D’après Euronews FR, le Premier ministre indien Narendra Modi a entamé une tournée européenne ce week-end, marquant une nouvelle étape dans les relations entre l’Inde et l’Union européenne. Après s’être rendu aux Pays-Bas samedi, Modi était en Suède dimanche 18 mai pour une série de rencontres avec des dirigeants européens et des chefs d’entreprise, avant de poursuivre sa tournée en Norvège et en Italie d’ici le 20 mai.

Ce qu’il faut retenir

  • À Göteborg, Modi a rencontré la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le Premier ministre suédois Ulf Kristersson lors d’un forum économique.
  • Von der Leyen a réaffirmé l’engagement en faveur de l’accord commercial UE-Inde, qualifié de « mère de tous les accords », devant être finalisé d’ici la fin de l’année.
  • L’accord prévoit la suppression ou la réduction des droits de douane sur 96,6 % des exportations de biens de l’UE vers l’Inde et la libéralisation de 99,5 % des lignes tarifaires de l’UE sur les marchandises indiennes en sept ans.
  • Modi a également signé un partenariat stratégique avec les Pays-Bas pour renforcer la coopération en matière de commerce, technologie et énergie.
  • La tournée s’achèvera en Italie, où Modi rencontrera la Première ministre Giorgia Meloni pour discuter d’un plan d’action conjoint signé en 2024.

Un accord commercial historique entre l’UE et l’Inde

Lors de la European Business Round Table for Industry à Göteborg, Ursula von der Leyen a réitéré l’importance de l’accord commercial UE-Inde, qualifié de « mère de tous les accords » par les deux parties. Signé à New Delhi en janvier 2026, ce pacte, qui doit être finalisé d’ici la fin de l’année, représente le plus grand accord commercial bilatéral jamais conclu par l’UE ou l’Inde. Il couvre près de deux milliards de personnes et environ 25 % de la production économique mondiale, dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques et la reconfiguration des échanges internationaux.

Les termes de l’accord prévoient que l’Inde supprimera ou réduira ses droits de douane sur 96,6 % des exportations de biens de l’UE, tandis que l’Union européenne libéralisera 99,5 % de ses lignes tarifaires sur les marchandises importées d’Inde, selon un calendrier étalé sur sept ans. Ces mesures visent à faciliter les échanges et à renforcer les investissements entre les deux blocs économiques.

Von der Leyen insiste sur la nécessité d’un accord complémentaire sur les investissements

« Le commerce n’est que la moitié de l’équation », a souligné Ursula von der Leyen lors de l’événement. « L’étape suivante doit être la conclusion d’un accord sur l’investissement, car c’est la pièce manquante du puzzle de notre coopération économique renforcée. » La présidente de la Commission européenne a ajouté que cette « nouvelle ère dynamique dans les relations UE-Inde ouvre des perspectives historiques », tout en insistant sur la détermination des deux parties à en tirer profit.

Modi, de son côté, a salué les avancées réalisées lors de cette tournée européenne. Dans un message publié sur X avant l’événement, il a déclaré que ces rencontres « renforceront les liens d’investissement entre l’Inde et l’Europe ». Lors de ses entretiens avec Ulf Kristersson, les deux dirigeants ont évoqué le renforcement des relations bilatérales dans des domaines aussi variés que le commerce, les investissements, l’innovation, la défense et d’autres secteurs stratégiques.

Une tournée européenne ponctuée de partenariats stratégiques

Samedi, avant son arrivée en Suède, Modi avait signé un partenariat stratégique avec les Pays-Bas. Ce nouvel accord vise à approfondir la coopération entre les deux pays dans des domaines clés tels que le commerce, la technologie et l’énergie. Le Premier ministre néerlandais Rob Jetten a confirmé l’engagement des deux nations à travailler ensemble pour relever les défis économiques et technologiques actuels.

Modi doit ensuite se rendre à Oslo pour le troisième sommet Inde-Pays nordiques, prévu les 19 et 20 mai. Lors de cet événement, il rencontrera les dirigeants de la Norvège, de la Suède, du Danemark, de la Finlande et de l’Islande. Les discussions porteront sur la coopération en matière de technologie, d’énergies renouvelables, de défense, d’espace et, plus spécifiquement, sur les enjeux liés à la région arctique, un sujet d’importance croissante pour les pays nordiques.

Le ministère indien des Affaires étrangères a précisé que ces échanges s’inscrivent dans une volonté de renforcer les liens économiques et politiques entre l’Inde et les pays de la région, tout en explorant des opportunités communes dans des secteurs innovants.

L’Italie, dernière étape d’une tournée placée sous le signe de la coopération

La tournée de Modi s’achèvera en Italie le 20 mai, où il sera reçu par la Première ministre Giorgia Meloni. Les deux dirigeants avaient déjà convenu, en 2024, d’un « plan d’action stratégique conjoint » visant à renforcer la coopération bilatérale. Ce plan couvre plusieurs domaines prioritaires, notamment la sécurité et la défense, ainsi que la promotion de « voies de migration sûres et légales ».

Cette visite en Italie s’inscrit dans la continuité des efforts déployés par les deux pays pour consolider leurs relations économiques et politiques, dans un contexte où l’Europe cherche à diversifier ses partenariats face aux incertitudes géopolitiques.

Et maintenant ?

Si l’accord commercial UE-Inde est sur le point d’être finalisé, plusieurs étapes restent à franchir. D’ici la fin de l’année, les deux parties devront concrétiser les modalités d’application des réductions tarifaires et négocier l’accord complémentaire sur les investissements, évoqué par Ursula von der Leyen. Par ailleurs, les résultats du sommet Inde-Pays nordiques et la rencontre entre Modi et Meloni pourraient ouvrir la voie à de nouveaux projets communs, notamment dans les secteurs technologiques et énergétiques. Les prochains mois seront donc décisifs pour évaluer l’impact réel de cette tournée sur les relations économiques entre l’Inde et l’Europe.

Les observateurs s’interrogent désormais sur les retombées concrètes de ces accords pour les entreprises européennes et indiennes. Si les promesses commerciales et d’investissement se concrétisent, l’Inde pourrait devenir un partenaire économique encore plus central pour l’UE, dans un contexte où les chaînes d’approvisionnement et les marchés cherchent à se diversifier.

L’accord couvre une large gamme de secteurs, avec une attention particulière pour les biens manufacturés, les produits agricoles, les technologies vertes et les services. Les réductions tarifaires s’appliquent notamment aux automobiles, aux produits pharmaceutiques, aux machines industrielles et aux équipements électroniques, deux domaines où l’Inde et l’UE disposent d’avantages comparatifs.

D’après les annonces faites par Ursula von der Leyen, l’accord devrait être finalisé d’ici la fin de l’année 2026. Une fois ratifié par les parlements nationaux et le Parlement européen, il pourrait entrer en application progressive à partir de 2027, selon un calendrier détaillé lors des négociations.