Selon RFI, l’amiral américain George Wikoff, commandant des forces navales américaines en Europe et en Afrique, a rencontré ce jeudi à Alger le général Saïd Chanegriha, chef d’état-major de l’armée algérienne et ministre délégué à la Défense. L’entretien avait pour objectif d’évaluer l’état de la coopération militaire entre les deux pays, dans un contexte marqué par un approfondissement récent des relations bilatérales.

Ce qu'il faut retenir

  • L’amiral George Wikoff, commandant des forces navales américaines en Europe et en Afrique, s’est rendu à Alger pour discuter de coopération militaire avec le général Saïd Chanegriha.
  • Cette visite s’inscrit dans un contexte d’intensification des échanges militaires entre l’Algérie et les États-Unis ces derniers mois.
  • Les deux responsables ont fait le point sur les avancées et les perspectives de la collaboration entre les armées des deux pays.
  • Le général Saïd Chanegriha cumule les fonctions de chef d’état-major de l’armée algérienne et de ministre délégué à la Défense.

Une visite diplomatique et militaire sous le signe de la coopération

D’après RFI, cette rencontre entre l’amiral Wikoff et le général Chanegriha marque une étape supplémentaire dans le renforcement des liens militaires entre Alger et Washington. Depuis plusieurs mois, les deux pays multiplient les échanges de haut niveau, signe d’une volonté partagée de diversifier et d’approfondir leur partenariat stratégique.

L’Algérie, qui entretient traditionnellement des relations militaires solides avec la Russie, a récemment accru ses échanges avec les États-Unis, notamment dans les domaines de la formation, de l’équipement et de la lutte contre le terrorisme. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte géopolitique régional complexe, où Alger cherche à équilibrer ses alliances tout en consolidant son autonomie stratégique.

Un bilan des avancées et des projets communs

Lors de cet entretien, les deux responsables militaires ont passé en revue les différents volets de la coopération entre leurs armées. D’après les informations rapportées par RFI, plusieurs axes ont été évoqués : échanges de renseignements, exercices conjoints, et modernisation des équipements algériens.

Le général Chanegriha a réaffirmé, lors de cette rencontre, l’importance de la formation continue des officiers algériens aux standards internationaux, un point souvent souligné par les partenaires américains. De son côté, l’amiral Wikoff a salué les progrès réalisés, tout en insistant sur la nécessité de poursuivre les efforts pour répondre aux défis sécuritaires communs.

« Cette visite illustre la volonté des deux pays de renforcer leur collaboration militaire, dans un esprit de transparence et de confiance mutuelle », a déclaré l’amiral Wikoff, cité par RFI.

Un partenariat militaire en pleine mutation

Cette intensification des relations entre l’Algérie et les États-Unis s’inscrit dans un cadre plus large, marqué par une réévaluation des alliances militaires en Afrique du Nord et au Sahel. Depuis 2024, Alger a multiplié les gestes en direction de Washington, notamment en facilitant l’accès de la marine américaine à ses ports pour des escales techniques.

Pour autant, l’Algérie maintient une politique de non-alignement strict, refusant toute intégration dans des blocs militaires rivaux. Cette position a été rappelée par le général Chanegriha, qui a insisté sur le fait que la coopération avec les États-Unis se faisait « sans exclusive ni dépendance » vis-à-vis d’autres partenaires.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes devraient inclure la finalisation d’accords techniques dans les domaines de la cybersécurité et de la lutte contre les menaces hybrides, deux sujets qui figurent désormais en tête des priorités des discussions bilatérales. Une nouvelle réunion entre responsables militaires des deux pays est d’ores et déjà programmée pour le mois de septembre 2026, selon des sources proches du dossier.

Cette visite de l’amiral Wikoff s’ajoute à une série d’initiatives diplomatiques américaines en Afrique, alors que Washington cherche à consolider sa présence sur le continent face à la montée en puissance de la Chine et de la Russie. Pour l’Algérie, cette coopération accrue représente une opportunité de moderniser ses forces armées, tout en préservant sa souveraineté stratégique.

D’après les informations disponibles, les échanges portent principalement sur la formation des officiers algériens, la modernisation des équipements, les exercices conjoints, ainsi que la lutte contre le terrorisme et les menaces hybrides. La cybersécurité est également un axe de plus en plus important dans les discussions.