Le transfert des quatorze cétacés du Marineland d’Antibes, initialement prévu pour début mai, est à nouveau retardé. Cette décision intervient malgré les déclarations insistantes du ministre de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, qui avait souligné l’urgence de la situation lors de sa visite sur place le 5 mai 2026. Selon Le Figaro, les deux orques Wikie et Keijo, ainsi que les douze dauphins, devaient quitter Antibes « prochainement » en direction de l’Espagne, où ils devaient être accueillis dans différents parcs avant un éventuel transfert au zoo de Beauval.

Ce qu'il faut retenir

  • Les quatorze cétacés du Marineland d’Antibes (2 orques et 12 dauphins) devaient être transférés en Espagne « prochainement » début mai, selon le ministre de la Transition écologique.
  • Le PDG du parc, Pascal Ferracci, avait évoqué un départ « dans les semaines » à venir, mais les transferts sont désormais repoussés à la rentrée 2026.
  • Les orques doivent rejoindre Tenerife, tandis que les dauphins devaient être répartis entre Valence et Malaga avant un possible transfert à Beauval.
  • Les contraintes logistiques, notamment le transport aérien depuis Nice, et la vague de chaleur actuelle compliquent l’organisation du déplacement.
  • Les associations de défense animale, comme Tilikum’s Spirit, critiquent déjà les délais et dénoncent une fragmentation des groupes sociaux des dauphins.

Un projet maintes fois repoussé

Présenté comme imminent en mai dernier, le transfert des cétacés vers l’Espagne s’inscrit dans un processus engagé depuis plusieurs années. Le ministre Mathieu Lefèvre avait alors martelé l’urgence de la situation, évoquant les bassins vieillissants du parc antibois, « décrépits » et en mauvais état. « L’urgence de la situation » était même soulignée devant les bassins où évoluent encore les deux épaulards, selon les termes rapportés par Le Figaro. Pourtant, malgré ces déclarations, les animaux ne quitteront pas Antibes avant plusieurs mois.

La direction du parc, dirigée par Pascal Ferracci, avait initialement évoqué un départ « dans les semaines » suivant la visite ministérielle. Mais les retards s’accumulent. Si une fin juin était autrefois évoquée, l’horizon de la rentrée 2026 est désormais privilégié pour les orques, tandis que les dauphins devraient partir « au cours de l’été », selon des sources concordantes. Une nouvelle preuve que les obstacles, qu’ils soient logistiques, sanitaires ou climatiques, freinent la concrétisation de ce projet.

Des défis logistiques et climatiques

Le transfert des cétacés représente un défi de taille, notamment en raison des contraintes liées au transport aérien. Les animaux devront être acheminés depuis l’aéroport de Nice, ce qui nécessite une coordination complexe avec les autorités aéroportuaires et les compagnies aériennes. Une opération déjà délicate en temps normal, mais rendue encore plus ardue par la vague de chaleur qui s’abat sur la France depuis juin. Pour limiter les risques, une solution envisagée serait un départ de nuit, afin d’éviter les températures extrêmes en journée.

Les associations de défense animale, dont Tilikum’s Spirit, n’ont pas tardé à réagir. Elles dénoncent déjà la possibilité d’un départ des dauphins « dans la première quinzaine de juillet », craignant une séparation brutale de leurs groupes sociaux. Ce transfert, déjà critiqué pour son manque de préparation, risque de fragiliser davantage ces animaux, habitués à une vie en communauté depuis des années dans les bassins du Marineland.

Un parc en déclin et des salariés en sursis

Depuis janvier 2025, le Marineland d’Antibes fonctionne au ralenti, voire en « parc fantôme » pour certains observateurs. Les bassins, autrefois animés par un public nombreux, sont désormais désertés. Leur état de dégradation est tel que la direction a multiplié les alertes sur le bien-être des animaux, soulignant la vétusté des installations et les risques sanitaires encourus. Une quarantaine de salariés, principalement des soigneurs, continuent pourtant de travailler sur le site, dans l’attente du transfert des cétacés.

Ce report prolongé soulève des questions sur la capacité des autorités à garantir une issue rapide et sécurisée pour ces animaux. Le Figaro rappelle que la recherche d’une solution viable pour les quatorze mammifères dure depuis plusieurs années, sans résultat concret à ce jour. La dégradation des infrastructures, couplée aux retards administratifs et logistiques, laisse planer le doute sur la possibilité d’une relocalisation réussie.

« Conformément aux déclarations du ministre lors de sa venue à Marineland début mai, les dauphins vont partir. »
— Direction du parc Marineland d’Antibes

Et maintenant ?

Si la rentrée 2026 est désormais évoquée pour le départ des orques, aucune date précise n’a été confirmée à ce jour. Les conditions climatiques de l’été pourraient encore influencer les décisions, tout comme les contraintes logistiques liées au transport aérien. Les associations de défense animale, elles, maintiennent la pression pour que le transfert se fasse dans les meilleures conditions possibles, sans précipitation excessive. Une chose est sûre : le Marineland d’Antibes, déjà en sursis, ne pourra pas indéfiniment retarder cette échéance.

Les prochaines semaines devraient être déterminantes. La direction du parc et les autorités espagnoles devront finaliser les préparatifs, tandis que les associations continueront de surveiller les conditions dans lesquelles ces animaux, capturés pour certains il y a des décennies, quitteront définitivement la France. Pour l’heure, les quatorze cétacés restent sous observation, dans l’attente d’une issue qui tarde à se concrétiser.

Le projet se heurte à plusieurs obstacles : la dégradation des bassins du parc, qui pose des questions sur le bien-être animal ; les contraintes logistiques liées au transport aérien depuis Nice ; et les conditions climatiques actuelles, avec une vague de chaleur qui complique les déplacements. De plus, la recherche d’une solution viable pour ces cétacés dure depuis des années, sans accord définitif sur leur destination finale.

Les deux orques, Wikie et Keijo, doivent être transférées à Tenerife, en Espagne. Les douze dauphins devaient initialement être répartis entre Valence et Malaga, avec un éventuel transfert ultérieur au zoo de Beauval en France.