Être étranger à soi-même, c’était fondamental, a expliqué l’actrice Léa Seydoux à Libération depuis la Croisette. Avec Niels Schneider, elle incarne dans L’Inconnue, film d’Arthur Harari en compétition officielle et projeté ce lundi 18 mai 2026 à Cannes, des personnages ayant échangé leurs corps. Une métamorphose physique et psychologique qui a mis à l’épreuve leur créativité et leur complicité, selon les deux comédiens.

Ce qu'il faut retenir

  • Léa Seydoux et Niels Schneider jouent des personnages ayant échangé leurs corps dans L’Inconnue, film d’Arthur Harari.
  • Le film, en compétition officielle au Festival de Cannes 2026, a été projeté ce lundi 18 mai sur la Croisette.
  • Les acteurs soulignent que cette expérience a « décuplé leur imagination » et relevé un défi de jeu inédit.
  • Le thème central du film repose sur la question de l’identité et de l’étrangeté à soi-même.

Une expérience de jeu radicale

Pour Léa Seydoux et Niels Schneider, incarner des personnages passés dans le corps l’un de l’autre a représenté un défi artistique sans précédent. L’Inconnue, réalisé par Arthur Harari — connu pour ses films comme Diamant noir ou La Fièvre — plonge les spectateurs dans une intrigue où l’identité se fragmente. Selon les deux comédiens interrogés par Libération, cette métamorphose a exigé une remise en question constante de leur propre jeu.

« Etre étranger à soi-même, c’était fondamental », a souligné Léa Seydoux lors de l’entretien. Ce sentiment de décalage, presque de dépersonnalisation, a été au cœur de leur travail d’acteurs. Pour Niels Schneider, cette expérience a aussi révélé des facettes inconnues de son partenaire : « On a dû imaginer des gestes, des tics, des réactions qui ne nous appartiennent pas. C’était comme apprendre à marcher avec d’autres jambes. »

Un film en compétition à Cannes, entre mystère et métamorphose

L’Inconnue s’inscrit dans une sélection exigeante pour la compétition officielle du 79e Festival de Cannes. Le film d’Arthur Harari, dont le scénario explore les limites de l’identité, a été salué par la critique pour son approche audacieuse. Projeté ce lundi 18 mai 2026 devant un public restreint mais attentif, il a suscité des réactions contrastées, entre fascination et perplexité.

— Arthur Harari a-t-il expliqué à Libération que cette histoire de métamorphose lui permettait d’interroger la notion même de « soi ». Pour lui, le film ne se limite pas à une simple intrigue fantastique : il s’agit d’une plongée dans les méandres de la psyché humaine, où chaque personnage doit composer avec une identité qui lui échappe.

Un tournage qui a repoussé les limites du jeu d’acteur

Le tournage de L’Inconnue a été marqué par des séquences exigeantes, tant physiquement que mentalement. Léa Seydoux et Niels Schneider ont dû s’immerger dans des situations où leur propre personnalité était mise à distance. Selon Libération, les répétitions ont inclus des exercices de dissociation, avec des scènes où les acteurs devaient jouer un personnage en même temps qu’ils observaient leur partenaire incarner leur rôle à eux.

Niels Schneider a expliqué que cette expérience avait « décuplé leur imagination ». Pour lui, le film repose sur un paradoxe : « Plus on perd pied avec soi-même, plus on découvre qui on est vraiment. » Un propos que Léa Seydoux a confirmé en évoquant la difficulté à « retrouver sa propre voix après avoir adopté celle de l’autre pendant des semaines ».

Et maintenant ?

Le film L’Inconnue pourrait bénéficier d’une sortie en salles en France à l’automne 2026, si la critique lui réserve un accueil favorable après sa présentation cannoise. Une projection internationale est également envisagée, notamment aux festivals de Toronto ou de Berlin, où Arthur Harari a déjà été programmé. Reste à voir si le public saura s’approprier cette fable sur l’identité, où les frontières entre soi et l’autre s’effritent.

En attendant, la question de la réception du film par le public reste entière. Une chose est sûre : Léa Seydoux et Niels Schneider ont, grâce à ce projet, repoussé les limites de leur art. Comme le rappelle Libération, leur collaboration avec Arthur Harari pourrait marquer un tournant dans leurs carrières respectives.