un panneau ».
  • Cette peine est la plus lourde jamais prononcée à son encontre, selon ses propres déclarations.
  • Le délibéré a été rendu par la cour d’appel de Poitiers, dans le département de la Vienne.

Une condamnation historique dans le dossier des mégabassines

Pour Julien Le Guet, la sentence de mercredi 6 mai marque un tournant dans les procédures judiciaires entourant les mobilisations contre les mégabassines. « C’est la peine la plus lourde jamais prononcée à mon encontre », a-t-il réagi à l’annonce du délibéré, soulignant l’ampleur de cette décision judiciaire. Selon Reporterre, les faits retenus remontent à des actions menées dans le cadre de la lutte contre ces infrastructures jugées néfastes pour l’environnement et les ressources en eau.

Le collectif Bassines non merci, dont il est le porte-parole, milite depuis plusieurs années contre la construction de ces bassines destinées au stockage d’eau pour l’agriculture intensive. Les tensions autour de ces projets ont régulièrement dégénéré, donnant lieu à des procédures judiciaires contre leurs opposants.

Les charges retenues contre Julien Le Guet détaillées

Les chefs d’accusation retenus par la cour d’appel de Poitiers couvrent plusieurs infractions. D’après les éléments rapportés par Reporterre, Julien Le Guet a été condamné pour sa « participation à un groupement » en lien avec des actions collectives contre les mégabassines. Des actes de « menace de destruction » ainsi que le « vol d’une pelle » et des « inscriptions sur un panneau » ont également été retenus à son encontre.

Ces faits, bien que considérés comme mineurs par certains observateurs, ont été qualifiés de manière stricte par la justice, reflétant la fermeté des autorités face aux mouvements de contestation. Aucune précision n’a été apportée sur la nature exacte des inscriptions ou des menaces évoquées, ni sur les circonstances précises des faits incriminés.

Un contexte de tensions persistantes autour des mégabassines

Les mégabassines, infrastructures destinées à stocker l’eau pour l’irrigation des terres agricoles, cristallisent depuis des années les oppositions en Nouvelle-Aquitaine. Leurs détracteurs, parmi lesquels figurent des associations écologistes et des collectifs locaux, dénoncent leur impact sur les nappes phréatiques et leur contribution à un modèle agricole non durable. En réponse, les partisans de ces projets mettent en avant la nécessité de sécuriser les ressources en eau pour faire face aux sécheresses récurrentes.

Les actions de blocage et les mobilisations contre ces infrastructures se sont multipliées ces dernières années, entraînant des affrontements avec les forces de l’ordre et des procédures judiciaires à l’encontre de leurs organisateurs. La condamnation de Julien Le Guet s’inscrit dans ce contexte de tensions, où chaque camp campe sur ses positions.

Et maintenant ?

Cette condamnation pourrait renforcer les débats autour de la légitimité des actions menées par les opposants aux mégabassines. La prochaine étape judiciaire pourrait concerner d’autres membres du collectif, voire d’autres mobilisations similaires dans d’autres régions. Reste à voir si cette décision servira de levier pour accélérer les discussions sur l’avenir de ces infrastructures ou, au contraire, alimentera les tensions existantes. Une date précise n’a pas encore été communiquée pour d’éventuels recours ou nouvelles auditions.

Julien Le Guet, de son côté, n’a pas encore précisé s’il comptait faire appel de cette décision. Son avocat n’a pas immédiatement réagi à l’annonce de la peine.

À ce stade, le collectif n’a pas encore communiqué de stratégie précise. Une décision pourrait être prise lors d’une réunion interne dans les prochains jours, notamment pour envisager d’éventuels recours ou des actions de mobilisation supplémentaires.