L’enseigne d’ameublement et de décoration Maisons du Monde traverse une crise majeure, selon Le Figaro. L’entreprise a annoncé, vendredi 13 juin 2026, une perte nette de 406 millions d’euros pour l’exercice 2025, un résultat qui s’ajoute à un contexte sectoriel déjà très dégradé. Pour éviter une faillite, un projet de refinancement a été engagé avec deux fonds d’investissement britanniques, Alteri Investors et Eicos Investment Group. Ce plan, qui pourrait conduire à une prise de contrôle de l’entreprise, doit encore obtenir l’aval des actionnaires avant le 15 septembre 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • Perte nette de 406 millions d’euros en 2025, principalement due à des dépréciations d’actifs comptables pour 350 millions d’euros.
  • Un refinancement est en cours avec les fonds Alteri Investors et Eicos Investment Group, qui pourraient détenir 95 % du capital à terme.
  • Sans accord avant le 15 septembre 2026, la société risque d’ouvrir une procédure de redressement judiciaire.
  • Le chiffre d’affaires 2025 s’élève à 947 millions d’euros, en baisse de 5 % sur un an.
  • Les ventes en ligne reculent de 10 % au premier trimestre 2026, tandis que les magasins physiques résistent mieux (-0,2 %).

Une perte historique qui reflète les difficultés du secteur

Maisons du Monde a enregistré une perte nette de 406 millions d’euros pour l’année 2025, un chiffre qui marque un tournant dans la gestion de l’entreprise, selon Le Figaro. Cette perte s’explique en grande partie par des dépréciations d’actifs comptables, dites « non-cash », d’un montant de 350 millions d’euros. Ces ajustements, qui n’affectent pas directement la trésorerie, sont liés à la réduction du réseau logistique et à la perte de valeur comptable de la marque, estimée à 50 millions d’euros. Le groupe, dont les ventes reculent depuis 2022, subit de plein fouet un marché de l’ameublement en forte contraction.

Le chiffre d’affaires de l’entreprise s’est établi à 947 millions d’euros en 2025, soit une baisse de 5 % par rapport à l’année précédente. Ce recul s’inscrit dans un environnement économique difficile, marqué par un immobilier atone et une concurrence accrue, notamment de la part de marques chinoises. Le secteur, autrefois porté par l’euphorie post-Covid, peine désormais à retrouver sa dynamique d’avant 2022. Plusieurs enseignes ont déjà cédé face à cette pression : Casa a disparu en 2025, et Alinea a été placé en liquidation judiciaire fin mars 2026, entraînant le licenciement de 1 200 salariés.

Un plan de refinancement pour éviter le pire

Face à cette situation critique, Maisons du Monde a engagé des négociations avec deux fonds d’investissement britanniques, Alteri Investors et Eicos Investment Group, en vue d’un refinancement. Ce projet, qui pourrait aboutir à une prise de contrôle de l’entreprise, doit encore être validé par les actionnaires avant le 15 septembre 2026. Sans cet accord, la société se verrait contrainte de demander l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire, une issue qui pourrait mettre en péril son avenir.

François-Melchior de Polignac, le dirigeant du groupe, a indiqué que cet accord permettrait de « sécuriser l’avenir » de Maisons du Monde. Les deux fonds pourraient, à terme, détenir 95 % du capital de l’entreprise cotée en Bourse. L’objectif est de renforcer la trésorerie et de restructurer l’enseigne pour lui permettre de traverser cette période difficile. Maisons du Monde avait déjà reporté, mi-avril 2026, la publication de ses résultats annuels, justifiant cette décision par la nécessité de finaliser les discussions avec les nouveaux investisseurs.

Des ventes en ligne en forte baisse, mais des magasins physiques qui résistent

Les difficultés de Maisons du Monde se reflètent également dans ses performances commerciales. En 2025, les ventes du groupe ont reculé de 5 %, un chiffre qui s’explique en partie par la baisse de la demande dans un marché globalement en recul. Au premier trimestre 2026, la tendance s’est poursuivie, avec un repli de 2,8 % des ventes à périmètre comparable. Cependant, cette baisse masque des disparités importantes entre les canaux de distribution.

Les ventes en ligne, qui représentent une part croissante du chiffre d’affaires, ont enregistré un recul de 10 % au premier trimestre 2026. Cette tendance illustre les difficultés du e-commerce dans un secteur où les consommateurs restent prudents. À l’inverse, les magasins physiques ont mieux résisté, avec une stabilité des ventes (-0,2 % sur un an). Cette résistance relative des points de vente traditionnels pourrait s’expliquer par l’expérience client et la possibilité de toucher, voir et essayer les produits avant achat.

Un secteur en pleine mutation, sous pression chinoise

La crise que traverse Maisons du Monde s’inscrit dans un contexte sectoriel particulièrement tendu. Après le boom des ventes post-Covid, le marché de l’ameublement et de la décoration connaît un net ralentissement, en partie lié à la baisse de l’immobilier. Les ménages, moins enclins à déménager ou à rénover, réduisent leurs dépenses en ameublement. Parallèlement, la concurrence des marques chinoises, souvent moins chères et innovantes, s’intensifie, mettant à rude épreuve les enseignes européennes traditionnelles.

Ce phénomène n’est pas nouveau, mais il s’est accéléré ces dernières années, poussant plusieurs acteurs historiques vers le dépôt de bilan. Le cas d’Alinea, liquidé en mars 2026 avec 1 200 emplois supprimés, est emblématique de cette crise. Pour Maisons du Monde, l’enjeu est double : réduire ses coûts et moderniser son offre pour faire face à cette concurrence accrue, tout en maintenant une présence physique attractive.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour Maisons du Monde. L’approbation par les actionnaires du projet de refinancement avec Alteri Investors et Eicos Investment Group, attendue avant le 15 septembre 2026, conditionnera l’avenir de l’entreprise. Si l’accord est validé, le groupe bénéficiera d’un apport de liquidités et d’une restructuration de sa dette, ce qui pourrait lui permettre de se repositionner sur un marché en déclin. En revanche, en cas d’échec des négociations, une procédure de redressement judiciaire deviendrait quasi inévitable, avec des conséquences potentiellement lourdes pour les salariés et les fournisseurs.

Quel que soit l’issue, le secteur de l’ameublement reste sous haute tension. Les enseignes devront innover et s’adapter à un consommateur plus exigeant et moins dépensier, tandis que la pression des marques chinoises ne devrait pas faiblir. Pour Maisons du Monde, la survie pourrait passer par une recentrage sur ses forces, notamment son réseau de magasins physiques, tout en repensant son modèle commercial.

Quant au marché, il pourrait connaître d’autres mouvements dans les mois à venir, d’autres acteurs étant également fragilisés par la baisse de la demande et la concurrence accrue.

Les deux fonds britanniques sont Alteri Investors et Eicos Investment Group. Ensemble, ils pourraient détenir jusqu’à 95 % du capital de Maisons du Monde si le projet de refinancement est validé par les actionnaires avant le 15 septembre 2026.

Les ventes en ligne de Maisons du Monde ont reculé de 10 % au premier trimestre 2026, contre une stabilité (-0,2 %) pour les magasins physiques. Cette différence s’explique par une baisse générale de la demande en ligne dans le secteur, mais aussi par la préférence des consommateurs pour l’expérience en magasin, notamment pour l’ameublement où le toucher et l’essai des produits restent importants.