Dans un entretien accordé à BFM - Politique, Jean-Philippe Tanguy, député européen du Rassemblement National, a dénoncé vendredi 15 mai 2026 le manque d’engagement des autres formations politiques dans la lutte contre le narcotrafic. Une prise de position qui intervient après une fusillade survenue à Nantes, ayant coûté la vie à un mineur et blessé deux adolescents.
Ce qu'il faut retenir
- Un mineur tué et deux adolescents blessés lors d’une fusillade à Nantes, un drame lié au narcotrafic selon les autorités locales
- Jean-Philippe Tanguy (RN) estime que « la majorité des autres partis politiques ne sont pas déterminés à lutter contre le narcotrafic »
- Le député européen accuse le gouvernement d’être « dépassé » par la situation
- Il dénonce également l’âge des victimes, qualifiant ces faits d’« inacceptables »
- Ces déclarations s’inscrivent dans un contexte de tensions persistantes autour de la question des stupéfiants en France
Une fusillade meurtrière à Nantes, symptôme d’une crise plus large
Une fusillade survenue en plein jour à Nantes a coûté la vie à un mineur de 17 ans et blessé deux adolescents âgés de 16 et 18 ans, selon les informations communiquées par la préfecture de Loire-Atlantique. Les circonstances de l’incident restent floues, mais les autorités ont rapidement évoqué un lien avec le trafic de stupéfiants. Les victimes, toutes issues du même quartier, ne seraient pas impliquées directement dans ce milieu, ce qui a suscité une vive émotion dans la ville.
Les forces de l’ordre ont lancé une enquête pour identifier les auteurs et les motivations précises de cette attaque. « Ce type d’événement rappelle l’urgence d’agir face à l’extension du narcotrafic », a souligné un responsable policier sous couvert d’anonymat. À Nantes, comme dans d’autres grandes villes françaises, les réseaux criminels gagnent en puissance, malgré les dispositifs policiers renforcés.
Jean-Philippe Tanguy (RN) : le gouvernement et les partis politiques en ligne de mire
Interrogé par BFM - Politique, Jean-Philippe Tanguy a livré une analyse sévère de la situation. Le député européen du RN a d’abord pointé du doigt l’âge des victimes, qualifiant leur mort d’« inacceptable ». « Quand on voit l’âge des victimes, ça fend le cœur, c’est inacceptable », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que ces tragédies illustraient l’échec des politiques publiques actuelles.
Mais c’est surtout sur le manque de détermination des autres partis politiques que Tanguy a concentré ses critiques. Selon lui, « la majorité des autres partis politiques ne sont pas déterminés à lutter contre le narcotrafic ». Il a estimé que les mesures existantes, comme les saisies de drogue ou les interpellations, ne suffisaient pas à endiguer le phénomène. « Il faut une stratégie globale, avec des moyens humains et financiers à la hauteur des enjeux », a-t-il plaidé.
Un gouvernement « dépassé » par la situation ?
Le député européen a également réservé ses flèches au gouvernement, qu’il accuse d’être « dépassé » par la montée du narcotrafic. « Le gouvernement est dépassé », a-t-il affirmé après la fusillade de Nantes, en pointant du doigt l’inefficacité des politiques menées jusqu’à présent. Pour Tanguy, la lutte contre les trafics de stupéfiants nécessite une approche plus ferme, incluant des peines plus lourdes pour les trafiquants et une meilleure coordination entre les services de police et de justice.
Ces déclarations s’inscrivent dans un contexte politique tendu, à quelques mois des élections législatives prévues en 2027. Le RN, qui fait de la lutte contre l’insécurité l’un de ses chevaux de bataille, compte bien capitaliser sur ce thème pour mobiliser son électorat. Tanguy, connu pour ses positions fermes sur les questions de sécurité, a d’ailleurs enchaîné les prises de parole sur le sujet ces dernières semaines.
Un débat qui dépasse les clivages politiques traditionnels
La question du narcotrafic divise profondément le paysage politique français. Si la droite et l’extrême droite réclament un durcissement des mesures répressives, une partie de la gauche et des écologistes plaident pour une approche plus sociale, incluant la dépénalisation de l’usage de certaines drogues. « On ne peut pas continuer à traiter ce problème uniquement par la répression », a rappelé un membre du Parti socialiste, qui a refusé de commenter directement les propos de Tanguy.
Cependant, l’émotion suscitée par des drames comme celui de Nantes pourrait relancer le débat sur l’efficacité des politiques publiques. Les associations de victimes et les forces de l’ordre appellent de leur côté à une mobilisation accrue, sans pour autant trancher sur les solutions à privilégier.
Le drame de Nantes rappelle par ailleurs l’urgence d’agir, alors que les chiffres de la délinquance liée aux stupéfiants continuent d’augmenter dans plusieurs métropoles. Les associations locales, comme le Collectif Anti-Narcotrafic, appellent à une mobilisation citoyenne pour soutenir les familles des victimes et faire pression sur les pouvoirs publics.
Pour l’heure, les enquêtes se poursuivent à Nantes, tandis que les responsables politiques peaufinent leurs propositions. Une chose est sûre : la question du narcotrafic ne sera pas absente des prochains débats électoraux.
Les dispositifs en place incluent des opérations de police renforcées (comme les « coups de poing » dans les quartiers sensibles), des saisies de drogue régulières, et des peines de prison pour les trafiquants condamnés. Depuis 2024, le gouvernement a également instauré des « zones de sécurité prioritaires » dans certaines villes, avec des moyens accrus pour les forces de l’ordre. Cependant, ces mesures sont jugées insuffisantes par une partie de l’opposition.
Jean-Philippe Tanguy et le RN défendent une approche plus répressive, avec notamment l’idée de rétablir la peine de mort pour les trafiquants en cas de meurtre lié aux stupéfiants, une mesure controversée et difficilement applicable dans le cadre juridique actuel. Le parti prône aussi un durcissement des sanctions pour les consommateurs récidivistes et une meilleure coordination entre les services de police et de douane.