Alors que les Britanniques ont placé jeudi Reform UK, le parti de Nigel Farage, en tête des intentions de vote, l’Europe assiste, impuissante, à la progression continue des formations d’extrême droite. En France, le Rassemblement National est désormais donné favori pour les prochaines élections législatives, tandis qu’en Allemagne, l’Alternative für Deutschland (AfD) caracole en tête des sondages pour les législatives de 2027. Selon Libération, cette montée des droites radicales, désormais aux portes du pouvoir dans plusieurs États membres, pousse l’eurodéputé Bernard Guetta à appeler à une alliance inédite des démocrates de gauche, du centre et d’ailleurs pour préserver le modèle européen.
Ce qu'il faut retenir
- Au Royaume-Uni, Reform UK de Nigel Farage arrive en tête des intentions de vote, selon les dernières projections.
- En France, le Rassemblement National est donné favori pour les législatives à venir.
- En Allemagne, l’Alternative für Deutschland (AfD) domine les sondages pour les élections de 2027.
- L’eurodéputé Bernard Guetta plaide pour une union des forces démocratiques face à cette montée des extrêmes.
- Les élections législatives britanniques ont eu lieu jeudi, sans qu’un parti ne remporte la majorité absolue.
Une dynamique électorale inquiétante pour l’Europe
Les résultats électoraux récents au Royaume-Uni illustrent une tendance lourde. Depuis plusieurs mois, les sondages placent Reform UK en tête, avec des scores dépassant parfois les 30 % des intentions de vote. Ce parti, héritier du Brexit Party, incarne une ligne dure sur l’immigration, l’Europe et la souveraineté nationale. Selon les analystes, cette poussée s’inscrit dans un mouvement plus large, observable dans plusieurs pays européens où les partis d’extrême droite gagnent du terrain. « On assiste à une radicalisation des électorats, alimentée par un sentiment de défiance envers les institutions européennes et les gouvernements nationaux », explique un politologue interrogé par Libération.
La France et l’Allemagne, deux pays sous tension
En France, le Rassemblement National (RN) a réalisé une percée historique lors des dernières européennes, et les législatives anticipées pourraient lui ouvrir les portes du pouvoir. Les projections actuelles le placent en tête, devant la coalition présidentielle et la gauche. « Si le RN arrive au gouvernement, ce serait une première depuis des décennies », souligne un expert en droit constitutionnel. De l’autre côté du Rhin, l’Alternative für Deutschland (AfD), parti classé à l’extrême droite, domine les intentions de vote pour les législatives de 2027. Son programme, axé sur la limitation de l’immigration et la remise en cause de l’UE, séduit une partie croissante de l’électorat.
L’appel à l’union des démocrates par Bernard Guetta
Face à cette situation, l’eurodéputé Bernard Guetta, figure historique du Parlement européen, a lancé un appel solennel à l’union de tous les démocrates, de gauche comme du centre. « La seule réponse possible à cette montée des extrêmes, c’est une alliance large, sans exclusive, qui rassemble tous ceux qui croient encore en l’Europe sociale, écologique et fédérale », a-t-il déclaré. Selon lui, cette union doit se concrétiser rapidement, avant que les prochaines élections européennes de 2029 ne scellent définitivement le sort du projet européen. « Le temps presse. Chaque jour compte », a-t-il insisté.
« La seule réponse possible à cette montée des extrêmes, c’est une alliance large, sans exclusive, qui rassemble tous ceux qui croient encore en l’Europe sociale, écologique et fédérale. »
Bernard Guetta, eurodéputé
Face à cette situation, la Commission européenne pourrait proposer un plan de relance démocratique, incluant des mesures pour renforcer la participation citoyenne et lutter contre la désinformation. Une convention sur l’avenir de l’Europe, prévue pour 2027, pourrait aussi servir de cadre à cette refondation. Reste à savoir si les partis démocrates parviendront à dépasser leurs divergences pour s’unir face à la menace.
Bernard Guetta évoque une union large incluant les partis sociaux-démocrates, écologistes, libéraux et centristes, sans exclure les forces progressistes de droite modérée. L’idée est de créer un front commun contre l’extrême droite, même si les divergences idéologiques pourraient compliquer cette alliance.