Depuis le 1er septembre, les moustiques tigres n’ont plus le droit de survoler la commune de Saint-Just-Saint-Rambert, dans la Loire. Une décision inédite prise par le maire Olivier Joly, qui s’appuie sur un arrêté municipal pour tenter de répondre à l’exaspération croissante des habitants face aux nuisances répétées de ces insectes. Selon nos confrères du Figaro, l’élu divers droite justifie cette mesure par le caractère « agaçant et exaspérant » des vols rasants, des cercles et des piqûres des moustiques tigres, désormais endémiques dans la région.
Ce qu'il faut retenir
- Le maire de Saint-Just-Saint-Rambert a signé un arrêté municipal le 1er septembre 2026 pour interdire aux moustiques tigres de survoler la commune.
- L’arrêté précise que tout moustique tigre ne respectant pas cette consigne s’expose à des « poursuites », bien qu’aucun n’ait encore été verbalisé.
- La municipalité a déjà investi 45 000 euros dans des dispositifs anti-moustiques (pièges, nichoirs, mâts solaires) et incite les habitants à éliminer les eaux stagnantes.
- La prolifération du moustique tigre en France, liée au réchauffement climatique, pourrait couvrir tout le territoire d’ici 2085, hors zones montagneuses.
Si la mesure peut prêter à sourire, elle reflète un problème bien réel pour les 15 000 habitants de la commune. Olivier Joly explique, dans une déclaration à l’AFP reprise par le Figaro, avoir été interpellé par des riverains excédés : « Lorsque je suis rentré de vacances, des administrés me sont tombés dessus en me disant : *On ne peut plus prendre l’apéro dehors !* » La municipalité a donc décidé de réagir en mobilisant ses outils juridiques, mais aussi en installant des équipements anti-moustiques. Pièges à moustiques, gîtes à chauve-souris, nichoirs à mésanges et mâts solaires pour attirer les hirondelles, prédateurs naturels de ces insectes, composent désormais le paysage urbain. Autant dire que la lutte anti-vectorielle prend une dimension à la fois locale et originale.
Une mobilisation citoyenne et municipale contre un ennemi tenace
Outre les dispositifs mis en place, l’arrêté municipal insiste sur la responsabilité individuelle. Olivier Joly rappelle que « chacun doit faire sa part » dans la lutte contre le moustique tigre, dont la durée de vie moyenne se limite à 150 mètres autour de son lieu de naissance. Les habitants sont donc invités à supprimer les eaux stagnantes dans les seaux, les soucoupes de pots de fleurs ou les pneus usagés, à entretenir les gouttières et les caniveaux, et à couvrir ou traiter les bassins. Ces gestes simples, mais essentiels, pourraient réduire significativement la prolifération des moustiques. « Aucun moustique n’a été arrêté ou verbalisé » pour l’heure, admet le maire avec une pointe d’ironie, tout en soulignant l’importance de cette mobilisation collective.
« C’est un sujet sérieux et léger à la fois, mais ces petites choses peuvent nous pourrir la vie. »
Olivier Joly, maire de Saint-Just-Saint-Rambert
Le moustique tigre, une menace en expansion
D’origine tropicale, le moustique tigre (Aedes albopictus) s’est installé en France hexagonale depuis 2004. Son expansion s’accélère sous l’effet du réchauffement climatique, transformant des régions autrefois épargnées en zones à risque. Selon une étude récente de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), du Cirad et de l’Abdus Salam International Centre for Theoretical Physics, le moustique tigre pourrait coloniser tout le territoire français d’ici 2085, à l’exception des zones montagneuses. Cette progression s’accompagne d’un risque accru de transmission autochtone de maladies comme la dengue, le chikungunya ou Zika.
Face à cette menace, les collectivités locales multiplient les initiatives. Certaines communes, comme celle de Saint-Just-Saint-Rambert, misent sur des solutions naturelles ou juridiques, tandis que d’autres renforcent les campagnes de démoustication chimique. Pourtant, les experts s’accordent sur un point : sans une action coordonnée entre citoyens, municipalités et État, la lutte contre le moustique tigre restera un combat inégal. Le réchauffement climatique, en particulier, joue en défaveur des défenseurs de la tranquillité publique.
En attendant, les habitants de Saint-Just-Saint-Rambert peuvent déjà constater les effets de cette mobilisation : les terrasses des cafés, souvent désertées l’été dernier, commencent à se remplir à nouveau. Une petite victoire, peut-être, mais une victoire tout de même.
Le moustique tigre est un vecteur potentiel de maladies tropicales comme la dengue, le chikungunya ou Zika. Son expansion en France, favorisée par le réchauffement climatique, augmente le risque de transmission autochtone de ces virus, d’où la nécessité de le contrôler.