Le 18 mai 2026, le Sénat a donné son feu vert pour la restitution à la Guyane de dépouilles d'Amérindiens conservées au Muséum d'histoire naturelle à Paris, selon Franceinfo - Culture. Cette décision intervient plus de cent trente ans après le décès de ces autochtones issus de deux peuples, les Kali'nas et les Arawaks. Leurs dépouilles ont été exhibées dans des conditions indignes, notamment dans les « zoos humains » au Jardin d'acclimatation à Paris en 1892.
La proposition de loi transpartisane, soutenue par le gouvernement, a été adoptée à l'unanimité dans l'émotion. Elle répond à la demande de l'association Moliko Alet+Po, qui souhaite offrir des funérailles et une sépulture sur le sol guyanais à ces Amérindiens. Les restitutions concernent six dépouilles et huit moulages de parties du corps des défunts.
Ce qu'il faut retenir
- Le Sénat a voté pour la restitution de dépouilles d'Amérindiens à la Guyane.
- Les dépouilles concernées sont celles de six Amérindiens issus des peuples Kali'nas et Arawaks.
- Les restitutions incluent également huit moulages de parties du corps des défunts.
- La proposition de loi a été adoptée à l'unanimité dans l'émotion.
- La restitution est demandée par l'association Moliko Alet+Po pour offrir des funérailles et une sépulture sur le sol guyanais.
Contexte historique
L'histoire de ces autochtones est marquée par la tragédie. Recrutés sur de fausses promesses en Amérique du Sud, ils furent exhibés vivants dans des « zoos humains » au Jardin d'acclimatation à Paris en 1892. Les conditions d'hébergement ignobles et le climat européen ont entraîné la mort de ces Amérindiens. Leur dépouille a ensuite été exhumée à des fins anthropologiques à la fin du XIXe siècle.
Catherine Morin-Desailly, sénatrice centriste, a souligné l'importance de cette restitution, déclarant : « Nous parlons d'hommes et de femmes, d'êtres humains arrachés à leur terre, à leur peuple, à leur dignité. Ce ne sont pas seulement des restes humains qui retournent vers la Guyane, ce sont des voix longtemps étouffées qui retrouvent leurs terres, leurs fleuves, leurs forêts, leur ciel. »
Prochaines étapes
Le texte doit désormais être approuvé par l'Assemblée nationale, dernière étape avant la mise en place de ces restitutions très attendues. La ministre de la Culture, Catherine Pégard, a salué l'adoption de ce texte, indiquant qu'il ne pouvait plus « attendre ». Elle s'est également déclarée favorable à l'élaboration d'une loi-cadre pour « faciliter ces restitutions de restes humains en Outre-mer » et répondre aux futures demandes.
En conclusion, la décision du Sénat de restituer les dépouilles d'Amérindiens à la Guyane est un pas important vers la reconnaissance et la réparation d'un chapitre sombre de l'histoire. Il est essentiel de poursuivre ce processus avec respect et dignité pour les communautés concernées.