Selon Euronews FR, des médias iraniens proches des Gardiens de la révolution poussent Téhéran à imposer des taxes sur les câbles sous-marins à fibre optique traversant le détroit d'Ormuz, estimant que cette infrastructure stratégique pourrait rapporter des milliards de dollars et offrir à l'Iran un nouveau moyen de pression sur l'Occident.

Ces câbles sous-marins sont essentiels au fonctionnement des services cloud, des systèmes de messagerie financière comme SWIFT et d'une large partie du trafic internet mondial. L'agence Tasnim, affiliée au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), propose que l'Iran prélève des droits de transit auprès des consortiums internationaux exploitant ces câbles, fournisse des services de maintenance et contraigne des géants technologiques comme Google, Meta, Microsoft et Amazon à se conformer à la réglementation iranienne.

Ce qu'il faut retenir

  • L'Iran veut imposer des taxes sur les câbles sous-marins à fibre optique traversant le détroit d'Ormuz.
  • Ces câbles sous-marins sont essentiels au fonctionnement des services cloud et des systèmes de messagerie financière.
  • L'Iran veut prélève des droits de transit auprès des consortiums internationaux exploitant ces câbles.
  • Les géants technologiques comme Google, Meta, Microsoft et Amazon devraient se conformer à la réglementation iranienne.
  • Le détroit d'Ormuz est une voie maritime stratégique qui sépare l'Iran d'Oman.

Les enjeux économiques et politiques

Mostafa Taheri, membre de la commission parlementaire iranienne de l'Industrie, estime que ces droits de transit pourraient générer jusqu'à 15 milliards de dollars de revenus. Tasnim et l'agence Fars, également liée au CGRI, vont plus loin en évoquant la possibilité pour l'Iran de surveiller les flux de données transitant par ces câbles.

La base juridique de ces propositions apparaît toutefois fragile. Des médias iraniens invoquent la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), en soutenant que la configuration étroite du détroit placerait ses fonds marins sous la juridiction de l'Iran et d'Oman. Mais la CNUDM consacre le principe du passage en transit, qui garantit la liberté et la continuité du trafic maritime et des communications internationales dans les détroits stratégiques.

Les conséquences pour l'Iran et la communauté internationale

Le détroit d'Ormuz, qui sépare l'Iran d'Oman, ne mesure qu'environ 22 kilomètres dans sa partie la plus étroite. En temps normal, près d'un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial y transite. Au début du conflit, l'Iran a fermé le passage à la navigation commerciale, provoquant une flambée des prix de l'énergie.

La marine américaine a ensuite instauré un blocus de facto des ports iraniens le 13 avril. Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, mais reste fragile. Cette semaine, le président américain Donald Trump l'a décrit comme n'ayant "qu'une chance sur deux" de tenir.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer l'issue de ce conflit. L'Iran devra décider si elle maintiendra sa pression sur l'Occident en utilisant les câbles sous-marins comme levier de négociation. La communauté internationale devra également prendre position sur cette question et trouver un moyen de résoudre le conflit de manière pacifique.

En conclusion, la situation au détroit d'Ormuz est complexe et volatile. L'Iran utilise les câbles sous-marins comme moyen de pression sur l'Occident, mais la base juridique de ces propositions est fragile. La communauté internationale devra trouver un moyen de résoudre ce conflit de manière pacifique et préserver la liberté de navigation et de communication dans les détroits stratégiques.