La Somalie est actuellement à la croisée des chemins, selon Courrier International. Le mandat du président Hassan Cheikh Mohamud arrive à son terme le 15 mai, et le pays doit organiser une élection présidentielle aux modalités plus qu’incertaines.

Le président somalien, Hassan Cheikh Mohamud, a récemment participé à un sommet diplomatique à Antalya, en Turquie, le 17 avril 2026. Cependant, la Somalie est plongée dans une controverse survenue avec l’adoption d’une nouvelle Constitution, le 4 mars, vue comme une « victoire historique » par le gouvernement de Mogadiscio, rappelle Africanews.

Ce qu'il faut retenir

  • Le mandat du président Hassan Cheikh Mohamud arrive à son terme le 15 mai.
  • La Somalie doit organiser une élection présidentielle aux modalités plus qu’incertaines.
  • La nouvelle Constitution refonde l’entièreté du système électoral somalien.
  • L’opposition refuse de discuter avec le gouvernement fédéral.
  • Le président Hassan Cheikh Mohamud a invité l’opposition à une réunion consultative le 10 mai.

La controverse sur la nouvelle Constitution

La nouvelle Constitution permet l’élection au suffrage universel direct des députés et des sénateurs, au lieu d’un système indirect et clanique, avant la prochaine élection présidentielle. Cependant, les partis de l’opposition refusent fermement cette réforme, interrompant toute discussion avec le gouvernement fédéral.

Le passage du mandat présidentiel de quatre à cinq ans, prolongeant d’un an à compter de mai le mandat de Hassan Cheikh Mohamud, et consécutivement la durée du mandat des parlementaires, a également suscité une controverse. L’opposition ne l’entend pas de cette oreille, et le 2 mai, le Somalia’s Future Council a déclaré qu’à compter du 15 mai, le président ne serait plus qu’un « citoyen ordinaire » et qu’il ne reconnaîtrait plus son autorité.

Les négociations compromises

Le président Hassan Cheikh Mohamud a invité l’opposition à une réunion consultative le 10 mai pour tenter de trouver un accord sur le cadre électoral. Cependant, les responsables de l’opposition ont publié une déclaration qui accusait « une fois de plus » le gouvernement fédéral de « saper les processus démocratiques, de violer la Constitution et de mener des actions sécuritaires à motivation politique ».

L’opposition n’a pas encore répondu à l’invitation, qu’elle décrit comme une simple « formalité », le gouvernement fédéral étant en réalité « réticent à tout dialogue véritable ». Le gouvernement fédéral a publié le 3 mai un calendrier électoral sur Facebook, fixant la date des premières élections au 10 mai, ce qui risque de compromettre les négociations déjà prévues sur la feuille de route électorale.

Le test de l’État du Sud-Ouest

La Commission électorale nationale indépendante de Somalie a décidé que l’État du Sud-Ouest serait le premier État fédéré à voter, avec la tenue d’élections locales et parlementaires le 10 mai, suivies des élections à la chambre basse le 18 mai et de l’élection présidentielle de l’État le 23 mai.

Cette élection devrait permettre de remplacer l’ancien gouvernement du président de l’État du Sud-Ouest, Abdiaziz Laftagareen, destitué par le gouvernement fédéral après qu’il a rejeté la réforme constitutionnelle et organisé une élection présidentielle régionale contestée par Mogadiscio le 28 mars. L’armée fédérale somalienne a même pris le contrôle de la ville de Baidoa, capitale de l’État fédéré, le 30 mars.

Et maintenant ?

Les responsables politiques somaliens vont devoir se mettre d’accord sur les modalités électorales avant le 15 mai. Sans quoi le Conseil de l’avenir a déclaré qu’il serait amené à prendre des « mesures responsables pour préserver l’unité et la continuité de l’État », telles qu’un « gouvernement parallèle ».

La situation est tendue, et les prochaines semaines seront cruciales pour l’avenir de la Somalie. Le pays est toujours confronté à une menace insurrectionnelle majeure de la part du groupe Al-Chabab, affilié à Al-Qaida, qui continue de s’étendre dans les États proches de Mogadiscio.

La Somalie est à la croisée des chemins, et l’issue de cette élection présidentielle est incertaine. Les Somaliens attendent avec anxiété les prochaines échéances, espérant que leur pays pourra enfin trouver la stabilité et la paix après des années de conflits et d’instabilité.