Selon Ouest France, la quête de produits plus respectueux de l’environnement pousse certains consommateurs à délaisser le café classique au profit de solutions alternatives comme le café d’orge. Ce substitut, moins connu mais en pleine expansion, séduit par son faible impact écologique et sa production locale.

Ce qu'il faut retenir

  • Origine du café d’orge : élaboré à partir d’orge torréfié, il est produit principalement en Europe, contrairement au café classique qui parcourt des milliers de kilomètres.
  • Impact environnemental : sa production génère jusqu’à 90 % d’émissions de CO₂ en moins par rapport au café traditionnel, selon les estimations disponibles.
  • Goût et utilisation : souvent comparé au café de chicorée, il se déguste seul ou mélangé, offrant une saveur légèrement maltée et peu amère.
  • Disponibilité : de plus en plus de torréfacteurs artisanaux et de grandes surfaces le proposent en France et en Belgique.
  • Prix : généralement moins cher que le café de spécialité, avec un coût moyen de 5 à 10 € le kilo contre 15 à 25 € pour certains cafés équitables.

Un café qui parcourt moins de kilomètres

Le café traditionnel, qu’il provienne d’Amérique du Sud, d’Afrique ou d’Asie, parcourt en moyenne plus de 10 000 kilomètres avant d’arriver dans les tasses européennes. Selon l’Organisation internationale du café, cette logistique représente 7 % des émissions mondiales de CO₂ liées au transport. Face à ce constat, les consommateurs soucieux de réduire leur empreinte carbone se tournent vers des alternatives locales. Le café d’orge, produit à partir de céréales cultivées en Europe, limite considérablement ces émissions.

Cette tendance s’inscrit dans un mouvement plus large de relocalisation alimentaire, encouragé par des rapports comme celui de l’ADEME, qui souligne l’importance de privilégier les circuits courts. « Les consommateurs sont de plus en plus attentifs à l’origine des produits qu’ils achètent », explique un torréfacteur breton interrogé par Ouest France. « Le café d’orge répond à cette attente sans sacrifier le goût. »

Une production économe en ressources

Contrairement au caféier, qui nécessite un climat tropical et une consommation d’eau importante, l’orge se cultive aisément sous nos latitudes. Une étude de l’INRAE, citée par Ouest France, révèle que la culture de l’orge pour la torréfaction consomme 3 fois moins d’eau que celle du café Arabica. De plus, son rendement énergétique est bien supérieur : la torréfaction de l’orge demande jusqu’à 40 % d’énergie en moins par kilogramme produit.

Côté déchets, la production de café d’orge génère également moins de résidus. Les enveloppes de l’orge, une fois torréfiées, peuvent être compostées ou utilisées comme amendement agricole, contrairement aux coques de café, souvent difficiles à recycler. « On passe d’un modèle linéaire à un modèle circulaire », souligne un expert en agroalimentaire. « Tout est valorisé, ce qui n’est pas le cas avec le café classique. »

Un goût proche du café traditionnel, mais pas identique

Le café d’orge n’est pas un ersatz sans caractère. Torréfié à des températures comprises entre 180 et 220 °C, il développe des arômes de noisette, de caramel et une légère amertume, rappelant le café de chicorée. Il se décline en plusieurs versions : moulu pour cafetière, soluble ou même en grains pour les machines à expresso. Certaines marques ajoutent des épices ou de la vanille pour enrichir la palette gustative.

Cependant, il ne remplace pas totalement le café pour tous les amateurs. « Ceux qui recherchent des notes fruitées ou florales des cafés d’Amérique centrale seront déçus », reconnaît un barista parisien. « Mais pour un café du matin rapide et économique, c’est une excellente option. » Les ventes de café d’orge ont ainsi progressé de 15 % en deux ans en France, selon les chiffres de la Fédération nationale de l’épicerie.

Et maintenant ?

D’ici 2027, plusieurs torréfacteurs français prévoient d’élargir leur gamme de café d’orge en y intégrant des mélanges avec du seigle ou de l’épeautre, pour varier les saveurs. Une initiative qui pourrait séduire les consommateurs en quête de nouveauté. Par ailleurs, des projets de culture d’orge bio dédiée à la torréfaction sont en cours dans le Nord et en Bretagne, avec un objectif de 20 % de surfaces supplémentaires d’ici 2028. Reste à voir si cette tendance se confirmera à l’échelle européenne.

Comment le choisir et où l’acheter ?

Le café d’orge se trouve désormais dans les rayons bio des supermarchés, chez les torréfacteurs artisanaux ou en ligne. Les marques les plus répandues incluent Malto Café, Orge Torréfiée ou Café de Terroir. Pour les puristes, il est conseillé de le moudre soi-même pour préserver ses arômes. Certains sites spécialisés proposent même des abonnements pour recevoir des lots mensuels.

Son prix, souvent inférieur à celui des cafés équitables, en fait une alternative accessible. « Pour une consommation quotidienne, le café d’orge permet de réduire son budget café de 30 % en moyenne », indique une étude de 60 Millions de Consommateurs. Une économie non négligeable pour les ménages.

En conclusion, si le café d’orge ne remplacera pas le café de spécialité pour les amateurs inconditionnels, il s’impose comme une solution crédible pour les consommateurs soucieux d’écologie et de budget. Une tendance qui pourrait bien s’accélérer avec la hausse des températures et des coûts de transport.

Non, le café d’orge est naturellement sans caféine, ce qui en fait une alternative adaptée aux personnes sensibles ou devant limiter leur consommation de stimulants.