Selon Courrier International, l’observation des oiseaux séduit de plus en plus de jeunes, notamment parmi la génération Z, qui y voient une échappatoire au stress quotidien. Ce phénomène, en hausse depuis plusieurs années, reflète une tendance plus large au retour vers des activités physiques et analogiques, loin des écrans.
Ce qu'il faut retenir
- En Grande-Bretagne, près de 750 000 membres de la génération Z pratiqueraient l’observation d’oiseaux, soit une hausse de 1 088 % entre 2018 et 2026.
- L’ornithologie est accessible sans abonnement ni équipement coûteux : une paire de jumelles et une application suffisent.
- Ce loisir favorise la production de sérotonine et offre une parenthèse méditative dans un quotidien fragmenté.
- Les oiseaux sont observables partout, même en milieu urbain, comme dans les parcs ou près des stations de métro.
- L’engouement rappelle celui de Pokémon Go pendant la pandémie, avec une redécouverte des quartiers et de la nature.
Une activité simple et sans contraintes
Selon Urbania, un site canadien, l’ornithologie est perçue comme un loisir peu onéreux, zéro déchet et bucolique. Autrefois associé aux personnes âgées, ce passe-temps connaît un regain d’intérêt chez les jeunes. « Longtemps perçue comme une activité réservée aux personnes plus âgées, l’observation des oiseaux connaît pourtant une hausse de popularité chez les jeunes depuis quelques années », souligne le média. Ni abonnement, ni dossard, ni déplacement long ne sont nécessaires. Une paire de jumelles et une application de reconnaissance d’espèces suffisent pour commencer. « Même dans des endroits qu’on sous-estime complètement : devant chez soi, dans le stationnement d’un centre commercial ou près d’une station de métro », énumère Éloi, cité par Urbania.
Un remède contre le stress et la surcharge numérique
Pour beaucoup de jeunes, observer les oiseaux devient une échappatoire au stress. « Quand j’observe les oiseaux, je ne pense à rien d’autre : c’est un moment de paix et une manière de reprendre contact avec la nature et avec moi-même », explique Jess Painter, 24 ans, membre du Conseil des jeunes de la Société royale britannique pour la protection des oiseaux, dans un entretien accordé à la BBC. Ce loisir s’inscrit dans une volonté plus large de se détacher du numérique au profit d’activités physiques et analogiques. « Dans une époque où notre attention est constamment fragmentée, il y a quelque chose de presque méditatif dans le fait de rester immobile un moment pour écouter les sons autour de soi », ajoute Urbania.
Amir Khan, médecin et président de la Société royale pour la protection des oiseaux (RSPB), cité par la BBC, confirme cet effet apaisant : « Écouter le chant des oiseaux, en particulier quand ils chantent en chœur à l’aube, favorise la production de sérotonine et nous fait nous sentir bien. » Éloi, toujours cité par Urbania, résume cette sensation : « Ça permet de décrocher. D’oublier le stress de la vie. »
Un phénomène qui dépasse les frontières britanniques
L’attrait pour l’ornithologie n’est pas limité à la Grande-Bretagne. En Australie, par exemple, la ville de Sydney est surnommée la « ville aux oiseaux » en raison de la diversité de ses espèces. Un ibis blanc, surnommé le « poulet des poubelles » par les locaux, en est devenu l’emblème. « La plus grande ville d’Australie possède un superpouvoir rare : elle transforme les citadins en ‘hommes-oiseaux’ et les oiseaux en citadins », observe Urbania. Cette passion pour l’observation des oiseaux rappelle l’engouement pour Pokémon Go pendant la pandémie, où des millions de personnes ont redécouvert leur quartier en marchant et en prenant l’air. « Ça me fait penser à l’engouement pour le jeu ‘Pokémon Go’ pendant la pandémie. Tout le monde sortait, découvrait son quartier, marchait, prenait l’air… », se souvient Éloi.
Une passion qui a un nom : l’ornithologie
Derrière cette tendance se cache un terme précis : l’ornithologie, qui désigne l’étude scientifique des oiseaux. Mais pour les jeunes qui s’y adonnent, ce loisir va bien au-delà d’une simple discipline. « Peut-être que ce qui attire autant les jeunes dans l’ornithologie, c’est justement cette petite montée de dopamine ressentie lorsqu’on aperçoit enfin une espèce qu’on cherchait depuis longtemps », analyse Urbania. Entre les mésanges bleues, les grives musiciennes, les gobemouches gris ou les verdiers d’Europe, les espèces à observer sont nombreuses. « Mésange bleue, grive musicienne, gobemouche gris, fauvette à tête noire, mouette rieuse… : les noms des oiseaux chantent déjà », écrit Éloïse Duval dans ses observations.
Ce loisir offre aussi une beauté accessible à portée de regard. « Il y a quelque chose d’exaltant à poser longtemps ses yeux sur les cimes, dans l’espoir de voir surgir au bord du ciel le flanc jaune d’un Chloris chloris ou l’aile bleutée d’une Parus major (mésange charbonnière) », décrit-elle. Une activité qui allie simplicité, accessibilité et bienfaits psychologiques, tout en s’inscrivant dans une dynamique de reconnexion avec la nature.
« Ce phénomène illustre une quête de sens et de retour à l’essentiel, loin de la surstimulation numérique », analyse un observateur du secteur. Une tendance qui, si elle se confirme, pourrait redéfinir les loisirs des jeunes dans les années à venir.
Selon Urbania, il suffit d’une paire de jumelles et d’une application de reconnaissance d’espèces, disponibles gratuitement ou à moindre coût. Aucun abonnement ni équipement spécifique n’est nécessaire pour débuter.
Les oiseaux sont présents dans de nombreux espaces urbains : parcs, jardins, stationnements, abords des stations de métro, ou même devant chez soi. « Même dans des endroits qu’on sous-estime complètement », souligne Éloi dans ses observations.