Sept mois après l’un des cambriolages les plus retentissants de l’histoire du musée parisien, le réalisateur Romain Gavras s’apprête à porter à l’écran le vol des bijoux de la galerie Apollon du Louvre. Selon Le Figaro, le cinéaste adaptera le livre-enquête Main basse sur le Louvre, coécrit par Jean-Michel Décugis, Jérémie Pham-Lê et Nicolas-Charles Torrent, dont la sortie est prévue le 27 mai aux éditions Flammarion.

Ce projet cinématographique, révélé le 15 mai par Le Film français, s’inscrit dans la lignée des adaptations de faits divers marquants, à l’image des films Athena ou Le Monde est à toi, également réalisés par Gavras. Si les détails concernant le titre définitif du film, sa distribution et sa date de sortie restent encore confidentiels, les premières rumeurs évoquent une sortie en salles aux alentours de 2028, soit près de trois ans après le braquage.

Ce qu'il faut retenir

  • Un vol estimé à plus de 88 millions d’euros, commis le 19 octobre 2025 dans la galerie Apollon du Louvre.
  • Romain Gavras en sera le réalisateur, s’appuyant sur le livre-enquête Main basse sur le Louvre publié le 27 mai 2026.
  • Le scénario est coécrit avec Simon Jacquet et Mourad Winter, tandis que la production est assurée par la société Iconoclast.
  • Le Louvre a subi d’importantes failles de sécurité, entraînant la démission de sa directrice, Laurence des Cars.
  • Un chantier de rénovation et de sécurisation, estimé à 800 millions d’euros, est en cours, dont 80 millions dédiés à la sûreté des œuvres.
  • Le projet Louvre-Nouvelle Renaissance, lancé pour moderniser le musée, a vu la nomination d’un groupement d’architectes la semaine dernière.

Un livre-enquête pour décrypter le « casse du siècle »

Main basse sur le Louvre, dont la publication est prévue dans une dizaine de jours, promet une « plongée palpitante et ultra-sensible » dans l’affaire. Les trois auteurs, journalistes d’investigation, y dévoilent des « documents secrets et des rapports fracassants » sur ce vol exceptionnel, commis en pleine journée. Selon les enquêteurs, les malfaiteurs ont profité de failles majeures dans le dispositif de sécurité du musée parisien, alors dirigé par Laurence des Cars.

Ce livre s’ajoute à une série de publications et de documentaires consacrés à l’événement, qui a marqué un tournant dans la gestion des musées en France. Les investigations ont révélé des lacunes structurelles, poussant les autorités à réagir rapidement. Le vol, survenu moins d’un an après l’assassinat du professeur Samuel Paty, a également alimenté les débats sur la sécurité des institutions culturelles en période de tensions sociales.

Romain Gavras et Iconoclast : un duo de choc derrière le projet

Romain Gavras, déjà à l’origine de films acclamés comme Athena (sélectionné à la Mostra de Venise en 2022) ou Le Monde est à toi (nommé deux fois aux César), dirige le projet. Il s’entoure cette fois de Simon Jacquet, scénariste de Je t’aime et Bac Nord, ainsi que de Mourad Winter, connu pour son travail sur L’Amour, c’est surcoté. Le trio a déjà commencé l’écriture du scénario, sans que des noms de comédiens ou de rôles n’aient été dévoilés à ce stade.

Côté production, Gavras renouvelle sa collaboration avec la société Iconoclast, avec laquelle il a tourné Le Monde est à toi et Athena. Plus récemment, le studio a travaillé sur des clips musicaux, notamment pour le titre Storm du groupe Gener8ion et du rappeur suédois Yung Lean. Cette expérience en audiovisuel varié pourrait apporter une dimension dynamique à l’adaptation du braquage, un genre où le réalisme et le suspense sont souvent au cœur des attentes.

Un musée en pleine mutation après le scandale

Le vol des bijoux de la galerie Apollon a révélé des dysfonctionnements majeurs au sein du Louvre. Outre la démission de Laurence des Cars, la direction a dû faire face à des critiques sur la vétusté des infrastructures et la lenteur des réponses apportées. En réponse, un plan de rénovation et de sécurisation, baptisé Louvre-Nouvelle Renaissance, a été lancé. Doté d’un budget de 800 millions d’euros, il prévoit notamment un investissement de 80 millions spécifiquement dédiés à la sûreté des œuvres.

Ce chantier s’inscrit dans une volonté de modernisation du musée, dont le groupement d’architectes en charge a été officiellement nommé la semaine dernière. Le projet inclut une refonte des systèmes de surveillance, une meilleure protection des collections et une amélioration des conditions d’accueil du public. Ces mesures interviennent dans un contexte où le Louvre, déjà fragilisé par la pandémie, doit concilier sécurité renforcée et accessibilité pour ses millions de visiteurs annuels.

Des failles de sécurité aux conséquences multiples

Les enquêteurs ont souligné que les malfaiteurs avaient exploité des lacunes dans les protocoles de surveillance, notamment une sous-estimation des risques liés aux horaires d’affluence. Le Louvre, l’un des musées les plus visités au monde, avait déjà été pointé du doigt pour son manque de moyens humains et technologiques dans ce domaine. La démission de Laurence des Cars, survenue en novembre 2025, avait marqué un tournant symbolique, illustrant la pression politique et médiatique autour de cette affaire.

Par ailleurs, le braquage a également relancé le débat sur la protection des trésors nationaux, alors que d’autres institutions culturelles françaises, comme le Château de Versailles ou le Musée d’Orsay, ont renforcé leurs dispositifs. Des rapports parlementaires ont depuis été commandés pour évaluer les risques et proposer des solutions durables, un processus qui devrait s’étendre sur plusieurs années.

Et maintenant ?

Si le film de Romain Gavras ne sortira pas avant 2028, les prochaines étapes du projet cinématographique devraient être précisées dans les mois à venir. Une date de tournage n’a pas encore été évoquée, mais les producteurs pourraient profiter de l’engouement médiatique autour du livre-enquête pour accélérer les démarches. Du côté du Louvre, les travaux de sécurisation devraient s’intensifier, avec un calendrier serré pour respecter les engagements pris après le scandale. Reste à voir si ces mesures suffiront à restaurer la confiance du public et des autorités.

Autant dire que l’adaptation cinématographique du « casse du Louvre » arrive à point nommé pour relancer le débat sur la sécurité des musées, un enjeu qui dépasse désormais le simple cadre de la culture pour toucher à la gestion des risques dans les lieux publics.

Le livre-enquête est coécrit par Jean-Michel Décugis, journaliste au Parisien, Jérémie Pham-Lê, spécialiste des faits divers, et Nicolas-Charles Torrent, reporter d’investigation. Leur ouvrage, publié le 27 mai 2026 aux éditions Flammarion, promet une analyse détaillée des coulisses du vol, s’appuyant sur des documents inédits et des témoignages.

Le cambriolage du 19 octobre 2025 a révélé des failles majeures dans la sécurité du musée, entraînant la démission de sa directrice, Laurence des Cars. Le Louvre a depuis lancé un vaste chantier de rénovation et de sécurisation, doté d’un budget de 800 millions d’euros, dont 80 millions spécifiquement alloués à la protection des œuvres. Ces travaux s’inscrivent dans le cadre du projet Louvre-Nouvelle Renaissance.