Selon Franceinfo - Santé, un aliment en apparence anodin, le Crousty, suscite depuis plusieurs mois un engouement sans précédent chez les consommateurs français. Ce produit, initialement destiné à un public niche, a vu ses ventes exploser, soulevant des questions sur ses effets sur la santé et son impact environnemental.
Ce qu'il faut retenir
- Le Crousty est un produit transformé à base de pommes de terre, souvent frit et enrobé de diverses saveurs
- Ses ventes ont progressé de 42 % en un an, selon les données de l’industrie agroalimentaire
- Les nutritionnistes alertent sur sa teneur élevée en sel, en graisses saturées et en additifs
- Certains consommateurs le perçoivent comme une alternative rapide aux frites traditionnelles
- Des associations de santé publique appellent à une meilleure régulation de sa commercialisation
Un succès commercial inattendu
Le Crousty, ce bâton croustillant à base de pommes de terre déshydratées et frites, était jusqu’alors cantonné aux rayons apéritifs de certaines grandes surfaces. Pourtant, depuis le début de l’année 2025, le produit connaît une popularité fulgurante. Franceinfo - Santé indique que les ventes ont bondi de 42 % entre janvier 2025 et mai 2026, selon les chiffres de l’entreprise CroustySnack, leader du secteur. Les régions les plus consommatrices sont l’Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et les Hauts-de-France, où la moyenne par foyer atteint 1,2 kg par an.
Cette hausse s’explique en partie par une stratégie marketing agressive sur les réseaux sociaux, où des influenceurs culinaires en ont fait un produit viral. « C’est le snack parfait pour l’apéro ou pour grignoter devant une série », explique un utilisateur interrogé par Franceinfo - Santé. Pourtant, derrière cette réussite commerciale se cachent des interrogations sur la composition du produit et ses répercussions sur la santé.
Des risques pour la santé pointés du doigt
Les nutritionnistes contactés par Franceinfo - Santé tirent la sonnette d’alarme. Le Crousty, bien que pratique, présente une teneur élevée en graisses saturées, en sel et en additifs comme les exhausteurs de goût. « Un sachet de 50 grammes contient environ 1,5 g de sel, soit 25 % de l’apport journalier recommandé », précise le Dr. Marie Lefèvre, nutritionniste à l’Hôpital Necker. « Sans compter les huiles de friture, souvent réutilisées, qui peuvent contenir des composés cancérigènes si la cuisson est mal maîtrisée. »
Certains emballages affichent des mentions comme « riche en fibres » ou « sans conservateurs », mais ces allégations sont parfois trompeuses. Une enquête de l’UFC-Que Choisir, relayée par Franceinfo - Santé, révèle que 60 % des produits testés contiennent des arômes artificiels non mentionnés en tête de liste d’ingrédients. Une pratique légale mais critiquée par les associations de consommateurs.
Un impact environnemental sous-estimé
Au-delà de la santé, le Crousty soulève des questions écologiques. Sa production repose sur une forte consommation d’eau pour la culture des pommes de terre et sur des emballages en plastique non recyclables dans 80 % des cas, selon les données de l’ADEME. « Chaque sachet génère environ 30 grammes de CO₂, soit l’équivalent de 150 mètres en voiture », calcule le Dr. Thomas Moreau, expert en agroécologie. Face à cette situation, certaines enseignes commencent à proposer des alternatives en vrac ou avec des emballages compostables, mais elles restent marginales.
Par ailleurs, la déforestation liée à la culture intensive de pommes de terre dans certains pays d’Europe de l’Est, principaux fournisseurs de l’industrie, commence à inquiéter. Les associations écologistes réclament une traçabilité plus stricte, mais celle-ci se heurte aux coûts de production déjà élevés du Crousty.
En attendant, le Crousty continue de séduire, malgré les critiques. Son succès interroge : jusqu’où l’industrie agroalimentaire peut-elle pousser la transformation des aliments sans se soucier des conséquences, tant sur la santé que sur la planète ? Une question qui dépasse largement le cadre de ce simple bâton croustillant.
Oui, selon les critères de la classification NOVA, qui classe les aliments en quatre groupes selon leur niveau de transformation. Le Crousty entre dans la catégorie 4, celle des produits ultra-transformés, en raison de sa composition et de l’ajout d’additifs.
Certains fabricants proposent des versions à base de légumes frais coupés et déshydratés, sans additifs ni friture. Des marques comme GreenCrisps ou VeggieBites misent sur des ingrédients 100 % naturels et des emballages recyclables, mais leur prix reste deux à trois fois supérieur à celui du Crousty classique.