Une quarantaine de salariés et bénévoles occupent depuis le 5 mai les locaux parisiens de Greenpeace, au 22 rue des Vinaigriers dans le 10e arrondissement, pour s’opposer au plan de licenciements prévu par la direction. Selon Reporterre, ce projet prévoit la suppression d’un quart des effectifs d’ici cet été, un chiffre qui suscite une mobilisation immédiate au sein de l’ONG environnementale. L’occupation, qui a débuté il y a deux jours, s’inscrit dans une dynamique de résistance face à une décision perçue comme une « purge » par les militants.

Ce qu'il faut retenir

  • Un quart des effectifs menacés : Greenpeace France prévoit de licencier 25 % de ses salariés d’ici l’été 2026, selon des informations rapportées par Reporterre.
  • Occupation des locaux parisiens : Depuis le 5 mai, une quarantaine de salariés et bénévoles occupent les bureaux du 10e arrondissement pour exiger le retrait du plan social.
  • Un symbole fort : Une banderole historique, utilisée lors de la mobilisation contre la réforme des retraites en 2023, a été déployée sur la façade du bâtiment.
  • Contexte tendu : Cette décision intervient dans un contexte où Greenpeace, comme d’autres ONG, fait face à des défis financiers croissants, notamment liés à la baisse des dons.
  • Objectif affiché : Les manifestants réclament un dialogue avec la direction pour éviter les licenciements et trouver des alternatives économiques.

Greenpeace France face à un tournant social

La direction de Greenpeace France justifie ce plan par des difficultés financières persistantes, liées notamment à une baisse des financements privés et publics. D’après les chiffres communiqués en interne et relayés par Reporterre, l’ONG enregistre un déficit structurel depuis deux ans, ce qui l’oblige à revoir drastiquement ses dépenses. Pourtant, cette annonce a provoqué une levée de boucliers parmi les salariés, qui dénoncent une décision brutale et un manque de transparence dans la gestion de la crise. « On ne comprend pas comment une organisation comme la nôtre, dont la mission est de protéger l’environnement, peut se permettre de licencier massivement », a réagi un employé sous couvert d’anonymat.

L’occupation des locaux, qui s’est installée dans la nuit du 4 au 5 mai, s’accompagne de revendications précises : les manifestants exigent la publication des comptes détaillés de l’association, ainsi qu’un moratoire sur les licenciements jusqu’à ce qu’un plan de sauvetage alternatif soit proposé. Côté direction, on rappelle que aucune solution n’est exclue pour éviter les suppressions d’emplois, mais sans garantie sur leur maintien. « Nous explorons toutes les pistes, y compris une réduction temporaire des salaires ou des heures supplémentaires », a indiqué un porte-parole de Greenpeace France, qui a souhaité conserver l’anonymat.

Un héritage militant mis à contribution

Pour marquer le coup, les occupants ont réutilisé une banderole de 2023, déployée lors des manifestations contre la réforme des retraites. Ce choix n’est pas anodin : il rappelle la capacité de mobilisation historique de Greenpeace et de ses soutiens. « Cette banderole, c’est le symbole de nos luttes passées. Aujourd’hui, on se bat pour notre survie en tant qu’organisation », a expliqué une militante présente sur place. Le bâtiment, situé dans un quartier emblématique de Paris, est désormais un point de ralliement pour les défenseurs de l’environnement, mais aussi pour les syndicats solidaires.

Parmi les soutiens extérieurs, plusieurs collectifs écologistes et associations de défense des droits des travailleurs ont annoncé leur venue dans les prochains jours. « On ne laissera pas Greenpeace devenir un exemple de ce que le capitalisme fait aux organisations qui défendent le bien commun », a déclaré un représentant du Collectif pour le Climat, présent lors de la première journée d’occupation. Ces renforts pourraient donner un nouveau souffle à la mobilisation, déjà relayée sur les réseaux sociaux sous le hashtag #GreenpeacePasSansNous.

Et maintenant ?

La direction de Greenpeace France doit organiser une réunion exceptionnelle avec les représentants du personnel d’ici la fin de la semaine, selon des informations obtenues par Reporterre. Les salariés menacés attendent des propositions concrètes, tandis que les occupants maintiennent leur occupation tant que leurs revendications ne seront pas entendues. Une autre réunion est prévue le 12 mai avec les syndicats, mais aucune date n’a encore été fixée pour un éventuel retrait des locaux. Autant dire que la tension ne devrait pas retomber de sitôt.

Cette crise survient alors que le secteur associatif français traverse une période difficile, avec une baisse globale des dons et une augmentation des coûts opérationnels. Greenpeace, qui emploie environ 300 personnes en France, n’est pas la seule ONG confrontée à ces défis. D’autres organisations, comme WWF ou Les Amis de la Terre, ont récemment annoncé des plans de restructuration, bien moins médiatisés. Bref, cette mobilisation pourrait bien devenir un symbole des luttes à venir pour la survie des structures militantes dans un contexte économique incertain.