Une décision attendue depuis des mois pourrait enfin aboutir. Selon Libération, le gouvernement français s’apprête à activer dans les prochains jours le transfert des orques détenues par le parc Marineland d’Antibes vers des structures espagnoles. Une annonce confirmée ce jeudi 14 mai 2026 par le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, lors d’un entretien accordé à Nice-Matin.
Cette initiative intervient alors que les autorités françaises qualifient désormais la situation de « d’urgence ». Une urgence qui ne concerne pas seulement le bien-être des animaux, mais aussi la conformité de la France avec les réglementations européennes en matière de protection des cétacés en captivité. Le Marineland d’Antibes, l’un des principaux parcs animaliers français, abrite actuellement plusieurs orques, dont certaines, selon les associations, souffriraient de conditions de vie inadaptées.
Ce qu'il faut retenir
- Un transfert imminent : Le gouvernement français prévoit d’envoyer rapidement les orques détenues à Marineland d’Antibes vers l’Espagne, selon les déclarations du ministre Mathieu Lefèvre ce 14 mai 2026.
- Une situation d’urgence : Le ministre a qualifié la situation de « d’urgence », évoquant une nécessité d’agir sans délai.
- Un désaccord avec les ONG : Les associations de défense des animaux s’opposent à cette décision, estimant que le transfert ne résout pas les problèmes structurels.
- Un déplacement officiel : Mathieu Lefèvre doit se rendre à Antibes vendredi matin pour discuter des modalités pratiques du transfert.
- Des orques en question : Le Marineland d’Antibes détient plusieurs orques, dont certaines sont au cœur de polémiques depuis des années.
Dans son intervention, Mathieu Lefèvre n’a pas mâché ses mots. « Si on ne fait rien, on les condamne », a-t-il déclaré, soulignant l’urgence d’une solution pour ces animaux. Selon lui, l’Espagne dispose de structures mieux adaptées pour accueillir ces cétacés, notamment en raison de la réglementation plus stricte du pays en matière de détention d’orques. Le ministre a également rappelé que la France s’est engagée à respecter les directives européennes, qui encouragent la réduction des animaux sauvages en captivité.
Pourtant, cette position ne fait pas l’unanimité. Plusieurs ONG de défense des animaux, dont Sea Shepherd et C’est Assez !, dénoncent une décision précipitée. Pour elles, le transfert ne résout en rien les problèmes liés à la captivité des orques, qu’elles jugent structurels. « Envoyer ces animaux dans un autre pays, c’est comme déplacer le problème », a réagi une porte-parole de l’association C’est Assez !, interrogée par Libération.
Le Marineland d’Antibes, de son côté, reste discret sur la question. Contacté par Libération, le parc n’a pas souhaité réagir immédiatement à l’annonce gouvernementale. Pourtant, ce transfert pourrait impacter significativement son activité. Le Marineland, qui mise en partie sur ses orques pour attirer le public, pourrait voir sa réputation encore fragilisée par cette décision.
Le ministre Lefèvre, lui, a confirmé qu’il se rendrait vendredi 15 mai à Antibes pour échanger avec les responsables du parc et finaliser les modalités du transfert. « On travaille en étroite collaboration avec les autorités espagnoles », a-t-il précisé, évoquant des discussions en cours pour organiser le déplacement des animaux dans les meilleurs délais.
Cette affaire relance également le débat plus large sur la détention des cétacés en captivité en France. Plusieurs élus, notamment écologistes, appellent depuis des années à une interdiction totale des spectacles avec orques et dauphins. Une proposition de loi, actuellement en discussion à l’Assemblée nationale, pourrait être adoptée d’ici la fin de l’année 2026. En attendant, les yeux sont rivés sur Antibes et Madrid.