La pédopsychiatre Laelia Benoit et la psychologue clinicienne Manuela Santa Marina appellent à « mettre fin aux doubles discours et à l’inaction » pour endiguer l’éco-anxiété. Selon nos confrères de Libération, un nouveau baromètre, publié ce vendredi 3 septembre 2026, confirme une augmentation de ce désarroi lié à la dégradation environnementale. Plutôt que de pathologiser ce sentiment, les deux spécialistes prônent une approche politique pour y répondre.

Ce qu'il faut retenir

  • Un nouveau baromètre sur l’éco-anxiété, publié ce vendredi 3 septembre 2026, montre une hausse du phénomène.
  • La pédopsychiatre Laelia Benoit et la psychologue clinicienne Manuela Santa Marina soulignent la nécessité de ne pas pathologiser l’éco-anxiété.
  • Elles appellent à une politisation du sujet, en pointant du doigt les doubles discours et l’inaction.

Un baromètre pour mesurer l’ampleur du phénomène

Le nouvel outil, dévoilé ce vendredi 3 septembre 2026, dresse un état des lieux de l’éco-anxiété en France. D’après Libération, il révèle une augmentation significative du nombre de personnes affectées par ce sentiment de détresse face à la dégradation de l’environnement. Les données recueillies couvrent des profils variés, des adolescents aux adultes, et mettent en lumière une tendance préoccupante, particulièrement chez les jeunes générations.

Pour les deux spécialistes, ce baromètre n’est pas seulement un indicateur. Il sert aussi d’outil pour alerter sur l’urgence d’agir, alors que les discours politiques et médiatiques peinent à concilier urgence écologique et mesures concrètes.

L’éco-anxiété, un symptôme à ne pas minimiser

Manuela Santa Marina, psychologue clinicienne, rappelle que l’éco-anxiété « n’est pas une pathologie, mais une réaction saine face à l’inaction climatique ». Selon elle, cette souffrance psychique doit être comprise comme un signal d’alerte, et non comme une maladie à soigner. « Quand on parle d’éco-anxiété, on parle d’une angoisse légitime, qui reflète la prise de conscience des crises écologiques », a-t-elle déclaré à Libération.

De son côté, Laelia Benoit, pédopsychiatre, insiste sur l’impact de cette angoisse chez les jeunes. « Les enfants et les adolescents sont particulièrement vulnérables, car ils sont les premiers à subir les conséquences de nos échecs environnementaux. Leur désarroi n’est pas une exagération, mais une réponse rationnelle à un monde en crise », a-t-elle ajouté.

Les doubles discours pointés du doigt

Les deux expertes dénoncent les contradictions des acteurs politiques et économiques, dont les engagements en faveur de l’écologie restent souvent lettre morte. « On nous parle de transition juste, mais les mesures concrètes se font attendre », a souligné Manuela Santa Marina. Pour elles, l’éco-anxiété persistera tant que les discours ne seront pas suivis d’actes.

Leur analyse rejoint celle d’autres spécialistes, qui estiment que la multiplication des alertes sans actions tangibles contribue à renforcer le sentiment d’impuissance chez les citoyens. « Autant dire que les promesses non tenues sont un terreau fertile pour l’éco-anxiété », a résumé Laelia Benoit.

« Il ne faut pas pathologiser l’éco-anxiété, mais la politiser. »
— Laelia Benoit, pédopsychiatre

Et maintenant ?

Pour les deux spécialistes, la prochaine étape consisterait à intégrer systématiquement la question de l’éco-anxiété dans les politiques publiques. Une pétition en ligne, lancée il y a plusieurs mois, réclame notamment la création d’un « référent éco-anxiété » au sein des établissements scolaires. Les prochains mois pourraient voir émerger des débats parlementaires sur le sujet, à l’approche des échéances électorales de 2027.

Cette approche soulève cependant des questions sur les moyens à mettre en œuvre. Comment concilier urgence écologique et bien-être mental des citoyens ? Les pouvoirs publics parviendront-ils à transformer cette prise de conscience en actions durables ? Autant de défis qui restent à relever, alors que le baromètre de 2026 confirme l’urgence de la situation.