Le tennisman français Corentin Moutet a été condamné vendredi 19 juin 2026 à une amende de 40 000 dollars par l'Association of Tennis Professionals (ATP) pour avoir proféré des jurons lors d'une interview d'après-match au tournoi du Queen's à Londres. Selon Libération, cette sanction illustre la rigueur croissante des instances dirigeantes du tennis face aux propos jugés inappropriés, même lorsqu'ils sont prononcés sur le ton de l'humour.

Ce qu'il faut retenir

  • Corentin Moutet a été condamné à une amende de 40 000 dollars par l'ATP pour des propos tenus lors d'une interview au tournoi du Queen's, à Londres.
  • Les jurons ont été proférés « sur le ton de l'humour », mais ont été jugés offensants par l'instance internationale.
  • Cette sanction s'inscrit dans un contexte de renforcement des règles disciplinaires au sein du tennis professionnel.
  • Le tournoi du Queen's, disputé sur gazon, est l'un des événements préparatoires à Wimbledon.

Une interview qui tourne au règlement de comptes disciplinaire

Corentin Moutet, 28 ans et classé parmi les 50 meilleurs joueurs mondiaux, a été sanctionné après une interview donnée le 18 juin 2026, lendemain de son match au Queen's. Selon les comptes-rendus relayés par Libération, le joueur français aurait employé à plusieurs reprises l'expression « fuck » dans un contexte humoristique, sans cible directe. Pourtant, l'ATP a considéré ces propos comme une violation des règles de conduite, en vertu de l'article 10.1.2 du code disciplinaire, qui sanctionne « tout comportement ou propos offensant, discriminatoire ou inapproprié ».

La sanction, prononcée moins de 24 heures après les faits, a surpris par son sévérité. Les observateurs notent que l'ATP a récemment durci ses règles en matière de langage, notamment depuis l'affaire impliquant Nick Kyrgios en 2022, lui aussi condamné pour des propos jugés excessifs. « Le tennis n'est pas un sport où l'on peut se permettre ce genre de dérapages, même en plaisantant », a précisé un porte-parole de l'ATP, cité par Libération.

Un puritanisme sportif qui divise

Cette affaire relance le débat sur la place de la liberté d'expression dans le sport professionnel. Corentin Moutet, connu pour son franc-parler et son humour parfois décalé, a réagi sur les réseaux sociaux en qualifiant la sanction de « disproportionnée ». « On ne peut plus rigoler maintenant ? C'est un peu triste », a-t-il déclaré, avant d'ajouter : « J'ai fait une blague, pas un discours de haine. » Son avocat a annoncé envisager un recours devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), estimant que la sanction ne respecte pas le principe de proportionnalité.

Le cas de Moutet n'est pas isolé. En 2025, plusieurs joueurs, dont Andrey Rublev et Jannik Sinner, avaient écopé d'amendes pour des propos jugés « trop agressifs » lors de conférences de presse. Certains observateurs y voient une tendance à l'hyper-régulation, où chaque mot est pesé, au risque de stériliser l'expression spontanée des athlètes. « Le tennis a toujours été un sport où les personnalités fortes s'exprimaient. Aujourd'hui, on a l'impression qu'on cherche à les museler », commente un ancien joueur, sous couvert d'anonymat.

Et maintenant ?

Corentin Moutet a dix jours pour faire appel de la décision auprès du TAS. Si le recours est accepté, l'audience pourrait se tenir avant le début du tournoi de Wimbledon, prévu le 30 juin. Dans l'immédiat, le joueur français doit purger sa suspension de deux matchs en catégorie Challenger, où il s'alignera dès la semaine prochaine. Quant à l'ATP, elle pourrait maintenir sa politique stricte lors des prochains tournois majeurs, à moins qu'une nouvelle affaire ne vienne remettre en cause son approche.

Cette affaire pose en tout cas la question de l'équilibre entre discipline et liberté d'expression dans un sport où l'image compte autant que les performances. Reste à savoir si les instances dirigeantes parviendront à concilier ces deux exigences sans tomber dans l'excès de zèle.

Selon le code disciplinaire de l'ATP, tout propos jugé « inapproprié » peut être sanctionné, indépendamment de l'intention de l'auteur. L'article 10.1.2 du règlement interdit en effet « tout comportement ou propos offensant, discriminatoire ou inapproprié », une formulation suffisamment large pour couvrir des situations comme celle de Moutet. L'instance considère que le langage vulgaire, même utilisé de manière humoristique, porte atteinte à l'image du tennis et peut être perçu comme irrespectueux par une partie du public ou des sponsors.