Le nombre de campings classés 1 ou 2 étoiles, qu’ils soient privés ou municipaux, recule fortement en France. Pourtant, ces établissements modestes séduisent une partie des vacanciers, notamment lors des pics de chaleur estivale. Une tendance confirmée par une enquête du Monde, qui révèle l’ampleur du phénomène.
Ce qu'il faut retenir
- Entre 2020 et 2025, la France a perdu plus de 500 campings classés 1 ou 2 étoiles, selon les dernières données disponibles.
- Ces établissements, souvent situés en bord de mer ou à proximité de forêts, attirent les touristes en quête de fraîcheur.
- Leur fermeture progressive s’explique par des difficultés économiques et un manque d’investissements.
- Certains propriétaires optent pour des reconversions, comme la location saisonnière ou la vente des terrains.
- Les collectivités locales peinent à maintenir ces sites, faute de budgets suffisants.
Un modèle en voie de disparition malgré son succès en été
Les campings 1 et 2 étoiles, souvent perçus comme des alternatives économiques, voient leur nombre diminuer d’année en année. D’après le quotidien, près de 20 % des sites classés ont disparu depuis 2020, principalement dans les régions rurales ou les zones côtières moins fréquentées. Pourtant, ces établissements jouissent d’une réputation enviable en période de canicule. « Il y a de l’air, la mer pas loin, on est bien », expliquait récemment un vacancier installé dans un camping du Morbihan, cité par Le Monde.
Ces campings offrent des tarifs accessibles, un cadre souvent ombragé et une proximité avec la nature, des atouts qui séduisent les familles ou les retraités. Pourtant, leur avenir est menacé par des contraintes financières croissantes. « Les coûts d’entretien et de modernisation deviennent insupportables pour beaucoup de petits exploitants », a indiqué un responsable de la Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air (FNHPA), interrogé par le journal.
Des fermetures qui s’accélèrent, malgré l’attrait des vacanciers
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre 2023 et 2025, plus de 150 campings 1 ou 2 étoiles ont fermé leurs portes, selon les données du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, compilées par Le Monde. Les raisons sont multiples : vieillissement des infrastructures, concurrence des locations Airbnb, ou encore manque de repreneurs. Certains propriétaires, âgés et sans héritiers intéressés par la reprise, préfèrent vendre plutôt que de moderniser.
Dans les communes rurales, où ces campings représentent parfois une source de revenus non négligeable, les maires s’inquiètent. « Sans ces sites, nous perdons une partie de notre attractivité touristique, surtout en été », a déploré le maire d’une petite commune du Var, contacté par Le Monde. Certains tentent de trouver des solutions, comme des partenariats avec des associations pour maintenir une activité minimale, mais les résultats restent limités.
Des reconversions qui posent question
Face à la baisse de fréquentation, certains exploitants choisissent de transformer leur camping en résidence locative ou en éco-hameau. D’autres optent pour la vente des terrains à des promoteurs immobiliers, souvent attirés par les zones côtières ou les abords des parcs naturels. « C’est un choix difficile, mais économique », a confié un ancien gérant de camping en Bretagne, qui a cédé son terrain l’an dernier.
Ces reconversions, bien que compréhensibles, soulèvent des questions sur l’avenir du tourisme accessible. « En fermant ces petits campings, on risque de priver une partie de la population de vacances abordables », a souligné un économiste spécialisé dans le tourisme, cité par Le Monde.
En attendant, les vacanciers qui privilégient les petits campings en été pourraient bien voir leurs options se réduire. Une certitude : la canicule ne suffira pas à sauver un modèle en quête de souffle.
Les campings 1 et 2 étoiles, souvent gérés par des indépendants ou des collectivités locales, souffrent de difficultés financières accrues. Leur modèle économique, basé sur des tarifs bas et des infrastructures simples, peine à absorber la hausse des coûts d’entretien et de mise aux normes. À l’inverse, les grands campings, souvent détenus par des groupes ou des chaînes, bénéficient de davantage de moyens pour se moderniser ou se diversifier.