Le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) a rendu public, jeudi 11 juin 2026, son rapport annuel sur les déplacements forcés dans le monde pour l’année 2025. L’étude révèle une baisse modérée du nombre total de personnes contraintes de fuir leur foyer, portée notamment par des retours dans leurs pays d’origine, mais dans des conditions souvent précaires et instables.

Ce qu'il faut retenir

  • Le HCR publie son rapport annuel 2025 sur les déplacements forcés le 11 juin 2026.
  • Le nombre de déplacés forcés dans le monde enregistre un léger recul en 2025 par rapport aux années précédentes.
  • Cette diminution s’explique en partie par des retours exceptionnels dans les pays d’origine, mais dans des conditions jugées précaires par l’ONU.

Un recul modéré du nombre de déplacés forcés

Pour la première fois depuis plusieurs années, le nombre de personnes déplacées de force à travers le monde a connu une baisse en 2025. Selon les chiffres communiqués par le HCR, ce recul, bien que modeste, marque une inflexion dans une tendance globale à la hausse observée depuis 2010. Le rapport souligne que cette évolution s’explique en grande partie par des retours dans les pays d’origine, notamment en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud-Est, où certains conflits ont connu des phases de stabilisation.

Toutefois, le Haut-commissariat insiste sur le fait que ces retours ne signifient pas pour autant une amélioration durable des conditions de vie des populations concernées. « Ces retours sont souvent précaires et instables, sans garantie de sécurité ni de perspectives économiques », a précisé un porte-parole du HCR lors de la présentation du rapport.

Des retours dans des contextes toujours fragiles

Les situations qui ont permis ces retours restent marquées par des tensions persistantes. En Syrie, par exemple, où le conflit a débuté en 2011, des milliers de déplacés ont regagné leur foyer en 2025, mais sous la menace de nouvelles violences ou de difficultés économiques majeures. De même, en Ukraine, les retours dans les zones reconquises après l’invasion russe de 2022 se heurtent à des infrastructures détruites et à des risques d’explosions de munitions non déminées.

Le rapport évoque également des cas de déplacements internes dans des pays comme le Soudan, où les combats entre factions rivales ont forcé des millions de personnes à se déplacer à nouveau en 2025, annulant en partie les avancées enregistrées ailleurs. « La fragilité des situations ne permet pas de parler d’une véritable stabilisation », a rappelé un expert du HCR.

« Ces retours sont souvent précaires et instables, sans garantie de sécurité ni de perspectives économiques. »
— Porte-parole du HCR, lors de la présentation du rapport 2025

Un bilan contrasté selon les régions

La baisse du nombre de déplacés forcés n’est pas uniforme à l’échelle mondiale. Si l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud-Est enregistrent des retours significatifs, d’autres régions comme l’Amérique latine ou le Moyen-Orient voient leurs chiffres stagner, voire augmenter. En Colombie, par exemple, les déplacements liés aux conflits entre groupes armés et à la production de drogue ont encore progressé en 2025, malgré les efforts du gouvernement pour y mettre fin.

Au Moyen-Orient, la situation en Syrie et en Irak reste particulièrement préoccupante. Si quelques régions ont connu des retours, la majorité des déplacés syriens, estimés à plus de 6,8 millions en 2025, continuent de vivre dans des conditions difficiles dans des pays voisins comme la Turquie, le Liban ou la Jordanie. « La crise syrienne reste la plus grande urgence humanitaire au monde », a rappelé le HCR dans son rapport.

Et maintenant ?

Pour 2026, le HCR table sur une stabilisation progressive du nombre de déplacés forcés, à condition que les conflits en cours ne s’aggravent pas et que les retours déjà observés en 2025 se poursuivent dans des conditions plus sûres. Une conférence internationale sur les déplacements forcés est prévue à Genève en septembre 2026, où les États membres de l’ONU devraient discuter des moyens de renforcer la protection des populations concernées et d’améliorer les conditions de retour. Reste à voir si les engagements pris lors de cet événement se traduiront par des actions concrètes sur le terrain.

Enfin, la question de la réintégration durable des déplacés, notamment dans les pays en sortie de crise, restera un défi majeur. Les retours observés en 2025, bien que encourageants, ne doivent pas faire oublier que sans investissements structurels dans les infrastructures et les services de base, ces populations resteront vulnérables à de nouveaux déplacements.