Le cinéaste français Quentin Dupieux, connu pour son univers surréaliste et absurde, fait ses premiers pas dans l’animation avec Le Vertige, un film dont la bande-annonce, dévoilée ce 18 mai 2026 par Diaphana Distribution sur YouTube, confirme une esthétique délibérément minimaliste et rétro, selon Numerama.
Ce qu'il faut retenir
- Première incursion de Quentin Dupieux dans l’animation avec Le Vertige, un film présenté en clôture de la Quinzaine des Cinéastes au 79e Festival de Cannes.
- Sortie en salles prévue le 10 juin 2026 en France, après une avant-première cannoise.
- L’esthétique du film s’inspire des jeux vidéo des années 1990 et du début des années 2000, avec des graphismes rappelant GTA Vice City ou GoldenEye.
- Le film utilise la capture de mouvement transformée en 3D via Blender, un procédé technique qui donne aux personnages des traits anguleux et des décors similaires à ceux du premier Les Sims.
- Alain Chabat, Anaïs Demoustier et Jonathan Cohen incarnent les rôles principaux, dans une intrigue centrée sur la perception de la réalité.
Avec Le Vertige, Quentin Dupieux marque un tournant dans sa filmographie. Après des longs-métrages en prise de vues réelles comme Rubber ou Mandibules, il délaisse l’image filmée pour s’aventurer sur le terrain de l’animation 3D, un choix artistique assumé qui interroge autant qu’il surprend. Le film sera projeté en clôture de la Quinzaine des Cinéastes lors du 79e Festival de Cannes, avant sa sortie en salles le 10 juin 2026, comme l’indique Numerama.
Pour accompagner l’attente des spectateurs, Diaphana Distribution a mis en ligne ce 18 mai 2026 une bande-annonce aussi décalée que prometteuse. Celle-ci révèle un univers visuel délibérément brut, où les polygones et les textures rappellent les premiers jeux vidéo en 3D, avec des couleurs vives et des formes géométriques marquées. — Une approche qui tranche avec les standards actuels de l’animation, bien plus lissés et réalistes.
Une esthétique rétro assumée, entre hommage et subversion
Le choix graphique de Le Vertige n’est pas anodin. Selon Numerama, le film a été tourné en prise de vues réelles avec capture de mouvement, puis retravaillé en 3D grâce au logiciel libre Blender. Ce procédé donne aux personnages des visages taillés à la serpe, presque caricaturaux, et des décors qui évoquent les environnements des premiers jeux de simulation comme Les Sims ou les titres d’aventure des consoles de la fin des années 1990.
Les références sont multiples : les décors rappellent ceux de GTA Vice City, tandis que l’ambiance générale évoque GoldenEye 007 sur Nintendo 64. Pourtant, Quentin Dupieux ne se contente pas de copier ces univers. Il en détourne les codes pour créer une atmosphère à la fois familière et profondément étrange, où la frontière entre réel et virtuel s’estompe. — Une signature visuelle qui pourrait dérouter les amateurs d’animation traditionnelle, mais qui correspond parfaitement à l’esprit déjanté du réalisateur.
Une intrigue centrée sur la perception de la réalité
L’histoire de Le Vertige s’articule autour de deux personnages principaux. Alain Chabat y incarne Jacques, un homme convaincu que l’humanité vit dans une simulation. Pour étayer sa théorie, il tente de convaincre son ami Bruno, interprété par Jonathan Cohen, de la fausseté de la réalité qui les entoure. Sceptique au départ, Bruno va progressivement être confronté à une série d’événements inexplicables qui ébranlent ses certitudes, comme l’explique Numerama.
Ce thème n’est pas nouveau dans l’œuvre de Quentin Dupieux. Déjà présent dans des films comme Réalité ou Mandibules, il trouve ici une déclinaison inédite grâce à l’animation. Le cinéaste joue avec les codes du genre pour interroger notre rapport au monde, tout en y injectant son humour pince-sans-rire caractéristique. Le résultat évoque Matrix, mais dans une version plus accessible et terre-à-terre, comme le souligne Numerama.
Le film s’inscrit également dans une lignée artistique plus large. On peut y voir un écho à la série documentaire d’Arte « La Vraie Vie », dans laquelle l’acteur Victor Assié explorait le monde virtuel à travers un avatar. Cependant, Quentin Dupieux apporte sa touche personnelle : un mélange de minimalisme graphique et de réflexion philosophique, le tout enveloppé dans une narration absurde et jubilatoire.
Une distribution de choix pour un projet audacieux
Le trio principal de Le Vertige est composé de comédiens aguerris, habitués aux univers décalés. Alain Chabat, déjà présent dans Steak ou RRRrrrr!!!, endosse le rôle de Jacques avec sa verve habituelle. Face à lui, Jonathan Cohen, vu récemment dans En thérapie ou La Fête des mères, incarne Bruno, le personnage sceptique qui finit par douter de tout. Quant à Anaïs Demoustier, connue pour ses rôles dans La Belle Époque ou Les Amandiers, elle complète ce casting avec une présence discrète mais marquante.
Le choix de ces acteurs n’est pas anodin. Leur présence apporte une crédibilité aux dialogues absurdes et aux situations surréalistes du film. Quentin Dupieux, qui a souvent collaboré avec des figures du cinéma indépendant français, semble ici s’amuser à pousser ses partenaires dans des rôles qui sortent de leur zone de confort. — Une audace qui pourrait séduire les fans de son cinéma, mais aussi attirer un public plus large, intrigué par cette première expérience en animation.
Reste à voir si cette esthétique rétro séduira un large public. Le film mise sur un style visuel volontairement brut, qui tranche avec les normes actuelles de l’animation. Pourtant, c’est précisément cette audace qui pourrait faire de Le Vertige une œuvre culte, à l’image des films les plus marquants de Quentin Dupieux.
Le film sortira en salles françaises le 10 juin 2026. Une diffusion à la télévision ou en streaming n’a pas encore été annoncée, mais elle pourrait intervenir quelques mois après la sortie initiale, comme c’est souvent le cas pour les productions françaises.
Non, Le Vertige marque sa première incursion dans l’animation pour un long-métrage. Quentin Dupieux a toujours travaillé avec des images filmées, mais cette fois, il a choisi de s’aventurer sur un terrain nouveau, tout en conservant son style et son humour caractéristiques.