La décision conjointe du Parti populaire européen (PPE) et de trois groupes d’extrême droite du Parlement européen, prise fin mars 2026, concernant les règles d’éloignement des exilés en situation irrégulière sur le territoire de l’Union européenne suscite une vive réaction parmi les élus écologistes. Selon Ouest France, les députés européens Mélissa Camara et Mounir Satouri, membres des Verts/ALE, dénoncent une alliance politique qu’ils jugent contraire aux valeurs démocratiques et humanistes de l’Europe. « Nous avons plus que jamais besoin d’une Europe qui porte haut et fort ses valeurs démocratiques et humanistes », ont-ils affirmé dans une tribune publiée ce vendredi 17 avril 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • Un vote conjoint du Parti populaire européen (PPE), de la droite, et de trois groupes d’extrême droite au Parlement européen a eu lieu fin mars 2026 sur les règles d’éloignement des exilés en situation irrégulière.
  • Les députés écologistes Mélissa Camara et Mounir Satouri dénoncent cette alliance pour son manque de respect des valeurs humanistes et démocratiques de l’UE.
  • Les élus appellent à une Europe plus protectrice des droits fondamentaux, alors que les mesures envisagées pourraient renforcer les expulsions vers des pays tiers.
  • Cette alliance politique marque une radicalisation des positions sur la question migratoire au sein des institutions européennes.

Un vote controversé qui interroge sur l’avenir de la politique migratoire européenne

Fin mars 2026, les négociations autour du Pacte européen sur la migration et l’asile ont abouti à un compromis entre le PPE, traditionnellement proche des positions des États membres les plus restrictifs, et des groupes d’extrême droite comme le groupe Identité et Démocratie (ID) ou les Conservateurs et Réformistes européens (ECR). Selon Ouest France, cette alliance a permis l’adoption de mesures plus strictes concernant l’éloignement des exilés, notamment vers des pays tiers considérés comme sûrs. « Ce vote montre une dérive inquiétante, où les droits fondamentaux des personnes en exil passent après les logiques sécuritaires », a déclaré Mélissa Camara, élue écologiste française.

Les critiques des Verts/ALE soulignent que ces nouvelles règles pourraient conduire à des expulsions vers des pays où les droits humains ne sont pas toujours garantis, en contradiction avec le droit international. La Commission européenne, pour sa part, a défendu ce compromis comme une avancée nécessaire pour réguler les flux migratoires. Pourtant, les associations de défense des droits des migrants, comme Amnesty International ou la Cimade, ont déjà alerté sur les risques de violations des droits humains que ces mesures pourraient engendrer.

Les Verts/ALE appellent à une mobilisation pour défendre les valeurs européennes

Dans leur tribune, Mélissa Camara et Mounir Satouri, qui représentent respectivement la France et l’Espagne au Parlement européen, insistent sur l’urgence de préserver l’héritage humaniste de l’Union. D’après Ouest France, ils rappellent que l’Europe a été construite, en partie, sur la promesse de protéger les personnes fuyant les persécutions et les conflits. « Ce n’est pas en fermant les yeux sur les souffrances humaines que l’Europe retrouvera sa crédibilité », a souligné Mounir Satouri, député européen écologiste.

Les deux élus appellent les autres groupes politiques, notamment les sociaux-démocrates et les libéraux, à s’opposer à cette alliance qu’ils qualifient de « dangereuse » pour l’image et les principes de l’UE. Ils proposent également d’organiser une campagne de sensibilisation auprès des citoyens européens pour rappeler les engagements de l’Union en matière d’asile et de droits humains. Pour eux, cette mobilisation est indispensable face à la montée des discours xénophobes et des politiques migratoires répressives.

Et maintenant ?

La prochaine étape pourrait être le vote en séance plénière du Parlement européen sur ces nouvelles règles d’éloignement, prévu d’ici la fin du mois de mai 2026. Les Verts/ALE devraient déposer des amendements pour atténuer les mesures les plus controversées, tandis que la droite et l’extrême droite pourraient tenter de bloquer toute tentative de révision. Dans l’immédiat, la Commission européenne a indiqué qu’elle comptait présenter d’ici juin un plan détaillé pour l’application de ces règles, suscitant déjà des craintes chez les défenseurs des droits humains quant à leur mise en œuvre concrète.

Cette alliance entre droite et extrême droite au Parlement européen marque un tournant dans les débats sur la migration en Europe. Alors que les tensions autour de l’accueil des exilés persistent dans plusieurs États membres, comme en Italie ou en Grèce, les prochains mois seront déterminants pour savoir si l’Union européenne parviendra à concilier fermeté migratoire et respect des droits fondamentaux. Les écologistes, eux, restent déterminés à porter haut la voix de l’humanisme face à cette dynamique politique.