Alors que plusieurs maternités de Nouvelle-Aquitaine peinent à répondre à la demande croissante de soins, l’Agence régionale de santé (ARS) planche sur un dispositif exceptionnel. Il s’agit d’envisager, en ultime recours, la réquisition de médecins issus d’autres établissements pour pallier les manques en personnel. Une mesure envisagée en réponse à une situation structurelle qui touche des structures de taille importante dans la région, comme le rapporte Le Monde.
Ce qu'il faut retenir
- Une réflexion en cours à l’ARS Nouvelle-Aquitaine pour réquisitionner des médecins en cas de tension extrême dans les maternités.
- Le protocole concernerait en priorité les établissements de grande taille, confrontés à des difficultés récurrentes de ressources humaines.
- Cette initiative s’inscrit dans un contexte de saturation des services de gynécologie-obstétrique en France.
- La mesure serait activée uniquement en dernier recours, après épuisement des autres solutions.
Un contexte de tensions persistantes dans les maternités
Depuis plusieurs années, les services de maternité en France font face à des difficultés structurelles liées à la démographie médicale et à la charge de travail. En Nouvelle-Aquitaine, certaines maternités de taille importante – notamment celles des grandes villes comme Bordeaux, Poitiers ou Limoges – subissent une pression accrue. Selon Le Monde, l’ARS a donc décidé de travailler sur un protocole permettant, si nécessaire, de solliciter des médecins d’autres établissements pour assurer la continuité des soins.
Cette réflexion intervient alors que plusieurs rapports ont déjà alerté sur la saturation des services d’obstétrique. En 2025, la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) avait souligné que près de 30 % des maternités en France faisaient état de difficultés à recruter des gynécologues-obstétriciens. Autant dire que la situation en Nouvelle-Aquitaine reflète un problème national.
Comment fonctionnerait cette réquisition ?
Le dispositif envisagé par l’ARS Nouvelle-Aquitaine ne serait activé qu’en dernier recours, une fois toutes les autres solutions épuisées. Concrètement, il s’agirait de mobiliser des médecins disponibles dans d’autres services ou établissements – qu’ils soient en activité libérale, hospitalière ou en disponibilité. Le protocole précis n’a pas encore été finalisé, mais plusieurs pistes sont à l’étude, comme l’a indiqué une source proche du dossier à Le Monde :
- Une obligation temporaire de prise en charge pour les médecins concernés, sous réserve de compensations financières ou administratives.
- Une coordination renforcée entre les établissements pour éviter les chevauchements et garantir une répartition équitable des effectifs.
- Un volet de formation et de sensibilisation pour les professionnels sollicités, afin de faciliter leur intégration rapide dans les services en tension.
Quelles garanties pour les professionnels et les patients ?
Si la mesure peut sembler radicale, elle s’accompagnerait de garanties pour limiter les risques de désorganisation ou de surcharge pour les médecins réquisitionnés. D’après les informations de Le Monde, l’ARS a déjà commencé à échanger avec les représentants des professionnels de santé pour recueillir leur avis. « Nous cherchons avant tout à sécuriser l’accès aux soins pour les patientes », a déclaré un responsable de l’agence, cité par le quotidien. « La réquisition serait encadrée strictement, avec des durées limitées et des compensations adaptées. »
Côté patients, l’objectif est clair : éviter les fermetures de lits ou les reports de soins, qui se multiplient dans certaines maternités. En 2025, une enquête de la Fédération hospitalière de France avait révélé que près de 15 % des accouchements dans certaines régions étaient concernés par des reports ou des transferts en urgence vers d’autres établissements.
Pour l’heure, l’ARS Nouvelle-Aquitaine insiste sur le caractère exceptionnel de ce dispositif. « Il ne s’agit pas d’une solution miracle, mais d’un outil de dernier recours pour éviter des situations critiques », a rappelé un porte-parole. Une chose est sûre : la question des ressources humaines en obstétrique continuera de hanter le débat public dans les mois à venir.
La réquisition est envisagée comme une solution de dernier recours, après l’épuisement des autres leviers comme les recrutements supplémentaires ou les renforts temporaires. Dans un contexte de pénurie de spécialistes, cette mesure permettrait d’assurer une couverture minimale des besoins, sans attendre des mois pour des embauches qui se font rares.