En mai 2026, la Nasa a rendu publique une carte inédite révélant près de 6 000 exoplanètes identifiées dans la Voie lactée, dont une majorité issues des données du satellite Tess (Transiting Exoplanet Survey Satellite). Selon Futura Sciences, cette mosaïque céleste, assemblée à partir de 96 secteurs observés entre avril 2018 et septembre 2025, confirme 679 exoplanètes confirmées et recense 5 165 candidates, matérialisées respectivement par des points bleus et orange sur l’image. L’arc lumineux central représente le plan galactique, tandis que le Grand Nuage de Magellan apparaît en bas à gauche. Les zones noires, situées à l’intérieur de l’ovale, signalent les régions encore inexplorées par Tess.
Ce qu'il faut retenir
- 6 000 exoplanètes cartographiées dans la Voie lactée par la Nasa, dont 679 confirmées et 5 165 candidates.
- La carte couvre 96 secteurs observés entre avril 2018 et septembre 2025 par le satellite Tess.
- Tess a permis de détecter des planètes de toutes tailles, depuis des mondes semblables à Mercure jusqu’à des géantes plus grandes que Jupiter.
- Parmi ces exoplanètes, certaines se situent dans la zone habitable, où la présence d’eau liquide est possible.
- Le satellite a également étudié des jeunes étoiles, des galaxies et des astéroïdes proches de la Terre.
- Plus de 8 200 exoplanètes sont aujourd’hui répertoriées dans la Voie lactée, selon l’Encyclopédie des planètes extrasolaires.
Une mission ambitieuse : surveiller 200 000 étoiles pour traquer des mondes lointains
Lancé en avril 2018, le satellite Tess a pour mission principale de surveiller 200 000 étoiles afin d’y repérer d’éventuels transits planétaires, ces passages d’exoplanètes devant leur étoile hôte. Selon Futura Sciences, la méthode utilisée, dite des transits planétaires, consiste à mesurer les variations de luminosité des étoiles, signe potentiel de la présence d’une planète. Rebekah Hounsell, scientifique associée au projet Tess à l’Université du Maryland Baltimore County et au centre Goddard de la Nasa, a souligné l’ampleur des découvertes : « Au cours des huit dernières années, Tess est devenu un véritable torrent de découvertes en science des exoplanètes. Il nous a aidés à trouver des planètes de toutes tailles, depuis de minuscules mondes semblables à Mercure jusqu’à des planètes plus grandes que Jupiter. »
Parmi les résultats marquants, Tess a identifié des exoplanètes situées dans la zone habitable, une région où les conditions pourraient permettre la présence d’eau liquide à la surface. Une donnée cruciale dans la quête de vie extraterrestre. Allison Youngblood, également scientifique du projet Tess au centre Goddard, a ajouté : « Plus nous explorons le vaste jeu de données de Tess, notamment grâce à des algorithmes automatisés, plus nous découvrons de surprises. En plus des planètes, Tess nous a aidés à étudier des rivières de jeunes étoiles, à observer le comportement dynamique des galaxies et à surveiller des astéroïdes proches de la Terre. »
Une diversité planétaire qui interroge les scientifiques
Les exoplanètes révélées par Tess présentent une diversité surprenante, tant par leur taille que par leurs caractéristiques. Certaines pourraient être recouvertes de volcans, à l’image de la lune Io de Jupiter, tandis que d’autres seraient en train d’être englouties par leur étoile hôte. D’autres encore orbitent autour de deux étoiles, à l’instar de Tatooine dans l’univers de Star Wars. Ces découvertes alimentent les réflexions en exobiologie, cette discipline qui étudie la possibilité de vie extraterrestre. La variété des mondes observés questionne en effet le caractère exceptionnel ou non de la vie sur Terre.
Les méthodes de détection des exoplanètes se sont diversifiées depuis les années 1990. Aujourd’hui, les scientifiques distinguent principalement trois techniques : la méthode directe d’imagerie, la méthode des transits et la méthode des vitesses radiales. La première, bien que prometteuse, reste complexe en raison de la luminosité des étoiles qui masque souvent les planètes. La méthode des transits, utilisée par Tess, consiste à observer les baisses de luminosité d’une étoile lorsque une planète passe devant elle. Quant à la méthode des vitesses radiales, elle détecte les infimes mouvements d’une étoile causés par la gravité d’une planète en orbite.
Une carte céleste pour les explorateurs de demain
Bien que les voyages interstellaires à vitesse supraluminique relèvent encore de la science-fiction, cette carte des exoplanètes offre une première boussole aux futurs explorateurs. Elle localise des mondes potentiellement habitables, des géantes gazeuses ou des planètes rocheuses, comme celles de notre système solaire. Le communiqué de la Nasa rappelle que chaque point bleu ou orange représente une opportunité scientifique. Les candidates, au nombre de 5 165, devront être confirmées par des observations complémentaires, notamment grâce au télescope James-Webb, dont les capacités d’analyse spectrale permettront d’étudier leur atmosphère.
Parmi les exoplanètes les plus intrigantes, LP 791-18 d attire l’attention. De taille comparable à la Terre, elle pourrait abriter un volcanisme intense, similaire à celui d’Io. Les données de Tess suggèrent que cette planète pourrait être aussi active géologiquement, une caractéristique qui pourrait être confirmée par le James-Webb dans les années à venir. Ces observations pourraient révéler la présence de gaz volcaniques dans son atmosphère, une première pour une exoplanète.
Pour l’heure, cette carte des exoplanètes reste un outil précieux pour les chercheurs et les passionnés d’astronomie. Elle rappelle que notre galaxie, la Voie lactée, est un terrain de jeu bien plus vaste et diversifié qu’on ne l’imaginait il y a seulement quelques décennies. Elle pose aussi une question lancinante : parmi ces milliers de mondes, combien abritent-ils la vie ? La réponse, si elle existe, pourrait bien venir des télescopes de demain.
Tess utilise la méthode des transits, qui consiste à mesurer les variations de luminosité d’une étoile lorsque une planète passe devant elle. Ces baisses de luminosité, bien que minimes, sont détectables par les instruments du satellite. Selon Futura Sciences, cette technique a permis d’identifier des milliers de candidates et de confirmer près de 700 exoplanètes.
Les candidates identifiées par Tess devront être confirmées par des observations complémentaires, notamment grâce au télescope James-Webb. Les scientifiques étudieront ensuite leur atmosphère pour y chercher des traces d’eau, d’oxygène ou de gaz volcaniques, des indices potentiels de vie ou d’habitabilité.