Le Metropolitan Museum of Art (Met) de New York et la Neue Galerie ont annoncé, le 14 mai 2026, leur intention de fusionner leurs structures à compter de 2028. Selon Le Figaro, cette opération vise à « préserver et renforcer l’héritage de la Neue Galerie pour toujours », comme l’a souligné Ronald Lauder, son fondateur et héritier de l’empire Estée Lauder.
Ce qu'il faut retenir
- La fusion entre le Metropolitan Museum of Art et la Neue Galerie de New York est prévue pour 2028.
- Cette opération s’accompagne d’un don de 13 tableaux autrichiens et allemands du XXe siècle, issus de la collection personnelle de Ronald Lauder et de sa fille Aerin Lauder Zinterhofer.
- Parmi les œuvres cédées figurent des pièces majeures de Gustav Klimt, comme Die Tänzerin (La Danseuse), ainsi que des créations d’Ernst Ludwig Kirchner, Otto Dix et George Grosz.
- La Neue Galerie, créée en 2001 dans un hôtel particulier de Manhattan, abrite des œuvres emblématiques comme le Portrait d’Adele Bloch-Bauer I (« La Dame en or »), de Klimt.
- Le Met, dirigé par Max Hollein, y voit une opportunité de consolider sa collection d’art autrichien et allemand.
Installée depuis 2001 dans un bâtiment historique du « Museum Mile », sur la Cinquième Avenue à Manhattan, la Neue Galerie s’est imposée comme un lieu incontournable pour l’art autrichien et allemand du XXe siècle. Son fondateur, Ronald Lauder, a souhaité que sa collection personnelle, considérée comme l’une des plus remarquables au monde dans ce domaine, soit préservée et accessible au plus grand nombre. « Ronald Lauder est un collectionneur comme nul autre », a déclaré Max Hollein, PDG du Met et historien de l’art autrichien, dans un communiqué commun. « Il a fondé un musée qui est lui-même une œuvre d’art, et en définitive un reflet profond de sa passion, de son expertise et de sa philanthropie. »
L’annonce de cette fusion intervient alors que les deux institutions mettent en avant leur volonté de mutualiser leurs ressources pour offrir une visibilité accrue aux œuvres concernées. Le Met, déjà l’un des plus grands musées au monde, prévoit d’intégrer pleinement la collection de la Neue Galerie à ses espaces d’exposition, tout en maintenant son identité propre. « La fusion avec le Met en 2028 préservera et renforcera l’héritage de la Neue Galerie pour toujours », a insisté Ronald Lauder. Cette opération s’inscrit dans une logique de consolidation du paysage muséal new-yorkais, où les partenariats entre institutions publiques et collections privées se multiplient.
Une collection d’exception au cœur de l’opération
Le don de 13 tableaux, qui sera effectif dès la finalisation de la fusion, représente une valeur patrimoniale et culturelle majeure. Parmi les œuvres concernées, on retrouve notamment Die Tänzerin (La Danseuse) de Klimt, une pièce tout aussi emblématique que le Portrait d’Adele Bloch-Bauer I, acquis par la Neue Galerie dès son ouverture. Ces deux portraits, réalisés au début du XXe siècle, illustrent l’apogée du mouvement symboliste autrichien, dont Klimt fut l’un des principaux représentants. — Autant dire que cette donation renforce considérablement la représentation de l’art viennois de la période 1890-1914 dans les collections américaines.
Les autres œuvres promises par les Lauder incluent des créations d’artistes allemands de la Nouvelle Objectivité, comme Otto Dix avec Portrait de la journaliste Sylvia von Harden ou George Grosz et ses représentations satiriques de la société allemande des années 1920. Ernst Ludwig Kirchner, figure de l’expressionnisme allemand, est également représenté avec des pièces issues de sa période berlinoise. Ces ajouts viendront enrichir les collections déjà riches du Met, notamment en art moderne européen, un domaine où le musée new-yorkais cherche à combler certaines lacunes géographiques et chronologiques.
Un musée né d’une passion privée devenu institution publique
Fondée par Ronald Lauder, la Neue Galerie a ouvert ses portes en novembre 2001 dans un hôtel particulier du XIXe siècle, situé au 1048 Fifth Avenue. Le bâtiment lui-même, acquis pour 19 millions de dollars par Lauder, avait auparavant abrité des ambassades et des résidences privées. Ce choix architectural reflétait déjà l’ambition de créer un écrin à la mesure des œuvres exposées. — Aujourd’hui, le musée est surtout connu pour abriter la plus grande collection d’art autrichien et allemand du XXe siècle en dehors de l’Europe, avec des pièces allant de Gustav Klimt à Egon Schiele, en passant par Oskar Kokoschka.
Le milliardaire, aujourd’hui âgé de 82 ans, a toujours défendu l’idée que les collections privées devaient, à terme, servir l’intérêt public. En créant la Neue Galerie, il a ainsi offert au public un accès permanent à des œuvres autrement inaccessibles, tant par leur rareté que par leur valeur. Avec cette fusion, il franchit une nouvelle étape en associant durablement sa collection au Met, institution dont la mission est de conserver et de diffuser le patrimoine artistique mondial. « Nous faisons cela pour l’amour de l’art et pour le public », a-t-il précisé lors de l’annonce, rappelant que son engagement en faveur de la préservation culturelle remontait à plusieurs décennies.
Quelles conséquences pour les visiteurs et les musées ?
Pour les visiteurs, la fusion ne devrait pas entraîner de bouleversements immédiats. Le Met a indiqué que la Neue Galerie continuerait d’exister sous la forme d’un espace dédié, au moins temporairement, dans ses locaux. Les œuvres de la collection Lauder seront progressivement intégrées aux expositions permanentes du musée, notamment dans les galeries d’art européen du XXe siècle. Max Hollein a d’ailleurs souligné que cette opération permettrait d’améliorer l’expérience des publics, grâce à une meilleure mise en valeur des collections et à des parcours thématiques élargis. Côté logistique, la fusion implique une réorganisation des équipes et des budgets. Les deux institutions ont annoncé la création d’un comité de pilotage commun, chargé de superviser la transition d’ici 2028. Aucune suppression d’emplois n’a été évoquée pour l’instant, mais des ajustements pourraient intervenir dans les années à venir. — Le Met, qui emploie plus de 2 500 personnes, et la Neue Galerie, dont l’équipe compte une centaine de salariés, devront également harmoniser leurs politiques tarifaires et de mécénat.
Cette fusion marque donc un tournant dans la gestion des collections privées aux États-Unis, où les partenariats public-privé deviennent un modèle de plus en plus répandu. Pour le Met, il s’agit aussi de renforcer sa position de leader mondial dans le domaine de l’art moderne, face à des concurrents comme le Museum of Modern Art (MoMA) ou le Guggenheim. Quant à la Neue Galerie, elle gagnera en visibilité et en pérennité, tout en restant fidèle à l’esprit qui a présidé à sa création.
Non, selon les deux institutions, la Neue Galerie continuera d’exister sous la forme d’un espace dédié au sein du Met, au moins dans un premier temps. Les œuvres de sa collection seront progressivement intégrées aux expositions permanentes du Metropolitan Museum.