L'entreprise française spécialisée dans l'analyse de données blockchain, Kaiko, a annoncé le 20 mai 2026 l'acquisition de Cometh, une infrastructure de finance décentralisée (DeFi) déjà licenciée au titre du règlement européen MiCA. Selon Cryptoast, cette opération permet à Kaiko de disposer d'une licence européenne pour proposer des services d'infrastructure de données régulés, une première dans le secteur.

Ce qu'il faut retenir

  • Kaiko acquiert Cometh, une infrastructure DeFi licenciée MiCA, pour renforcer son offre d'analyse de données blockchain régulées
  • Cette acquisition donne à Kaiko le statut de « seul fournisseur indépendant et régulé MiCA d'infrastructure de données de bout en bout pour les actifs numériques »
  • Les clients institutionnels pourront désormais accéder à des oracles et solutions d'exécution conformes aux normes européennes
  • Les équipes de Cometh contribueront à approfondir les recherches sur Ethereum, ses solutions de couche 2 et d'autres réseaux institutionnels comme Canton et Stellar
  • Elodie de Marchi-Chouard, COO de Kaiko, a salué cette avancée pour répondre aux besoins croissants en infrastructures conformes pour les marchés de capitaux onchain

Une stratégie pour répondre aux exigences réglementaires européennes

Kaiko, reconnu pour ses outils d'analyse et de données sur les actifs numériques, a identifié un besoin croissant de la part des institutions financières opérant avec des produits tokenisés, des stablecoins ou des dérivés sur des réseaux distribués. Ces acteurs recherchent désormais des oracles et des capacités d'exécution alignés sur les standards de la finance traditionnelle, une demande que le règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets) formalise depuis son entrée en vigueur progressive.

En acquérant Cometh, Kaiko évite les étapes administratives longues et coûteuses nécessaires à l'obtention d'une licence MiCA. Cometh, déjà en conformité avec le cadre réglementaire européen, apporte ainsi à Kaiko une base solide pour développer des solutions adaptées aux institutions financières souhaitant opérer dans l'Union européenne. « Les clients institutionnels ont besoin de solutions d'infrastructure de données fluides et conformes pour déployer des applications de marchés de capitaux onchain », a expliqué Elodie de Marchi-Chouard, COO de Kaiko, dans un communiqué.

Un renforcement technique et une diversification des écosystèmes analysés

L'intégration des équipes de Cometh ne se limite pas à l'aspect réglementaire. Selon Cryptoast, ces ressources seront mobilisées pour approfondir l'analyse des principaux écosystèmes blockchain, notamment Ethereum et ses solutions de couche 2 comme Arbitrum ou Optimism. Les réseaux institutionnels tels que Canton (utilisé pour les registres privés) et Stellar seront également étudiés de près, afin d'offrir aux clients une couverture élargie des infrastructures blockchain adaptées aux besoins professionnels.

Cette acquisition s'inscrit dans une logique d'expansion pour Kaiko, qui se présente désormais comme « le seul fournisseur indépendant et régulé MiCA d'infrastructure de données de bout en bout pour les actifs numériques ». Une position unique qui pourrait attirer une clientèle institutionnelle en quête de conformité et de fiabilité, un segment en forte croissance depuis l'adoption du règlement MiCA en 2024.

MiCA : un levier pour l'adoption institutionnelle des actifs numériques

Le règlement MiCA, entré en vigueur par étapes depuis 2024, vise à encadrer les actifs numériques en Europe et à renforcer la protection des investisseurs. Pour les acteurs comme Kaiko, cette régulation ouvre la voie à une adoption plus large des technologies blockchain par les institutions financières traditionnelles. Ces dernières, auparavant réticentes en raison de l'absence de cadre clair, peuvent désormais s'appuyer sur des infrastructures certifiées pour intégrer des actifs tokenisés ou des solutions DeFi dans leurs processus opérationnels.

L'acquisition de Cometh par Kaiko illustre cette dynamique : en combinant expertise technique et conformité réglementaire, l'entreprise française se positionne comme un acteur clé pour les marchés de capitaux onchain. « Avec Cometh, Kaiko dispose de la profondeur technique et des fondations réglementaires pour répondre à cette demande à grande échelle », a précisé Elodie de Marchi-Chouard.

Et maintenant ?

Dans les mois à venir, Kaiko devrait accélérer le déploiement de ses solutions régulées, en ciblant particulièrement les banques, les gestionnaires d'actifs et les plateformes d'échange souhaitant se conformer à MiCA. Une intégration progressive des outils de Cometh est attendue d'ici la fin 2026, avec une montée en puissance des services d'oracles et d'analyse de données pour les réseaux Ethereum et ses alternatives institutionnelles. Reste à voir si cette stratégie permettra à Kaiko de consolider sa position de leader face à des concurrents comme Chainalysis ou Glassnode, qui développent également des offres adaptées aux exigences réglementaires.

Cette acquisition marque une étape importante pour l'écosystème crypto européen, où la régulation devient un critère de différenciation pour les acteurs souhaitant attirer une clientèle institutionnelle. Pour Kaiko, l'enjeu sera désormais de transformer cette opportunité réglementaire en un avantage commercial durable, tout en maintenant l'indépendance qui caractérise son modèle.

Le règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets) est un cadre réglementaire européen entré en vigueur progressivement depuis 2024. Il vise à encadrer les actifs numériques en Europe, en définissant des règles pour les émetteurs de stablecoins, les plateformes d'échange et les prestataires de services liés aux cryptomonnaies. Son objectif est de renforcer la protection des investisseurs et de favoriser l'innovation tout en garantissant la stabilité financière. Pour les acteurs comme Kaiko, MiCA offre un cadre clair pour développer des infrastructures conformes et attirer une clientèle institutionnelle.