Les habitants de l’île de Molène, dans le Finistère, ont finalement pu élire leur conseil municipal ce dimanche 16 mai 2026, mettant fin à deux mois de vacance du pouvoir local. Selon Le Figaro, une liste unique, assurée de l’emporter, a été présentée aux électeurs, permettant à la petite commune de 176 âmes d’éviter une absorption administrative par le continent.
Ce qu'il faut retenir
- Une vacance de deux mois : Molène n’avait plus de maire depuis les élections de mars 2026, faute de candidats, comme dans 67 autres communes françaises.
- Une liste unique victorieuse : La seule liste en lice, menée par Bruno Corolleur, ancien maire de Brest, a permis d’éviter un rattachement à une commune continentale.
- Un risque évité : Sans cette élection, Molène aurait pu perdre son statut fiscal avantageux, hérité de Louis XIV, et être rattachée à Ouessant ou une autre commune.
- François Cuillandre, figure surprise : L’ancien maire PS de Brest, battu en mars 2026, figure sur la liste et y trouve une nouvelle tribune politique.
- Un scrutin modifié qui a découragé les candidats : Le passage au scrutin de liste, sans panachage, dans les communes de moins de 1 000 habitants, a freiné les vocations.
Une élection rendue nécessaire par l’absence de candidats
Les élections municipales de mars 2026 dans les communes de moins de 1 000 habitants ont révélé un phénomène inédit à Molène : aucun candidat ne s’était présenté. Résultat, la petite île bretonne s’est retrouvée sans maire ni conseil municipal pendant deux mois. Selon Le Figaro, cette situation a contraint le préfet du Finistère à nommer une délégation spéciale de trois membres pour gérer les affaires courantes, une mesure exceptionnelle qui aurait pu déboucher sur un rattachement administratif.
Ce scénario a failli se concrétiser, alors que Molène est la seule commune française — avec Sein — à bénéficier d’une exonération de cadastre et d’impôts locaux, un privilège remontant à l’époque de Louis XIV. « Le fait de devoir monter une liste, ça a freiné des candidatures. Ce n’est pas dans les habitudes électorales de Molène », a expliqué Agathe Seïté, une résidente secondaire qui a tenté de mobiliser des volontaires.
Une liste unique pour sauver l’autonomie de l’île
Face à l’urgence, une liste de onze candidats a finalement été validée par la préfecture, évitant ainsi le pire. Parmi ses membres figure Bruno Corolleur, ancien maire de Brest battu en mars 2026. Ce dernier, déjà annoncé comme futur édile par les insulaires, a d’ailleurs déclaré avec humour : « Tout le monde m’appelle déjà ’monsieur le maire’, pour plaisanter. Mais je leur dis : attendez un peu, je ne le suis pas encore. » Selon Le Figaro, il devrait être élu maire lors du premier conseil municipal, prévu le 22 mai 2026.
Une élection opportune pour lui, qui devra célébrer son premier mariage le lendemain, 23 mai, sur l’île. « En plus, c’est un ami de mon fils qui se marie », a-t-il précisé. Pour les Molénais, cette élection partielle marque donc le retour à une vie municipale normale, après des semaines d’incertitude administrative.
François Cuillandre, l’ancien maire de Brest, s’engage à Molène
Parmi les colistiers de Bruno Corolleur figure une personnalité politique bien connue : François Cuillandre, 71 ans, ancien maire PS de Brest pendant 25 ans et conseiller municipal pendant 37 ans. Battu en mars 2026 par la droite, il avait alors échoué à obtenir un cinquième mandat. Pourtant, c’est sur l’île de Molène, d’où est originaire sa famille, qu’il choisit de poursuivre son engagement politique.
« Mon arrière-grand-père a été maire de Molène pendant deux ans. J’y passe toutes mes vacances. Je ne vais jamais nulle part ailleurs qu’ici et j’ai plein d’amis qui viennent », a-t-il confié à l’AFP, citant notamment l’ancien président François Hollande parmi ses visiteurs. « Si je peux rendre service, je le fais », a-t-il ajouté. Son intégration à la liste a été perçue comme un symbole fort pour les habitants, attachés à leur autonomie et à leur histoire.
Un changement de mode de scrutin qui a joué un rôle clé
Le passage du panachage au scrutin de liste pour les communes de moins de 1 000 habitants, effectif depuis les dernières élections, a été pointé du doigt comme l’une des raisons de la désertion des candidats. « Le fait de devoir monter une liste, ça a freiné des vocations. Ce n’est pas dans les habitudes électorales de Molène », a rappelé Agathe Seïté. Ce mode de scrutin, moins flexible que le panachage, a semble-t-il découragé des vocations locales, habituées à une gestion plus informelle du pouvoir.
Pour les observateurs, cette élection partielle à Molène illustre les défis posés par les réformes électorales dans les petites communes, où les dynamiques politiques sont souvent très différentes de celles des grandes villes. Bref, une leçon de démocratie locale, où l’équilibre entre tradition et modernité reste fragile.
Pour François Cuillandre, cette expérience pourrait aussi marquer le début d’une nouvelle étape politique, même si l’île de Molène reste un territoire bien différent de Brest. Quant aux Molénais, ils retrouvent enfin une stabilité locale, après des semaines de tensions et d’incertitudes.
Molène risquait d’être rattachée à une commune continentale après deux mois sans conseil municipal élu, faute de candidats en mars 2026. Ce rattachement aurait pu entraîner la perte de son statut fiscal avantageux, hérité de Louis XIV, et de son exemption de cadastre et d’impôts locaux.
Le passage du panachage au scrutin de liste pour les communes de moins de 1 000 habitants a dissuadé des candidats locaux, habitués à une gestion plus informelle. Ce mode de scrutin, moins flexible, a rendu la candidature plus complexe et a freiné les vocations, selon les habitants interrogés par Le Figaro.