Pour la première fois depuis son lancement, le sommet Afrique-France « Africa Forward » se tient dans un pays africain anglophone. Selon France 24, les 11 et 12 mai 2026, le Kenya accueille cet événement dédié à l’économie et aux investissements, alors que Paris cherche à consolider sa présence dans une région où les enjeux géopolitiques s’intensifient. Autant dire que cette édition kényane s’inscrit dans une stratégie plus large de la France pour affirmer son rôle en Afrique, face à des concurrents comme la Chine ou les États-Unis.

Ce qu'il faut retenir

  • Le sommet « Africa Forward » se déroule pour la première fois au Kenya, un pays anglophone, les 11 et 12 mai 2026.
  • L’événement est axé sur l’économie et les investissements, mais aussi sur le renforcement de l’influence culturelle française.
  • Le Kenya, où la France mise principalement sur la culture pour contrer la concurrence chinoise et américaine, est un partenaire stratégique en Afrique de l’Est.

Un sommet inédit dans un pays anglophone

Organisé par la France, le sommet « Africa Forward » a généralement lieu dans des pays francophones. Pourtant, cette édition 2026 marque une exception : elle se tient à Nairobi, la capitale kényane. Selon France 24, cette décision reflète une volonté de diversifier les partenariats africains de Paris, notamment dans une région où l’anglais domine. Le choix du Kenya n’est pas anodin : ce pays, locomotive économique de l’Afrique de l’Est, est perçu comme un acteur clé pour l’avenir du continent.

Sur place, les autorités françaises devraient mettre en avant les atouts culturels de leur pays. Alors que les échanges économiques avec l’Afrique restent dominés par la Chine et les États-Unis, la France mise sur un soft power moins médiatisé mais tout aussi stratégique : la culture. À travers des initiatives comme l’Alliance française ou des partenariats éducatifs, Paris espère renforcer son image auprès des populations locales.

La culture, un levier d’influence face à la concurrence internationale

Si les liens économiques entre la France et le Kenya restent limités comparés à ceux de Pékin ou Washington, les autorités françaises misent sur des secteurs où elles disposent d’un avantage comparatif. « La culture est un outil puissant pour créer des liens durables avec les populations », a déclaré un diplomate français sous couvert d’anonymat. Selon France 24, cette approche vise à contrebalancer l’influence économique croissante de la Chine, qui multiplie les investissements dans les infrastructures kényanes, ou des États-Unis, très actifs dans les domaines technologique et militaire.

Le Kenya, avec son dynamisme entrepreneurial et sa position géostratégique, représente un terrain idéal pour tester cette stratégie. Les organisateurs du sommet ont prévu des ateliers dédiés à la coopération culturelle, ainsi que des rencontres entre artistes, entrepreneurs et responsables politiques. Objectif : montrer que la France ne se contente pas de vendre des produits ou des services, mais qu’elle participe aussi à l’épanouissement des sociétés africaines.

Un contexte africain marqué par la rivalité des puissances

L’Afrique de l’Est, et le Kenya en particulier, est devenue un champ de bataille pour l’influence des grandes puissances. D’un côté, la Chine étend son empreinte via des prêts massifs pour des projets d’infrastructures, comme la ligne de chemin de fer Mombasa-Nairobi. De l’autre, les États-Unis renforcent leur présence militaire et technologique, notamment à travers des partenariats sécuritaires avec des pays comme Djibouti ou l’Éthiopie. Face à ces géants, la France doit trouver sa place.

Pourtant, Paris dispose d’atouts non négligeables. Son réseau d’Alliances françaises, présent dans tout le pays, et son statut de membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU lui donnent une légitimité internationale. « Le Kenya a besoin de partenaires diversifiés », a souligné un responsable kényan lors d’une conférence de presse préparatoire. Selon France 24, cette édition du sommet pourrait donc servir de catalyseur pour des projets concrets, allant de la formation professionnelle à la promotion de la francophonie.

Et maintenant ?

Si les discussions lors du sommet « Africa Forward » restent principalement économiques, les observateurs s’attendent à ce que la question culturelle soit mise en avant. D’ici la fin de l’année 2026, la France pourrait annoncer de nouveaux partenariats avec le Kenya, notamment dans les secteurs de l’éducation et du tourisme. Reste à voir si cette stratégie portera ses fruits face à une concurrence aussi agressive que celle de Pékin ou Washington.

Quoi qu’il en soit, cette édition kényane du sommet marque un tournant dans la diplomatie française en Afrique. Alors que les défis sécuritaires et économiques s’accumulent sur le continent, Paris semble décidé à jouer la carte de la proximité culturelle pour se différencier. Une approche qui pourrait, à terme, redéfinir l’équilibre des forces en Afrique de l’Est.