Une campagne d’inspection menée par l’Union européenne dans huit pays a révélé que près de 40 % des vêtements analysés présentaient des étiquettes non conformes. Reporterre, qui publie ces résultats ce 15 juin 2026, souligne que les erreurs concernent principalement les foulards, les hauts et les articles présentés comme « 100 % naturels ».

Ce qu'il faut retenir

  • Sur 132 vêtements testés dans huit pays européens (Allemagne, Chypre, Italie, Portugal, etc.), 37 % des étiquettes étaient incorrectes.
  • Les foulards représentent 80 % des non-conformités relevées, suivis par 54 % des hauts.
  • Les matériaux annoncés sur les étiquettes ne correspondaient pas toujours à la réalité des fibres utilisées.

Une campagne d’inspection européenne aux résultats préoccupants

L’enquête, coordonnée par l’Union européenne, a porté sur 132 articles vestimentaires échantillonnés dans huit pays membres. Les résultats, publiés ce 15 juin 2026 par Reporterre, révèlent un taux d’anomalie de 37 % sur les étiquettes. Autant dire que les consommateurs ne peuvent pas toujours se fier aux mentions portées sur leurs vêtements.

Les foulards figurent en tête des produits non conformes, avec un taux de non-conformité atteignant 80 %. Les hauts (t-shirts, chemises, etc.) suivent avec 54 % d’erreurs sur les étiquettes. Ces écarts concernent notamment les vêtements étiquetés « 100 % lin » ou « 100 % coton », dont la composition réelle peut inclure des fibres synthétiques ou d’autres matériaux non déclarés.

Des erreurs qui touchent aussi les fibres naturelles

L’un des enseignements les plus surprenants de cette enquête concerne les articles présentés comme « 100 % naturels ». Selon Reporterre, de nombreux vêtements en lin, coton ou laine contenaient en réalité des fibres synthétiques, comme le polyester ou l’acrylique, sans que cela soit indiqué sur l’étiquette.

« Ces erreurs peuvent induire en erreur les consommateurs soucieux de l’environnement ou de leur santé », a déclaré un porte-parole de l’association.

Les pays participants à l’enquête incluaient l’Allemagne, Chypre, l’Italie et le Portugal, mais aussi d’autres États membres dont les résultats n’ont pas été détaillés. L’Union européenne n’a pas encore précisé si des sanctions seraient appliquées aux marques concernées, mais cette campagne s’inscrit dans un cadre plus large de lutte contre les pratiques trompeuses dans le secteur textile.

Un problème récurrent dans l’industrie de la mode

Ce n’est pas la première fois que des irrégularités sur les étiquettes de vêtements sont pointées du doigt. En 2024, une étude similaire menée en France avait déjà révélé que 25 % des articles testés comportaient des mentions erronées. Les associations de consommateurs et les organisations environnementales dénoncent régulièrement ces pratiques, qui faussent la transparence et nuisent à la confiance des acheteurs.

Les erreurs peuvent prendre plusieurs formes : absence de mention d’un matériau présent, indication d’un pourcentage de fibres incorrect, ou encore utilisation de termes ambigus comme « fibres naturelles » sans préciser la proportion exacte. Dans certains cas, les étiquettes indiquaient « 100 % coton », alors que les tests montraient la présence de 30 % de polyester.

Et maintenant ?

La Commission européenne devrait publier d’ici la fin de l’année 2026 un rapport complet sur ces irrégularités, incluant des recommandations pour renforcer le contrôle des étiquettes. Les associations de consommateurs appellent à une harmonisation des règles au niveau européen et à des sanctions plus dissuasives pour les marques récalcitrantes. Reste à voir si ces mesures suffiront à rétablir la confiance des consommateurs dans l’industrie textile.

Les résultats de cette enquête rappellent l’importance, pour les acheteurs, de vérifier systématiquement la composition des vêtements, notamment via des applications dédiées ou des certifications indépendantes. Les marques, de leur côté, devront revoir leurs processus de contrôle pour éviter des sanctions futures.

L’enquête a été menée dans huit pays européens : l’Allemagne, Chypre, l’Italie, le Portugal, ainsi que quatre autres États membres non précisés dans les résultats publiés par Reporterre.