« Les marins ne sont pas privés de nourriture. » C’est la précision apportée par Guillaume Le Rasle, porte-parole de la préfecture maritime de l’Atlantique, concernant les conditions de vie à bord des navires arraisonnés, comme ce fut le cas du Grinch à Marseille en janvier 2026 ou du Tagor, actuellement immobilisé dans le Finistère. Selon Ouest France, ces deux bâtiments sont soupçonnés d’appartenir à la fameuse « flotte fantôme » russe, utilisée pour contourner les sanctions internationales.
Ce qu'il faut retenir
- Les marins à bord des navires arraisonnés, comme le Grinch et le Tagor, ne subissent pas de privation alimentaire, selon la préfecture maritime de l’Atlantique.
- Le Grinch a été arraisonné à Marseille en janvier 2026 et le Tagor l’est actuellement dans le Finistère.
- Ces deux navires sont suspectés d’appartenir à la « flotte fantôme » russe, impliquée dans le contournement des sanctions économiques.
Des conditions de vie surveillées de près
Guillaume Le Rasle a tenu à clarifier la situation, alors que des rumeurs circulaient sur d’éventuelles restrictions alimentaires à bord de ces navires. « Les marins bénéficient des mêmes droits et des mêmes conditions de vie que sur tout autre navire arraisonné », a-t-il déclaré. La préfecture maritime insiste sur le respect des protocoles internationaux en matière de traitement des équipages, qu’ils soient impliqués ou non dans des activités suspectes. Ces mesures s’inscrivent dans le cadre des contrôles renforcés menés depuis plusieurs mois en mer Méditerranée et dans l’Atlantique.
Le Tagor, dernier navire arraisonné dans le Finistère
Depuis plusieurs semaines, le Tagor, un cargo battant pavillon russe, fait l’objet d’une surveillance accrue dans les eaux du Finistère. Les autorités maritimes ont confirmé son arraisonnement le 22 mai 2026, après une inspection approfondie. Les investigations se poursuivent pour déterminer son rôle exact au sein de la « flotte fantôme », un réseau de navires utilisés pour exporter du pétrole russe malgré les embargos. Aucune information n’a filtré sur une éventuelle libération prochaine du navire ou de son équipage.
Côté équipage, les marins interrogés par Ouest France ont confirmé ne pas avoir subi de restrictions alimentaires. « On nous sert trois repas par jour, comme à l’accoutumée », a témoigné l’un d’eux sous couvert d’anonymat. Les autorités maritimes ont rappelé que les marins, même suspectés d’appartenir à des réseaux illégaux, restent sous protection des conventions internationales.
Le précédent du Grinch à Marseille
Le cas du Grinch avait marqué les esprits en janvier 2026, lorsque les autorités françaises avaient arraisonné ce navire dans le port de Marseille. Soupçonné de transporter du matériel à double usage, il avait été immobilisé pendant plusieurs semaines. Après une enquête, les marins avaient été autorisés à quitter le navire, tandis que les investigations se poursuivaient sur la cargaison et son origine. — Autant dire que l’affaire avait mis en lumière les méthodes de la « flotte fantôme », capable de mobiliser des navires sous différents pavillons pour échapper aux contrôles.
Une réponse aux soupçons sur la « flotte fantôme »
Les déclarations de Guillaume Le Rasle interviennent alors que l’Union européenne renforce ses sanctions contre la Russie, notamment sur les exportations d’hydrocarbures. La « flotte fantôme » – composée de pétroliers souvent vétustes et difficiles à tracer – est régulièrement pointée du doigt pour son rôle dans l’exportation du pétrole russe vers des pays tiers, contournant ainsi les restrictions. Selon les dernières estimations, plus de 150 navires seraient impliqués dans ce réseau, principalement dans les eaux européennes et asiatiques.
La préfecture maritime de l’Atlantique rappelle que les arraisonnements s’effectuent dans le strict respect du droit international. « Notre priorité reste la sécurité maritime et le respect des embargos », a souligné Guillaume Le Rasle. Les marins, quant à eux, sont protégés par les conventions de l’Organisation maritime internationale, qui garantissent leurs droits fondamentaux, y compris en cas de suspicion d’activités illégales.
Reste à voir si ces clarifications suffiront à lever les interrogations sur les conditions réelles de détention à bord des navires arraisonnés. Les autorités maritimes, elles, maintiennent leur ligne : transparence et respect des droits, quelles que soient les suspicions pesant sur les navires.
La « flotte fantôme » désigne un réseau de navires, souvent vétustes et difficilement traçables, utilisés pour exporter du pétrole russe malgré les sanctions internationales. Ces bâtiments changent fréquemment de pavillon et désactivent leurs systèmes de localisation pour échapper aux contrôles.