Selon Libération, l’essayiste et militant écologiste Hadrien Klent publie ces jours-ci son nouvel ouvrage, « Le Jour zéro », un texte qui prolonge ses réflexions sur la sortie du capitalisme, le ralentissement des rythmes de vie et la valorisation de l’entraide. L’auteur, déjà connu pour son précédent essai Paresse pour tous (2023), y développe une hypothèse radicale : et si le bonheur collectif émergeait d’une rupture technologique totale, celle de la destruction de tous les objets électroniques ?
Ce qu'il faut retenir
- Thèse centrale : La fin des outils numériques pourrait mener à une société plus heureuse, fondée sur le ralentissement et les liens humains.
- Rupture avec le capitalisme : L’ouvrage propose une sortie du système économique actuel par la décroissance technologique.
- Inspiration théorique : Klent s’appuie sur des courants écologistes et décroissants pour étayer son propos.
- Réception attendue : L’essai suscite déjà des débats dans les cercles militants et académiques.
Un manifeste pour une vie sans écrans
Dans « Le Jour zéro », Hadrien Klent pousse plus loin l’idée que la technologie numérique, loin d’être neutre, structure nos modes de vie au détriment du bien-être collectif. Selon lui,
« la destruction planifiée de tous les objets électroniques – smartphones, ordinateurs, serveurs – permettrait de briser l’emprise du capitalisme sur nos existences. »L’auteur défend l’idée que cette rupture libérerait du temps pour des activités plus humaines : discussions, artisanat, agriculture locale. Libération souligne que Klent ne prône pas un retour à la préhistoire, mais plutôt une réinvention des rapports sociaux, où la lenteur devient une vertu.
Sortir du capitalisme par le bas
Le projet de Klent s’inscrit dans la lignée des théories décroissantes, mais avec une dimension pratique : comment organiser concrètement une société sans électronique ? L’auteur évoque des alternatives comme les réseaux de troc, les monnaies locales ou les communs. Libération rappelle que Klent cite en exemple des initiatives existantes, comme les villages autonomes en Grèce ou les éco-communautés en Amérique latine, où les habitants ont délibérément choisi de se passer de technologies invasives. Pour lui, ces expériences prouvent que le « Jour zéro » n’est pas une utopie, mais une possibilité réaliste.
Une thèse qui divise
Si l’ouvrage séduit une partie de la gauche radicale et des militants écologistes, il suscite aussi des critiques. Certains économistes y voient une proposition irréaliste, voire dangereuse, dans un monde où les infrastructures numériques sont indispensables à la santé, à l’éducation ou à la logistique. Libération indique que des chercheurs comme Cynthia Fleury, philosophe et psychiatre, ont déjà réagi à ces idées. Celle-ci a déclaré dans une récente tribune que
« renoncer aux outils numériques sans proposer de alternatives viables reviendrait à se priver d’outils de résilience collective. »D’autres, comme l’anthropologue Philippe Descola, saluent en revanche la capacité de Klent à « repenser radicalement notre rapport au monde ».
Quoi qu’il en soit, « Le Jour zéro » s’impose comme un texte marquant dans le paysage des essais engagés. Il invite à repenser nos dépendances technologiques non comme une fatalité, mais comme un choix politique. Reste à savoir si cette proposition, aussi radicale soit-elle, trouvera un écho au-delà des cercles militants.
Non. L’auteur esquisse des pistes (recyclage collectif, sabotage ciblé) mais insiste surtout sur l’idée de rupture culturelle : il s’agit avant tout de changer notre rapport à la technologie, pas de détruire des appareils de manière systématique.
Les deux ouvrages partagent une critique du productivisme et une valorisation du temps libre. Dans Paresse pour tous, Klent défendait déjà l’idée que la réduction du temps de travail était un levier de bonheur collectif. « Le Jour zéro » en est une extension logique, où la technologie devient l’ennemi numéro un du ralentissement.