Alors que l’administration Trump cherche à normaliser ses relations avec l’Iran, Pékin adopte une stratégie de temporisation, selon Le Figaro. En maintenant un conflit persistant au Moyen-Orient, la Chine espère détourner l’attention des États-Unis des tensions en mer de Chine et du détroit de Taïwan, tout en affaiblissant économiquement et militairement Taipei.
Ce qu'il faut retenir
- La Chine mise sur l’épuisement des ressources américaines au Moyen-Orient pour affaiblir Taïwan.
- Wang Yi, ministre chinois des Affaires étrangères, a mis en garde contre une prochaine phase de négociations « plus difficile » entre les États-Unis et l’Iran.
- Pékin réaffirme son soutien à des négociations de paix en Iran, tout en profitant de la situation pour renforcer sa position stratégique.
- Près de 50 % des approvisionnements pétroliers chinois proviennent du golfe Persique, rendant la stabilité de la région cruciale pour l’économie chinoise.
Un conflit prolongé au Moyen-Orient avantage la Chine
Depuis le début de la guerre israélo-américaine contre l’Iran, Pékin observe avec attention les développements régionaux. Selon Le Figaro, la Chine voit dans ce conflit un moyen de maintenir les États-Unis à distance de l’Asie-Pacifique. En immobilisant Washington au Moyen-Orient, Pékin limite sa capacité à soutenir Taïwan en cas de crise. Cette stratégie s’inscrit dans une logique de « lente strangulation » de l’île, comme l’analysent plusieurs experts en géopolitique.
Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a d’ailleurs rappelé cette position à la veille de la signature d’un nouvel accord entre les États-Unis et la République islamique. « La prochaine phase des négociations s’annonce plus difficile », a-t-il déclaré, soulignant les tensions persistantes dans la région. Pourtant, Pékin continue de clamer son soutien à une « paix durable » en Iran, une posture qui lui permet de préserver ses intérêts économiques tout en jouant un rôle d’arbitre.
L’Iran, un partenaire économique et stratégique pour la Chine
Pour Pékin, la stabilité du golfe Persique est une priorité absolue. Selon Le Figaro, près de la moitié des importations pétrolières chinoises proviennent de cette région. La réouverture du détroit d’Ormuz, axe maritime stratégique, représente donc une bonne nouvelle pour l’industrie manufacturière chinoise. Mais au-delà des enjeux économiques, Téhéran reste un allié clé dans la stratégie régionale de la Chine.
La guerre a offert à l’Iran un répit tactique et des enseignements stratégiques précieux. « Ceux qui… » — la phrase est inachevée dans l’article original, mais elle suggère que Pékin étudie les réactions américaines et leurs limites. Cette analyse pourrait servir de base à de futures manœuvres dans le détroit de Taïwan, où la Chine cherche à établir une domination militaire.
Taïwan, une cible dans l’ombre du conflit iranien
Alors que les États-Unis sont absorbés par la crise moyen-orientale, la Chine renforce sa pression sur Taïwan. Selon Le Figaro, l’armée chinoise, secouée par des purges internes, mise sur une approche progressive pour affaiblir l’île. En maintenant les États-Unis occupés ailleurs, Pékin espère réduire le soutien logistique et militaire que Washington pourrait apporter à Taipei en cas de conflit.
Cette stratégie s’inscrit dans un contexte de tensions accrues en mer de Chine méridionale, où la Chine multiplie les manœuvres militaires. Les purges au sein de l’armée chinoise, qui ont affaibli la chaîne de commandement, pourraient expliquer cette approche prudente. Pékin préfère éviter une confrontation directe avec Washington, tout en préparant le terrain pour une future unification avec Taïwan.
Réactions internationales et incertitudes
Les partenaires asiatiques de Washington observent avec inquiétude cette dynamique. À Singapour, l’administration américaine a récemment tenté de rassurer ses alliés en adoptant un ton plus conciliant face à Pékin. Pete Hegseth, envoyé spécial de Donald Trump, a d’ailleurs tempéré ses déclarations lors d’une tournée régionale. Mais pour l’instant, aucune mesure concrète n’a été prise pour désamorcer la crise.
Côté européen, la réouverture du détroit d’Ormuz est perçue comme une opportunité économique, mais aussi comme un risque géopolitique. L’Union européenne, qui dépend fortement des approvisionnements énergétiques du golfe Persique, reste prudente. La Commission européenne n’a pas encore réagi officiellement à la stratégie chinoise, mais les diplomates européens évoquent en privé la nécessité de « désescalader » les tensions.
En conclusion, la guerre au Moyen-Orient devient un levier stratégique pour Pékin. En maintenant le conflit, la Chine espère affaiblir Taïwan sans déclencher une crise ouverte. Mais cette approche pourrait aussi conduire à une escalade imprévisible, notamment si les États-Unis décident de recentrer leur politique sur l’Asie-Pacifique.
Pékin adopte une position ambiguë : officiellement, la Chine se dit favorable à une « paix durable » en Iran pour préserver ses intérêts économiques, notamment ses importations pétrolières. Mais en coulisses, elle profite de l’affaiblissement américain au Moyen-Orient pour renforcer sa pression sur Taïwan. Cette dualité lui permet de maintenir une image diplomatique tout en menant une stratégie de long terme, selon Le Figaro.