Plus de 2 400 signatures en quelques jours. C’est le chiffre avancé mardi 19 mai 2026 par les auteurs de la pétition contre Vincent Bolloré, après un afflux massif de nouveaux signataires. Selon le Figaro, cette tribune, publiée initialement dans Libération et dénonçant un prétendu « projet civilisationnel » de l’homme d’affaires, a connu une croissance exponentielle en moins d’une semaine. La semaine précédente, le texte n’en comptait que 600, avant de dépasser les 2 000 dès le lundi 18 mai. Une mobilisation qui a poussé la ministre de la Culture, Catherine Pégard, à s’exprimer publiquement sur le sujet.

Ce qu'il faut retenir

  • La pétition anti-Bolloré est passée de 600 à 2 400 signatures en moins d’une semaine, selon le Figaro.
  • Contrairement à ce qu’affirment ses auteurs, la majorité des signataires ne sont pas des professionnels du cinéma.
  • Plusieurs producteurs et personnalités du secteur ont exprimé leur surprise face à la liste des signataires.
  • Un appel au boycott des salles UGC a été ajouté sans consultation préalable, suscitant des critiques.
  • La ministre de la Culture, Catherine Pégard, a réagi à cette mobilisation mardi 19 mai.

Une pétition qui s’élargit bien au-delà du cinéma

Si les médias ont surtout relayé les noms d’acteurs et de réalisateurs connus — parmi lesquels Blanche Gardin, Adèle Haenel, Juliette Binoche, Anna Mouglalis, Swann Arlaud, Charles Berling, Agathe Bonitzer ou Jean-Pascal Zadi —, la réalité est bien différente. Selon le Figaro, seuls quelques professionnels du cinéma figurent effectivement parmi les nouveaux signataires. Parmi eux, Laetitia Gonzalez, productrice à la tête des Films du Poisson et à l’origine de la série Etty sur Arte, ainsi qu’une scénariste anonyme citée par le quotidien.

Le texte, présenté comme une mobilisation unie du secteur cinématographique, s’avère en réalité bien plus diversifié. Travailleurs et travailleuses du sexe, producteurs télé, historiens de l’art, mais aussi des anonymes ont ainsi rejoint le mouvement. Une diversité qui interroge sur les motivations réelles des signataires, certains estimant que la pétition a été récupérée à des fins militantes.

Un appel au boycott des salles UGC ajouté sans concertation

Autre élément de controverse : l’ajout d’un appel au boycott des salles UGC, présentées comme liées à Vincent Bolloré. Selon le Figaro, cette initiative aurait été intégrée sans prévenir les premiers signataires. Une décision qui a suscité des critiques parmi les professionnels contactés par le quotidien, certains estimant que cette mesure pourrait nuire à l’unité du mouvement.

Parmi les signataires reconnus du secteur figurent également Jean-Michel Frodon, ancien rédacteur en chef des Cahiers du Cinéma, et Nicole Brenez, historienne du cinéma. Mais leur présence reste marginale face à l’afflux de nouveaux noms, dont beaucoup ne sont pas directement liés au 7ᵉ art.

La ministre de la Culture réagit à la pétition

Face à cette mobilisation, la ministre de la Culture, Catherine Pégard, a pris la parole mardi 19 mai. Sans donner de détails sur d’éventuelles mesures à venir, elle a rappelé l’importance du débat démocratique tout en soulignant que les accusations portées contre Vincent Bolloré relevaient de la sphère publique. Ses propos, rapportés par le Figaro, n’ont pas calmé les tensions, bien au contraire.

Dans le même temps, des voix s’élèvent pour dénoncer une instrumentalisation politique de la pétition. Certains producteurs, comme Gaëtan Bruel, ont appelé au calme, estimant qu’il était « factuellement faux de dire que Canal+ aurait renoncé à soutenir toute la diversité du cinéma ». Une déclaration qui illustre les divisions au sein même du secteur.

Et maintenant ?

La pétition pourrait continuer de grossir dans les prochains jours, d’autant que son succès initial a attiré l’attention des médias et des réseaux sociaux. Reste à savoir si les organisateurs parviendront à maintenir une cohérence dans leurs revendications, ou si le mouvement se dispersera au fil des semaines. Une chose est sûre : la polémique autour de Vincent Bolloré n’est pas près de s’éteindre.

Des réactions contrastées dans le milieu artistique

Si certains artistes ont choisi de s’engager publiquement, d’autres restent prudents. Juliette Binoche, l’une des premières signataires, n’a pas commenté l’évolution du texte, tandis que Raymond Depardon, également cité, n’a pas répondu aux sollicitations. Du côté des producteurs, les avis divergent : certains y voient une mobilisation légitime, d’autres une récupération militante.

Une chose est certaine : la pétition a révélé des fractures au sein du milieu culturel. Entre ceux qui dénoncent une ingérence dans la liberté artistique et ceux qui soutiennent une critique nécessaire des pouvoirs économiques, le débat est loin d’être clos. Et Vincent Bolloré, déjà au cœur de polémiques passées, pourrait bien devenir, une fois encore, le symbole de ces tensions.

Le texte a bénéficié d’une visibilité accrue sur les réseaux sociaux et dans les médias, attirant des signataires qui ne sont pas forcément liés au cinéma. Certains y voient une mobilisation contre un homme d’affaires perçu comme influent dans les médias, tandis que d’autres pourraient avoir été influencés par l’ajout tardif d’un appel au boycott des salles UGC.

Pour l’instant, aucun calendrier n’a été annoncé. Les organisateurs pourraient décider de maintenir la pression médiatique ou, au contraire, de recentrer leurs revendications. La ministre de la Culture a évoqué l’importance du débat, mais aucune mesure concrète n’a été évoquée.