Alors que le Conseil économique, social et environnemental (Cese) s’apprête à élire le 20 mai son nouveau président — une première depuis sa création il y a un siècle —, l’institution, souvent qualifiée de « troisième assemblée de la République », est plus que jamais sous le feu des critiques. Selon Le Figaro, cette troisième assemblée constitutionnelle, centenaire depuis 2025, traverse une période de défiance marquée par des rapports régulièrement décriés et des remises en question de son utilité même. Une situation qui contraste avec l’enjeu symbolique de cette élection, marquée par la passation de pouvoir entre un homme, Thierry Beaudet, en place depuis cinq ans, et une femme.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Cese, troisième assemblée de la République, est en crise de légitimité avant l’élection de sa première présidente le 20 mai 2026.
  • Trois candidats sont en lice, mais la compétition se joue principalement entre Dominique Carlac’h, soutenue par le patronat, et Claire Thoury, appuyée par les syndicats.
  • L’institution, centenaire depuis 2025, est régulièrement critiquée pour des rapports jugés peu lus et une efficacité remise en cause.
  • Le seul candidat masculin, Sylvain Boucherand, n’a pas suffisamment de soutiens pour peser dans le scrutin.

Une élection symbolique sous haute tension

Le 20 mai 2026, le Cese vivra un moment historique : pour la première fois depuis sa création, il élira une femme à sa présidence. Cette élection intervient alors que l’institution, souvent comparée à un « mal-aimé » des institutions françaises, tente de redorer son blason. Thierry Beaudet, qui occupe le fauteuil présidentiel depuis cinq ans, passera la main après une mandature marquée par des rapports au ton souvent critique et une visibilité limitée. Selon Le Figaro, la compétition oppose trois candidats officiels, mais deux d’entre eux concentrent les faveurs : Dominique Carlac’h, entrepreneure expérimentée dans les élections, et Claire Thoury, figure soutenue par le monde syndical.

Le troisième prétendant, Sylvain Boucherand — chef d’entreprise et président de la commission environnement du Cese — n’a pas réussi à rassembler suffisamment de soutiens pour peser dans ce scrutin. Autant dire que la course se jouera entre les deux candidates, reflétant des clivages plus larges au sein de l’institution.

Un bilan mitigé pour le Cese

Créé il y a un siècle, le Cese est chargé de donner un avis consultatif sur les projets de loi, les ordonnances et les décrets concernant les questions économiques, sociales et environnementales. Pourtant, son utilité est régulièrement questionnée. Les rapports qu’il produit sont souvent pointés du doigt pour leur longueur et leur manque d’impact concret, une critique résumée par l’expression : « Nous ne sommes bons qu’à faire des rapports énormes, que personne ne lit ». Une formule qui résume à elle seule le sentiment de défiance qui entoure l’institution.

Les responsables politiques, comme les acteurs économiques, ne cachent plus leur scepticisme. Certains n’hésitent pas à remettre en cause la pertinence même du Cese dans un paysage institutionnel déjà très dense. Pourtant, malgré ces critiques, l’assemblée conserve un rôle constitutionnel et une légitimité historique, qu’elle devra défendre lors de cette transition.

Deux visions s’affrontent pour l’avenir du Cese

Le duel entre Dominique Carlac’h et Claire Thoury illustre deux approches possibles pour l’avenir du Cese. La première, soutenue par le patronat, mise sur une réforme visant à moderniser l’institution et à renforcer son rôle dans l’élaboration des politiques publiques. La seconde, portée par les syndicats, défend une approche plus sociale et environnementale, insistant sur la nécessité de donner plus de poids aux avis du Cese dans les décisions gouvernementales.

« Le Cese doit être un lieu de dialogue social et environnemental, pas un simple observatoire », a déclaré Claire Thoury à Le Figaro. De son côté, Dominique Carlac’h a souligné l’importance de « rapprocher l’institution des attentes des entreprises et des citoyens ». Deux visions qui reflètent les tensions internes du Cese, entre pragmatisme économique et engagement sociétal.

Et maintenant ?

L’élection du 20 mai pourrait marquer un tournant pour le Cese. Si Dominique Carlac’h ou Claire Thoury l’emporte, l’institution devra rapidement prouver sa capacité à répondre aux attentes des différents acteurs. Les prochains mois seront déterminants pour savoir si le Cese parviendra à retrouver une place centrale dans le débat public, ou s’il restera cantonné à un rôle secondaire. Une chose est sûre : la pression est maximale pour cette troisième assemblée de la République.

Pour l’heure, l’incertitude plane. Les deux candidates devront convaincre au-delà de leur camp respectif pour rassembler une majorité. Une tâche d’autant plus ardue que l’institution doit faire face à une défiance généralisée. Bref, l’avenir du Cese se jouera bien au-delà du 20 mai.

Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) est une assemblée consultative française chargée de donner des avis sur les projets de loi, les ordonnances et les décrets concernant les questions économiques, sociales et environnementales. Il est souvent présenté comme la « troisième assemblée de la République », aux côtés de l’Assemblée nationale et du Sénat. Ses avis ne sont pas contraignants, mais ils peuvent influencer les décisions gouvernementales.

Une fois élue, la nouvelle présidente du Cese devra rapidement s’atteler à la tâche de redonner une légitimité à l’institution. Cela passera probablement par une réforme de ses méthodes de travail, une communication renforcée sur ses rapports, et une tentative de rapprochement avec les acteurs politiques et économiques. Les premiers mois de sa mandature seront donc cruciaux pour évaluer la capacité du Cese à se réinventer.